Le Maroc n’a pas fait son meilleur match de la compétition, mais cela a suffi pour battre (1-0) la Tanzanie en huitièmes de finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025, ce dimanche 4 janvier au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat.

Brahim Diaz a offert la qualification à tout un peuple en conclusion d’une action dont il a le secret, où il a malmené la défense adverse par ses crochets déroutants avant de tromper Hussein Masalanga d’un tir puissant au ras du premier poteau (63’). 

Le quatrième but de la compétition pour le Madrilène, qui a regagné le banc en boitant en fin de match.

Les rayons de soleil qui transperçaient par moments les nuages gris chargés de pluie dans le ciel de Rabat étaient le reflet de la physionomie du match. 

Une prestation en demi-teinte et ombrageuse des Lions de l’Atlas, éclaircie par quelques fulgurances. Une première mi-temps à l’envers et l’autre à l’endroit.

Car c’est dans la douleur que l’équipe nationale s’est qualifiée en quart de finale. Une rencontre prévue le vendredi prochain 9 janvier à 20h à Rabat, contre le vainqueur du choc entre l’Afrique du Sud et le Cameroun.

Pour résumer, le Maroc a failli perdre un match qu’il a eu beaucoup de mal à gagner. D’autant que les plus grosses occasions ont d’abord été pour la Tanzanie.

Azzedine Ounahi sur le flanc et Achraf Hakimi titulaire

Le sélectionneur national Walid Regragui a aligné un onze de départ dans la continuité de la victoire sur la Zambie et, comme le dit l’adage, on ne change pas une équipe qui gagne, auquel on pourrait ajouter avec la manière.

Une équipe de départ solide, où l’on retrouve justement Achraf Hakimi, qui porte le costume de titulaire pour la première fois depuis un match de Ligue des champions à la mi-octobre 2025.

Il retrouve ainsi le terrain sur le côté droit d’une défense dont la charnière est composée de Nayef Aguerd et Adam Masina, en plus de Noussair Mazraoui à gauche.

Au milieu de terrain, Walid Regragui devait faire sans Azzedine Ounahi, dont l’arrivée en béquilles au stade Moulay Abdellah est pour le moins préoccupante dans le cas où l’aventure de l’EN se prolonge.

Sofyan Amrabat n’était pas de la partie non plus en début de match, mais il était présent sur le banc. C’est Neil El Aynaoui qui occupait le poste devant la défense, en pointe basse d’un triangle complété par Bilal El Khannouss et Ismaïl Saibari.

En revanche, le technicien marocain n’a pas eu à changer sa ligne d’attaque, qui était composée de Brahim Diaz à droite, Abdessamad Ezzalzouli à gauche, en soutien d’Ayoub El Kaabi en pointe.

Si l’on met de côté le pedigree de l’adversaire, ce match avait des allures de déjà-vu, du moins au début. Une allusion à peine voilée au huitième de finale de la CAN 2023.

Un match où le Maroc était orphelin de l’un de ses meilleurs joueurs en phase de groupes, Hakim Ziyech, dont le sélectionneur avait lancé d’entrée Noussair Mazraoui, qui revenait de blessure.

Un début de match compliqué

L’analogie avec ce huitième de la CAN 2025 se tient puisque Walid Regragui doit faire sans Azzedine Ounahi et qu’il place sa confiance dans Achraf Hakimi, qui revient à peine d’une grave blessure à la cheville.

À la différence notable que Achraf Hakimi a disputé quelques minutes face à la Zambie lors du dernier match du groupe A, contrairement à Noussair Mazraoui pendant la précédente édition.

Mais il était légitime de se demander si ce maigre temps de jeu allait suffire pour remettre le capitaine de l’équipe nationale dans le rythme et le bain d’un match à très haute intensité.

Au moins aussi intense que les encouragements nourris des supporters qui ont dû faire passer des frissons dans les rangs du Onze national.

Mais cela n’a pas vraiment suffi pour permettre à l’EN de rentrer directement dans son match. 

Les coéquipiers d’Adam Masina ont même concédé une grosse occasion en raison d’une mésentente dans la défense.

