Le Maroc aborde son huitième de finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025 face à la Tanzanie, dimanche 4 janvier (17h) à Rabat, avec le statut de favori.
Mais sur la pelouse du Complexe Sportif Prince Moulay Abdellah, les Lions de l’Atlas feront face à une équipe tanzanienne capable de mettre de l’intensité et de déséquilibrer l’adversaire par séquences.
Un adversaire qui doit sa qualification à une place parmi les quatre meilleures troisièmes après avoir terminé le programme de son groupe C avec deux nuls et une défaite, trois buts marqués et quatre encaissés.

Le système hybride de la Tanzanie
Sur le terrain, la Tanzanie évolue dans un système hybride, basé sur une défense à trois centraux accompagnés de deux pistons très hauts. Devant la défense, deux milieux axiaux assurent l’équilibre, tandis qu’un numéro dix évolue en soutien de deux attaquants.

C’est le cas de Simon Msuva et de Alli Samatta. Ils constituent le cœur de la progression offensive tanzanienne. Msuva, ancien joueur du Wydad Casablanca (2020-2022), est un relais essentiel entre les lignes.
Sa technique, sa vision du jeu et sa capacité à se libérer sous pression permettent à son équipe de construire rapidement et de créer des décalages.

Alli Samatta, pour sa part, fixe souvent les défenseurs et oriente le bloc par ses déplacements dos au but.
Il décroche régulièrement pour participer à la première relance, ce qui permet à la Tanzanie de remonter le ballon et de sortir de la pression adverse.

L’un des leviers majeurs pour les Lions de l’Atlas afin de mettre en danger les Taifa Stars réside dans l’exploitation des espaces laissés dans le dos des pistons tanzaniens.
Leur position très haute, essentielle à l’animation offensive de la Tanzanie, expose régulièrement les couloirs lors des pertes de balle.

Face au Nigéria et à la Tunisie, ces zones ont été ciblées par des renversements rapides et des appels dans la profondeur.
Le Maroc, déjà à l’aise dans ce registre, dispose de profils capables d’attaquer ces espaces, que ce soit par la projection des latéraux ou par les courses des ailiers.

Comment contourner le pressing haut ?
La Tanzanie ne presse pas de manière constante, mais par séquences bien identifiées. Touches dans le camp adverse, relances axiales ou mauvaises orientations du porteur constituent autant de déclencheurs de pression.

Le Maroc devra donc faire preuve de calme et de justesse technique pour contourner ces phases d’agressivité.
Surtout qu’une sortie de balle propre, des prises d’information rapides et des solutions autour du porteur permettront de casser la première vague de pressing et de déséquilibrer un bloc souvent étiré lorsque la pression est battue.
En effet, lorsque le pressing tanzanien est inopérant, le bloc défensif se retrouve exposé, notamment dans l’axe et entre les lignes.
Les Lions de l’Atlas auront tout intérêt à accélérer le jeu dès la récupération, soit par la conduite de balle, soit par des passes verticales cassant une ligne.
Une faculté que le Maroc a déjà démontrée, notamment dans ses transitions offensives, en particulier contre la Zambie.
Enfin, les coups de pied arrêtés constituent une solution évidente pour le Maroc face à cet adversaire. La Tanzanie montre une fragilité récurrente sur les situations jouées à deux ou à trois, souvent liées à un manque d’attention.

Face à la Zambie, les Lions de l’Atlas ont su exploiter ce registre avec efficacité, deux combinaisons étant à l’origine du doublé d’Ayoub El Kaabi. Dans un match à élimination directe, ces détails pourraient peser lourd.
En maîtrisant les temps forts tanzaniens, en exploitant les espaces laissés sur les côtés et en se montrant efficaces sur coups de pied arrêtés, le Maroc dispose des clés pour faire respecter son statut et poursuivre son parcours dans cette CAN 2025.