Les crues torrentielles qui ont frappé la province de Safi dans la nuit du 14 décembre, faisant 37 morts et d’importants dégâts matériels, ont soulevé une question : pourquoi Safi n’était-elle pas incluse dans les bulletins d’alerte météorologique des 11, 12, 13 et 14 décembre, alors que les précipitations enregistrées sur 24 heures ont été exceptionnelles ? Médias24 a consacré un article à cette question centrale, car elle place les autorités dans l’anticipation au lieu de la réaction. 

Safi placée en vigilance jaune

Ce lundi 22 décembre, Nizar Baraka, ministre de l’Équipement et de l’Eau, a été interpellé sur ce sujet.  Intervenant lors de la séance des questions orales à la Chambre des représentants, le ministre réaffirme que la ville de Safi ne figurait pas parmi les zones concernées par les alertes météorologiques anticipées à large diffusion. 

Le ministre a indiqué que la Direction générale de la météorologie (DGM) avait bien anticipé des précipitations au niveau de la ville de Safi, mais à un niveau qui la plaçait en vigilance jaune, et non orange. Les anticipations de cumuls de pluie étaient de 35 mm, un seuil qui ne présente pas de danger majeur.

Selon lui, l’incident survenu à Safi s’explique par la conjonction de trois facteurs :

  1. le volume exceptionnel des précipitations effectivement enregistrées,
  2. la courte durée de l’épisode pluvieux,
  3. et la configuration géographique particulière de la ville.
Il a précisé que le barrage de Safi, situé à 9 km de la ville et supposé la protéger contre les inondations, n’a pu retenir que 200.000 m³ d’eau, alors que sa capacité maximale est de 3,5 millions de m³. Ainsi, le barrage n’a pas joué son rôle, car les précipitations se sont concentrées dans le centre de la ville.
Par ailleurs, il a indiqué avoir effectué une visite avec le directeur général de l’ingénierie hydraulique pour lancer une étude visant à éviter la répétition d’un tel drame et à mettre en place un programme de protection de Safi contre les inondations.
M. Baraka a également indiqué que le ministère et la Direction générale de la météorologie disposent d’une capacité de prévision à l’échelle de 1,5 km, ce qui permet de couvrir jusqu’aux petits villages.

Renforcement des dispositifs de vigilance et de prévention

Nizar Baraka a déclaré que le Maroc est exemplaire à l’échelle africaine en matière de prévention météorologique et qu’il travaille, via des partenariats internationaux, au renforcement du dispositif d’alerte précoce en équipant plusieurs zones menacées par les risques d’inondation, tout en soulignant l’importance de la modélisation pour suivre le développement climatique.
Il a affirmé que le ministère travaille sur le développement du « programme Atlas », qui sera modernisé pour tenir compte des changements climatiques et permettra aux populations d’identifier les zones touchées par les inondations. Le programme sera lancé en 2026. Par ailleurs, le ministre a également souligné que le ministère a mis en place des bulletins d’alerte précoce et un site web de vigilance : https://vigilance.marocmeteo.ma/.

Le ministre a également évoqué la mise en place de dispositifs d’alerte précoce, notamment à Ourika, qui ont permis d’éviter des inondations et d’assurer une intervention rapide. Il a rappelé que 33 projets de protection contre les inondations ont été réalisés entre 2021 et 2025 dans plusieurs provinces, tandis que 15 nouveaux projets ont été lancés.

En outre, il a ajouté qu’un grand nombre de présidents de communes reçoivent quotidiennement les bulletins météorologiques de leur localité par SMS. En outre, le ministère déploie des alertes sur les réseaux sociaux afin d’assurer une diffusion large et rapide.

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