La 2e journée de la Coupe d’Afrique des nations 2025 promet des chocs à foison, dont celui opposant le Maroc au Mali, ce vendredi 26 décembre (21h), au Complexe sportif Prince Moulay Abdellah de Rabat.

Certes, la CAN 2025 a démarré sur les chapeaux de roue avec 29 buts inscrits en 12 rencontres, soit une moyenne de 2,4 buts par match.

Mais cet allant offensif pourrait rapidement s’estomper, à mesure que la compétition entre dans une phase où l’enjeu prend progressivement le pas sur le spectacle, en particulier lors des grandes affiches.

Quelques heures après un alléchant Égypte–Afrique du Sud et à la veille des duels opposant le Sénégal à la République démocratique du Congo et le Nigeria à la Tunisie, l’équipe nationale se coltine donc un adversaire de taille.

Sans doute l’affiche du groupe A. Un match à fort enjeu, qui pourrait permettre aux Lions de l’Atlas d’assurer leur qualification pour le second tour. Une hypothèse loin d’être utopique face à une équipe qui réussit plutôt bien au Maroc.

Cette deuxième confrontation entre les deux nations en phase finale de Coupe d’Afrique des nations convoque instantanément le souvenir de la première, au goût doux-amer.

Le Maroc avait alors étrillé le Mali (4-0) en demi-finale de la CAN 2004, avant de s’incliner en finale face au pays hôte, la Tunisie (2-1).

Au total, le Maroc et le Mali se sont affrontés à 20 reprises, pour un bilan légèrement favorable aux Lions de l’Atlas : neuf victoires marocaines, six succès maliens et cinq matchs nuls.

Maroc–Mali, c’est aussi un repère symbolique dans l’histoire d’un des cadres de la sélection. Le premier des onze buts d’Achraf Hakimi sous le maillot national a été inscrit face aux Aigles, le 1er septembre 2017, lors des éliminatoires de la CAN 2019, à l’occasion d’un large succès marocain (6-0).

Dès lors, cette affiche pourrait-elle marquer le véritable point de départ de l’aventure du capitaine marocain dans cette CAN 2025 ? L’histoire serait belle. D’autant qu’Achraf Hakimi se remet bien de sa blessure contractée mi-octobre à la cheville.

« Nous n’avons pas encore décidé s’il jouera ou pas. En tout cas, on ne veut prendre aucun risque car nous le voulons pour toute la compétition », a prudemment indiqué le sélectionneur national, Walid Regragui, en conférence de presse d’avant-match.

Un match à ne surtout pas perdre

Si l’on met de côté l’histoire et les hommes qui l’ont écrite, ce Maroc–Mali est avant tout dicté par l’impératif du résultat.

Gagner, prendre des points et valider une qualification pour le second tour, en particulier pour des Aigles déjà sous pression sur le plan comptable.

D’ailleurs, le sélectionneur belge du Mali, Tom Saintfiet, ne s’y trompe pas. Il a assuré que ses joueurs entreront sur la pelouse avec l’intention de gagner.

De toute façon, ils n’ont guère le choix après s’être fait piéger dans les derniers instants par l’égalisation zambienne (1-1).

Un score final peu flatteur pour des Maliens globalement plus dangereux, notamment par l’intermédiaire de leurs deux fers de lance offensifs, Kamory Doumbia et Lassine Sinayoko.

Mais les coéquipiers d’El Bilal Touré, autre menace à surveiller de près, ont manqué un penalty et gaspillé une pléthore d’occasions.

Les Lions de l’Atlas sont parfaitement conscients de ce qui les attend face à un adversaire qui entrera le couteau entre les dents, avec l’obligation de prendre des points pour ne pas compromettre ses chances de qualification.

Un Mali agressif, intense à la récupération et porté vers l’avant, qui cherchera à imposer un rapport de force physique et un pressing constant.

Eviter de revivre le même scénario qu’en Côte d’Ivoire

Dans ce contexte, le Maroc devra faire preuve de maîtrise émotionnelle et tactique.

Car si la qualité technique penche clairement en faveur des hommes de Walid Regragui, la rencontre pourrait rapidement basculer sur des détails. Une transition mal négociée, une perte de balle évitable ou une mauvaise gestion des temps faibles.

Plus que jamais, les Lions de l’Atlas devront allier patience et lucidité, tout en se montrant cliniques dans les zones de vérité. Face à un Mali prêt à jouer sa survie dans la compétition, la marge d’erreur sera minimale.

En tout état de cause, une victoire synonyme de qualification offrirait au sélectionneur national l’opportunité de ménager certains cadres lors du troisième match face à la Zambie, lundi 29 décembre, toujours à Rabat.

À l’image de Nayef Aguerd. Si Walid Regragui s’est voulu rassurant quant à l’état physique de son défenseur central, il n’en demeure pas moins que le natif de Rabat traîne une pubalgie depuis plusieurs mois, comme l’avait d’ailleurs révélé son entraîneur à l’Olympique de Marseille, Roberto De Zerbi.

Un match de moins ne pourrait être que bénéfique, tant pour le joueur que pour ceux appelés à le suppléer, ainsi que pour d’autres titulaires susceptibles de souffler lors de la dernière rencontre de groupe.

Mais avant de se projeter, il faudra d’abord battre le Mali et éviter de revivre le même scénario qu’en Côte d’Ivoire lors de la CAN 2023.

À l’époque, le Maroc avait été tenu en échec lors de son deuxième match de groupe contre la République Démocratique du Congo.

Mais surtout, la machine marocaine avait commencé à dérailler avec l’accrochage entre Walid Regragui et Chancel Mbemba.

Un épisode qui avait valu une suspension au sélectionneur national et perturbé l’équilibre de son groupe, finalement éliminé en huitièmes de finale face à l’Afrique du Sud.

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