Soulignant l’importance stratégique de ce sujet pour la mobilité des citoyens, le ministre a fourni des données chiffrées précises qui illustrent le poids économique et social du secteur. Le parc national compte aujourd’hui environ 77.200 taxis, se décomposant en 44.650 taxis de première catégorie, dits grands taxis, qui assurent la liaison entre les zones urbaines, périurbaines et rurales, ainsi que 32.550 taxis de deuxième catégorie, ou petits taxis, opérant exclusivement à l’intérieur des villes.
Cette activité emploie près de 180.000 chauffeurs, ce qui, selon le ministre, témoigne de son rôle crucial dans le tissu social marocain.
Le responsable gouvernemental a détaillé les avancées majeures réalisées grâce à une stratégie intégrée. L’un des piliers de cette action a été la modernisation de la flotte, un programme qui a porté ses fruits puisque le ministre a déclaré qu’il a « permis de renouveler 80 % du parc et de réduire l’âge moyen des véhicules utilisés de 25 ans à 8 ans« .
Parallèlement, le ministère a imposé une professionnalisation stricte de l’activité en limitant l’exploitation des licences aux seuls professionnels, refusant désormais toute délégation d’exploitation à des exploitants non-professionnels.
Cette rigueur s’accompagne d’un contrôle accru de la qualité de service et des tarifs, le ministre révélant qu’en 2025, environ 5.000 infractions ont été enregistrées, entraînant « le retrait temporaire ou définitif de plus de 1.500 permis de confiance« .
Malgré ces efforts, Abdelouafi Laftit n’a pas caché les difficultés structurelles qui persistent. Il a notamment pointé du doigt « l’insatisfaction d’une large frange d’usagers concernant la qualité des services fournis et l’absence d’équilibre entre l’offre et la demande dans plusieurs régions ».
À cela s’ajoutent la fragilité du modèle actuel des licences et une concurrence de plus en plus vive des transporteurs non autorisés utilisant des plateformes numériques. Le ministre a également déploré « l’existence d’une résistance au changement chez certains acteurs bénéficiant de la situation actuelle, ce qui entrave un certain nombre d’initiatives de réforme ».
Pour dépasser ces blocages, le ministère a lancé une étude stratégique de grande envergure. Après avoir achevé le diagnostic et l’analyse des modèles internationaux, les experts travaillent sur des scénarios de réforme. Le ministre a insisté sur la nécessité d’une approche globale, affirmant que « la problématique des taxis diffère d’une région à l’autre ; Casablanca n’est pas Zagora, Tata ou Oujda », mais que l’objectif reste de produire une loi nationale unifiée.
Les résultats de cette étude seront partagés avec tous les partenaires avant la mise en œuvre de mesures visant à moderniser et mettre à niveau le secteur de manière définitive.
Enfin, l’ambition du gouvernement s’étend au transport urbain par autobus, avec un calendrier précis. Le ministre a rappelé le succès des nouveaux bus déjà déployés dans certaines grandes villes et a annoncé que l’objectif est que « toutes les villes marocaines disposent d’un transport urbain de classe mondiale dans les années à venir, entre 2027 et 2029 ».
Cette montée en puissance des bus et des applications numériques impose aux taxis une mutation profonde. Le ministre a conclu avec fermeté en expliquant que « si le taxi ne trouve pas sa place entre ces deux pôles, il n’aura plus de place pour travailler », soulignant que l’enjeu ultime est de « réconcilier le citoyen avec le transport urbain » tout en protégeant les intérêts des professionnels.