Lors d’une conférence de presse tenue le 19 décembre 2025 à Moscou, le président russe Vladimir Poutine a vivement réagi aux tentatives de saisie des avoirs russes gelés au sein de l’Union européenne.

À l’occasion de ce rendez-vous médiatique consacré au bilan des douze derniers mois, le chef du Kremlin a profité de la tribune pour adresser un message ferme aux dirigeants européens, exprimant son mécontentement face aux récentes décisions européennes concernant les fonds russes gelés.

 »L’Union européenne aura du mal à voler les avoirs russes, car les conséquences pourraient être graves. Une telle décision alourdirait notamment la dette des pays de l’Union européenne », a averti le président russe.

Vladimir Poutine a par ailleurs insisté sur le fait que les avoirs russes détenus à l’étranger devront être restitués, affirmant que Moscou défendra ses fonds devant des juridictions indépendantes de toute considération politique en cas de saisie.

Le président russe a également mis en avant la performance économique de la Russie, affirmant que le pays a enregistré une croissance significative, supérieure à celle de l’Union européenne.  »L’économie russe a progressé de 9,7% au cours des trois dernières années, un taux nettement supérieur à celui de l’Europe », a-t-il déclaré.

Concernant la question ukrainienne, le maître du Kremlin a affirmé que  »la Russie accepte les négociations et l’achèvement du conflit en Ukraine », ajoutant que  »la balle est désormais dans le camp de Kiev et de ses sponsors européens ».

Vladimir Poutine a, dans ce contexte, remercié le président américain pour ses efforts sérieux et sincères visant à mettre fin au conflit. Il a souligné que  »la Russie a pratiquement accepté les propositions de Donald Trump lors de la réunion en Alaska ; il est donc impossible d’affirmer que Moscou rejette quoi que ce soit ».

Répondant à une question d’un journaliste américain de NBC, le président russe a affirmé :  »Nous n’avons pas déclenché cette guerre ; elle a commencé après le coup d’État armé anticonstitutionnel en Ukraine ».

Il a une nouvelle fois rappelé que, selon Moscou, la responsabilité du déclenchement du conflit incombe à l’Occident, ajoutant que  »la Russie a été contrainte d’engager ses troupes afin de mettre fin à un conflit né dans ces circonstances ».

Vladimir Poutine a par ailleurs insisté sur le non-respect des promesses de sécurité faites à la Russie, déclarant :  »Les promesses concernant la non-expansion de l’Otan ont été ignorées. Nous avons été trompés une fois de plus. Plusieurs vagues d’élargissement de l’Otan ont eu lieu ».

Il a également affirmé que  »ce n’est pas la Russie qui est en guerre contre l’Occident, mais l’Occident contre la Russie », accusant ce dernier de  »forger une image de la Russie comme un ennemi afin de dissimuler ses propres erreurs ».

Le président russe a en outre exprimé sa surprise face aux déclarations du secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, évoquant une guerre contre la Russie.  »Qu’est-ce qu’il raconte ? » , s’est-il interrogé, tout en qualifiant ce dernier de  »personne intelligente ».

Vladimir Poutine a réaffirmé que Moscou était prête à travailler avec l’Europe, le Royaume-Uni et les États-Unis, à condition que cette coopération se fasse  »sur un pied d’égalité ».  »La coopération entre l’Europe et la Russie serait bénéfique pour tous », a-t-il assuré.

Dans cette perspective, le maître du Kremlin a affirmé qu’ »il n’y aura pas de nouvelles opérations militaires spéciales si l’Occident traite la Russie avec respect », qualifiant d’ »absurdes » les affirmations selon lesquelles la Russie envisagerait d’attaquer l’Europe.

Tout en soulignant que la Russie entretient de bonnes relations avec les États-Unis, principal membre de l’Otan, il a déclaré que  » les États-Unis ne considèrent pas la Russie comme un adversaire ou un ennemi ».

Ces déclarations du président russe s’inscrivent dans une stratégie visant à rééquilibrer le jeu diplomatique entre, d’une part, l’ouverture aux négociations et aux solutions pacifiques, et, d’autre part, le recours à la coercition et à la force militaire, afin de créer un rapport de force favorable à Moscou dans le cadre des négociations toujours en cours sur la question ukrainienne.