Malgré l’ouverture du score par Brahim Diaz sur penalty, le Maroc n’est pas parvenu à conserver son avantage face au Mali, ce vendredi 26 décembre sur la pelouse du Complexe Prince Moulay Abdellah de Rabat.

La série de victoires consécutives s’arrête donc à 19 pour les protégés de Walid Regragui, contre la 54e nation au classement FIFA. 

Les deux réalisations de cette rencontre comptant pour la deuxième journée du groupe A de la Coupe d’Afrique des nations 2025 ont été inscrits par Lassine Sinayoko et Brahim Diaz.

L’attaquant malien a répondu au tir au but inscrit par Diaz en transformant le sien en seconde période, consécutivement à une faute grossière de Jawad El Yamiq.

En tenant compte du match nul et vierge entre les Comores et la Zambie, disputé quelques heures plus tôt, le Maroc conserve malgré tout la tête de son groupe et se trouve en très bonne position pour rallier les huitièmes de finale.

Un début de match compliqué pour le Maroc

Dans un stade chauffé à blanc par des supporters qui ne craignent ni la pluie ni le froid, les Lions de l’Atlas ont encore une fois mis du temps à prendre la mesure des Aigles du Mali. 

Et pour cause, malgré une légère domination territoriale en début de match, Azzedine Ounahi et ses coéquipiers n’ont pas mis suffisamment de rythme et de vitesse dans la circulation du ballon pour créer des décalages dans le demi-terrain offensif.

La tentative de Brahim Diaz sur coup franc n’était qu’une petite éclaircie dans une entame pour le moins compliquée (6’), son ballon passant au-dessus de la cage de Djigui Diarra.

En réalité, on avait l’impression que les Marocains avaient besoin d’un temps d’adaptation face à une équipe malienne décidée à leur disputer la possession et à agresser le porteur du ballon. 

Une situation que l’équipe nationale n’avait plus vraiment connue depuis des lustres.

Ce n’est qu’au bout d’une quinzaine de minutes que le Maroc a passé un premier frisson dans la défense du Mali, lorsque Brahim Diaz a parfaitement servi Ismaïl Saibari au second poteau, après un relais inspiré avec Azzedine Ounahi. 

Esseulé, l’attaquant du PSV Eindhoven a été incapable de mettre le ballon ailleurs qu’au-dessus. Une occasion inestimable, du genre à s’en mordre les doigts si le résultat n’est pas celui espéré au coup de sifflet final.

D’autant que l’EN s’est fait peur à plusieurs reprises sur des contres rapides des Aigles, de plus en plus entreprenants au fil des minutes, à l’image de ce tir enlevé de Mamadou Sangaré (24’).

Quelques minutes plus tard, c’est un centre de Noussair Mazraoui qui a semé la pagaille dans la défense malienne, sans toutefois représenter un véritable danger. 

Dans la lignée des nombreuses reprises de tête d’Ayoub El Kaabi et d’Ismaïl Saibari, qui ont terminé leur course derrière les filets maliens.

De l’autre côté, Lassine Sinayoko, par ses mouvements, a particulièrement perturbé la défense marocaine.

Heureusement, Jawad El Yamiq s’est montré alerte, remportant la quasi-totalité de ses duels face au coéquipier d’Oussama El Azzouzi à l’AJ Auxerre. Mais pas tous ses duels (6 sur 7). On y reviendra. 

C’est alors que Brahim Diaz est une nouvelle fois sorti de sa boîte, déstabilisant par ses dribbles déroutants Aliou Diang dans la surface de réparation. Au point que ce dernier a touché le ballon de la main en déséquilibre et involontairement. 

Suffisant aux yeux de l’arbitre pour siffler un penalty dans les arrêts de jeu de la première période.

Une opportunité que Diaz n’a pas manqué de concrétiser. Le deuxième but en autant de matches du Madrilène dans la compétition a fait chavirer le public dans une joie extrême.

Une deuxième mi-temps à l’avantage du Mali

Exaspérés par les décisions arbitrales tout au long de la rencontre, les hommes de Tom Saintfiet ont perdu beaucoup d’énergie dans des contestations inutiles, tandis que les Marocains se montraient aussi froids que la nuit à Rabat.

Le technicien belge a, quelque part, lui aussi facilité la tâche des Lions de l’Atlas en laissant sur le banc un milieu offensif, Kamory Doumbia, au profit d’un récupérateur, Lassana Coulibaly. Un choix qui a eu pour effet de décaler Mamadou Sangaré sur le côté.

Or, le joueur du RC Lens ne possède ni la vitesse, ni les qualités de dribble nécessaires pour évoluer dans cette zone du terrain, comme en témoigne son nombre élevé de pertes de balle.

L’entrée de Gaoussou Diarra à la place d’un Yves Bissouma en demi-teinte, conjuguée au passage en 4-3-3 en phase offensive, a toutefois redonné un nouveau souffle au Mali.

Quelques secondes plus tard, Lassine Sinayoko s’est présenté seul face à Yassine Bounou avant d’être fauché par Jawad El Yamiq.

Un penalty encore plus évident que celui accordé au Maroc, transformé par l’inévitable Lassine Sinayoko (63’), même si Yassine Bounou avait plongé du bon côté.

Tout était donc à refaire pour les Lions de l’Atlas dans un second acte tendu comme un arc. Entré en jeu à la place d’Ayoub El Kaabi, Youssef En-Nesyri aurait pu plier le match si son tir en pivot n’avait pas été sorti de justesse par Diarra (79’).

Une occasion franche au cœur d’une période où le Maroc a davantage attaqué que défendu. On était alors plus proche du 2-1 pour les Lions de l’Atlas que de l’inverse.

Puis, sur un contre rondement mené, le Maroc aurait pu concéder un nouveau penalty, assez évident lui aussi, pour une main de Nayef Aguerd.

Mais le corps arbitral en a jugé autrement. Il y a bien eu une autre main d’un défenseur malien dans l’autre surface, mais contrairement à celle d’Aguerd, elle était collée au corps.

C’était le dernier temps fort d’un match qui a au moins eu le mérite de montrer à l’équipe nationale que le chemin est encore long avant de remporter la Coupe d’Afrique des nations 2025.