Le Maroc affronte la Zambie pour la 23e fois de son histoire, ce lundi 29 décembre (20 h), au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat, lors de la 3e journée du groupe A de la Coupe d’Afrique des nations 2025.
Historiquement, la balance penche nettement en faveur des Lions de l’Atlas, qui ont remporté bien plus de confrontations qu’ils n’en ont perdu.
Mais l’enjeu de cette rencontre dépasse largement les statistiques, la simple question du bilan historique ou encore le retour d’Achraf Hakimi après plusieurs semaines d’indisponibilité.

Maintenant que le record de victoires est à conjuguer au passé, il s’agit de rendre l’avenir un peu moins angoissant. Contrairement à la précédente édition, le Maroc n’a cette fois personne à sauver, et encore moins le futur vainqueur de la compétition.
L’unique responsabilité des hommes de Walid Regragui est de se sauver eux‑mêmes de leur inconstance et de leur manque d’efficacité, perceptible aussi bien au fil d’un même match que d’une rencontre à l’autre.
Tandis que d’autres favoris ont déjà assuré leur qualification sans trembler, l’équipe nationale aborde ce dernier match de groupe avec une pression, née davantage de ses propres hésitations que de la valeur de son adversaire.
Le Maroc possède une équipe de grands talents qui a autant de mal à se révéler à elle‑même qu’à son public. La faute à ces nombreuses oppositions qui ont jalonné les deux dernières années, davantage comparables à des collines qu’à de véritables cols hors catégorie.
Le Maroc a trop misé sur sa zone de confort
Depuis plusieurs mois, le staff technique et les dirigeants ont fait le choix de ne jamais trop s’éloigner de leur zone de confort à Rabat.
Quitte à manquer l’opportunité de se mesurer à de grandes nations et à des adversaires de haut niveau, à même de pousser le groupe hors de ses certitudes et de nourrir sa progression.
Dès lors, ce serait un véritable camouflet de l’histoire de voir l’équipe nationale terminer à la 2e place de son groupe et se retrouver, dès les huitièmes de finale, contrainte de changer de cadre et de repères, avec un déplacement à Casablanca.

Voici donc les différents scénarios possibles :
Le Maroc 1ᵉʳ du groupe A :
- Le Maroc gagne contre la Zambie (7 points) : 1ᵉʳ du groupe à coup sûr, quel que soit le résultat Mali-Comores ;
- Le Maroc fait match nul contre la Zambie (5 points) : si le Mali fait match nul, perd ou gagne contre les Comores, mais par un écart insuffisant pour dépasser la différence de buts du Maroc.
Le Maroc qualifié 2e :
- Le Maroc fait match nul contre la Zambie (5 points) et le Mali gagne contre les Comores avec un score qui lui permet de dépasser la différence de buts du Maroc ;
- Si le Maroc perd contre la Zambie (4 points) et que le Mali gagne contre les Comores, l’équipe nationale sera 2ᵉ dans le cas où la différence de buts du Mali resterait inférieure à celle du Maroc.
Le Maroc finit 3ᵉ (très improbable) :
- Le Maroc perd contre la Zambie (4 points) et le Mali gagne contre les Comores avec un score très large qui lui permet de dépasser la différence de buts du Maroc.
Des calculs d’apothicaire dont se serait bien passée une équipe dont le sélectionneur annonce depuis des mois qu’elle remportera la CAN, alors qu’elle n’a même pas encore gagné la bataille qu’elle se livre à elle‑même.
Le Maroc se heurte aussi bien à sa propre nature qu’à ses limites
En voulant absolument faire le jeu et satisfaire son public, elle se heurte aussi bien à sa propre nature qu’à ses limites. Celle d’un collectif qui n’est jamais aussi à l’aise que lorsqu’il joue à fond les transitions.
Pourtant, les 40 millions de Marocains ne veulent voir qu’une équipe bien dans sa peau et en accord avec elle‑même. Une sélection qui n’essaie pas de devenir une autre.
Ainsi, le match nul concédé face au Mali place aujourd’hui le staff marocain face à un dilemme classique mais délicat.
Le sélectionneur national doit-il aligner les titulaires pour sécuriser la 1re place du groupe, au risque d’accentuer la fatigue, ou procéder à une rotation plus large afin de ménager les cadres, quitte à prendre le risque de ne pas finir en tête ?
C’est tout l’enjeu de cette rencontre. Même si, en réalité, le Maroc dispose d’un vivier suffisamment riche pour aligner deux équipes compétitives, capables non seulement de battre la Zambie et de finir en pole position du groupe A, mais aussi d’aller loin dans cette compétition.
Encore faudrait-il traduire ce potentiel sur le terrain, avec constance, agressivité et maîtrise. Des ingrédients qui, jusqu’ici, ont parfois fait défaut aux Lions de l’Atlas alors qu’ils sont essentiels pour éclairer la voie d’un champion d’Afrique.
Sur le plan collectif, les chiffres sont parlants et traduisent les fragilités citées plus haut :
- Le Maroc n’a remporté que 59,1% de ses duels défensifs, se classant ainsi 13ᵉ sur 24 équipes de la CAN 2025.
- Le Maroc gagne seulement 40,3% de ses duels aériens, ce qui le place à la 20ᵉ position.
- Avec une moyenne de 97 ballons perdus par match, les Lions de l’Atlas figurent dans le top 5 des équipes qui perdent le plus de ballons dans la compétition.
Bref, ces chiffres confirment que, pour traduire son potentiel sur le terrain, le Maroc devra impérativement améliorer son agressivité, sa concentration et son organisation défensive.
À commencer donc par la Zambie, que le Maroc avait récemment battue (2-0) en éliminatoires du Mondial 2026, à Ndola, en s’appuyant sur des… transitions (26% de possession).
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