Le photographe documentaire Mehdy Mariouch sillonne les routes tout au long de l’année pour son travail. En chemin, il épingle des mémos sur Google Maps pour pouvoir revenir plus tard et prendre des photos. Il réalise alors que la plupart de ces coups de cœur se trouvent sur la route nationale N1.

« J’essaie de documenter le Maroc ordinaire », confie-t-il à Médias24 d’emblée.

« Je ne peux le faire sans documenter cette route qui traverse toute la côte atlantique du Royaume. Avec beaucoup de recul, je me suis rendu compte que cette route unissait les Marocains, les différentes cultures qui en découlent, et les différents paysages comme les dunes, les falaises, la plage et les montagnes ».

Son projet a commencé il y a plus de quatre ans et se poursuit jusqu’à présent.

Mehdi Mariouch
Mehdy Mariouch réalise alors que la plupart de ces coups de coeur se trouvent sur la route nationale N1. Ph : Mehdy Mariouch

Spots incontournables

La région Laâyoune-Sakia El Hamra ne cesse d’inspirer le photographe. Pour lui, ce désert est loin des clichés habituels avec une diversité de paysages.

Un désert « sauvage et plat », où il est possible de faire plusieurs arrêts. « Je recommande de faire une pause dans les villages de pêcheurs comme celui d’Akhfennir, à Tarfaya où Saint-Exupéry avait élu domicile, à Oued Chbika, à Laâyoune, à Foum El Oued. Le parc national de Khenifiss est à ne pas rater non plus ».

Khnifiss
« Le parc national de Khenifiss est à ne pas rater non plus ». Ph : Mehdy Mariouch

Mehdy Mariouch souligne l’hospitalité des habitants qui invitent le visiteur à prendre un verre de thé.

Une invitation qui peut durer deux à trois heures tant le rituel est spécial. « Mes vrais coups de cœur ont été les moments passés avec les pêcheurs ». Sur la route, vous pourrez ainsi croiser des personnes venues de Casablanca, Rabat ou Agadir, pour camper et pêcher.

Mehdi Mariouch
« Mes vrais coups de cœur ont été les moments passés avec les pêcheurs ». Ph: Mehdy Mariouch

Un arrêt incontournable du point de vue historique est Tah. « C’est l’endroit où feu Hassan II avait fait sa prière lors de la Marche verte », rappelle-t-il.

Ne pas rater les bonnes lumières

Indéniablement, les meilleurs créneaux pour photographier le désert de Laâyoune sont le lever et le coucher du soleil. Certaines saisons, les couleurs sont magnifiées, le ciel est d’un bleu profond, et le désert d’une couleur ocre troublante.

« Il y a des périodes, en été, où le brouillard se lève. On a l’impression que le soleil est caché par un énorme tissu blanc », décrit Mehdy Mariouch. La lumière du désert est « magnifique pour prendre des portraits et photographier les paysages de toute cette région ».

Mehdi Mariouch
La Casa del Mar ; à Tarfaya, est un endroit à ne pas rater. Ph : Mehdy Mariouch

Détails techniques

Pour photographier les courbes des dunes sans perdre les détails, le photographe recommande d’aller vers une petite ouverture pour avoir le maximum de profondeur de champ qui va mener vers une netteté totale du paysage.

« Il faut absolument éviter le mode automatique, et user du manuel tout en travaillant sur la vitesse, le diaphragme et l’ISO. Il ne faut pas oublier de se doter d’un trépied et de batteries bien chargées, car il y a tellement de paysages que l’on peut passer toute la journée à prendre des photos », ajoute-t-il.

Qui dit désert dit vent de sable. Ainsi, il faut éviter au maximum de changer d’objectif, car au moment où il est ouvert, la poussière peut s’y incruster. L’astuce est de connaître en amont le type d’images que vous souhaitez photographier. « Un 35 mm est parfaitement adapté à ce genre d’excursion photo », précise Mehdy Mariouch.

Le désert est un terrain d’expression privilégié pour les photographes amateurs comme professionnels, vu les couleurs qui s’y déclinent. “Le désert représente le vide, la page blanche, quelque chose qui nous fait peur. Or, ce n’est pas un seul paysage dont nous pouvons prendre le cliché, mais plusieurs”, confie l’artiste.

La complexité de le photographier réside dans le fait de devoir se limiter à un seul cliché. Toutefois, il existe une plage de couleurs très diversifiées, variant des couleurs froides aux couleurs chaudes. Il y a « ces tons de bleu, de jaune, d’ocre et d’orange, parfaits pour inspirer les photographes ».