Interpellée à la Chambre des conseillers sur l’accès au programme d’aide sociale directe, Nadia Fettah a tenu à replacer ce projet dans son cadre stratégique. Selon la ministre, ce dispositif, né des hautes orientations royales, vise un ciblage précis des familles les plus exposées, notamment pour la protection de l’enfance et des catégories sociales précaires.

Pour la ministre, l’introduction du Registre national commun et de l’indicateur socio-économique constitue une rupture avec les anciens modèles de distribution. « L’adoption de cet indicateur est un véritable acquis. Aujourd’hui, nous disposons d’une transparence totale grâce aux données fournies par les ménages sur la plateforme ».

Elle a précisé que les autorités locales disposent de prérogatives légales pour vérifier la véracité des informations transmises, garantissant ainsi que l’aide parvienne à ceux qui en ont réellement besoin.

Répondant aux préoccupations sur l’exclusion de certains foyers, Nadia Fettah a apporté des arguments chiffrés. « Les dossiers refusés ne dépassent pas 1,5% de l’ensemble des demandes reçues. C’est un chiffre relativement faible ».

Toutefois, elle a admis que le gouvernement reste attentif aux réalités du terrain. À ce jour, 48 milliards de DH ont été déboursés en faveur des familles vulnérables. La ministre a souligné que le système n’est pas figé. « Le gouvernement est ouvert à l’examen de la méthode de calcul de l’indicateur pour certaines situations spécifiques »

L’un des points d’attention soulevés concerne les travailleurs saisonniers, notamment dans l’agriculture et la pêche. La ministre a reconnu que l’alternance entre périodes d’activité et d’inactivité peut influencer l’éligibilité des ménages. « Nous devons examiner de plus près ces cas, comme dans l’agriculture ou la pêche, où un citoyen peut travailler neuf mois et se retrouver en difficulté les trois mois restants ».

Elle a toutefois précisé que les critères ne peuvent être modifiés de manière intempestive, afin de garantir la stabilité et la cohérence de l’arsenal juridique et technique du programme.

En conclusion, Nadia Fettah a annoncé que le gouvernement, en coordination avec le haut-commissariat au Plan (HCP), poursuivra le travail de révision des critères pour s’adapter aux évolutions sociales. L’objectif demeure la pérennité de ce chantier royal. « Même si une seule famille se trouve dans une situation difficile, il est de notre devoir de trouver une solution. Nous resterons mobilisés pour accompagner ce grand projet social ».