À la Chambre des conseillers, la ministre de l’Économie et des finances a souligné que cette réforme n’était plus au stade des intentions. « La volonté d’engager ce dossier n’est pas seulement une intention, c’est une réalité actée lors du dernier round du dialogue social en avril dernier« .

Selon Nadia Fettah, tous les partenaires se sont accordés sur la nécessité pour chacun de prendre ses responsabilités dans ce processus.

Le processus est désormais encadré par une commission nationale, installée par le chef du gouvernement en juillet dernier, et doublée d’une commission technique. La ministre a précisé que la méthodologie choisie repose sur la recherche systématique d’un consensus. « Le gouvernement n’apportera aucune vision ou solution qui ne fasse l’objet d’un accord préalable entre toutes les partie ».

Cette approche vise à sécuriser un dossier qui impacte environ 5 millions de Marocains et concerne la pérennité financière des caisses de retraite. Sans être alarmiste, Nadia Fettah a reconnu les défis de viabilité auxquels sont confrontés les fonds actuels, nécessitant une intervention structurante.

Pour garantir la réussite des négociations, la ministre a annoncé que des réunions spécifiques seront organisées pour chacun des quatre organismes de retraite. Cette étape répond à une demande des centrales syndicales et des partenaires pour une mise à jour et une analyse détaillée des chiffres.

« Il est du droit des partenaires d’avoir accès à des données détaillées et actualisées avant de discuter des propositions. Un diagnostic partagé est la condition sine qua non pour avancer », a indiqué la ministre, précisant que si le diagnostic n’est pas commun, les discussions risquent de rester stériles.

Interpellée sur les délais et les échecs des tentatives de réforme passées (notamment en 2013 et 2016), Nadia Fettah a défendu la lenteur relative du processus par la recherche de solidité. L’objectif dépasse, selon elle, le cadre d’un mandat gouvernemental. « Nous connaissons le coût politique, mais la réforme que nous visons est faite pour des décennies. La véritable force réside dans le choix de cette méthodologie participative ».

En conclusion, la ministre a appelé à un soutien collectif pour cette approche. Le gouvernement prévoit de revenir devant les élus avec des données consolidées une fois que le travail technique avec les syndicats et les partenaires sera finalisé, privilégiant la qualité des solutions à la précipitation.