Mais étrangement, Simon Msuva a manqué le cadre à deux mètres des buts vides (3’). La faute à une balance offensive défaillante offrant aux Tanzaniens des boulevards en transition.

Des espaces qu’ils ont très bien exploités. Ils auraient mérité de mener au score. Mais c’était sans compter sur leur imprécision dans le dernier geste.

Mais ils n’ont pas pour autant desserré leur étreinte sur la défense marocaine, qui commençait à montrer des signes flagrants de fébrilité.

Abdessamad Ezzalzouli a bien essayé de secouer le cocotier. Mais les initiatives de l’attaquant du Bétis Séville étaient des cas isolés au milieu d’un collectif dont la prestation transpirait la peur de perdre.

Tant est que les conciliabules à deux et à trois se sont multipliés lorsque le gardien tanzanien était à terre au bout de dix minutes de jeu.

La défense du Maroc inquiète

Le Maroc avait vraiment besoin d’un électrochoc. Qui n’était certainement pas la tentative de Neil El Aynaoui qui a fini sa course dans les gradins (11’).

L’absence d’Azzedine Ounahi dans les 30 derniers mètres s’est cruellement fait sentir au vu des nombreuses approximations techniques commises par ses coéquipiers.

Les Lions de l’Atlas étaient plus justes sur coup de pied arrêtés et Ismaïl Saibari aurait pu ouvrir le score s’il n’avait pas été hors-jeu de quelques centimètres (16’).

Puis, sur un superbe mouvement côté droit, Bilal El Khannouss a déposé le ballon sur la tête d’Ayoub El Kaabi. S’il n’a pas trouvé le cadre, l’avant-centre a été percuté de plein fouet par Hussein Masalanga.

Une sortie à contretemps qui aurait pu valoir au portier de la Tanzanie de concéder un penalty on ne peut plus logique. Mais l’arbitre en a décidé autrement (21’).

Sauf que ce regain de forme des Lions de l’Atlas n’arrivait pas à dissiper cette fâcheuse impression qu’ils étaient sur un fil à chaque fois qu’ils se retrouvaient dans leur propre camp, mises à mal par les déplacements de Msuva et Abdalah.

Comme si le ballon leur brûlait les pieds, alors qu’il n’y avait vraiment pas le feu au lac. Puisque le Maroc n’était ni mené au score ni dans les dernières minutes d’une rencontre qui a failli basculer en faveur de l’EN.

Du moins, si Ayoub El Kaabi, encore lui, avait eu la bonne idée de mieux ajuster sa tête plongeante sur une action rapidement menée par Bilal El Khannouss plein axe avant de servir Ezzalzouli sur le côté (37’).

Brahim Diaz a éclairé le second acte

Les applaudissements à la mi-temps traduisaient davantage le soutien du public que sa frustration de ne pas voir son équipe exploiter les qualités de ses joueurs. Le sempiternel reproche fait à Walid Regragui depuis la dernière Coupe d’Afrique des nations.

Au retour des vestiaires, le Maroc a changé de visage, se montrant bien tranchant dans ses courses tout en mettant davantage de rythme dans ses transmissions.

Abdessamad Ezzalzouli était d’ailleurs à deux doigts de donner l’avantage à son équipe sur une tête piquée. Mais c’était sans compter sur l’arrêt de Masalanga (50’).

Beaucoup plus entreprenant qu’en première mi-temps, Achraf Hakimi a slalomé dans la défense adverse avant de décaler Bilal El Khannouss à l’entrée de la surface. Mais le tir du droitier est passé au-dessus des cages de la Tanzanie (52’).

Des Taifas Stars qui ont eu une deuxième occasion nette d’ouvrir le score après une tentative de Msuva au point de penalty. Mais son tir s’est envolé pour le plus grand soulagement des 69.000 spectateurs présents au Stade Prince Moulay Abdellah (56’).

Des supporters qui ont vibré sur le coup franc d’Achraf Hakimi, renvoyé par la barre transversale de Hussein Masalanga (60’), qui dirigeait une défense héroïque sur chaque action.

Un peu moins sur le sublime but de Brahim Diaz, en sortie de dribble dans la surface de réparation. Une réalisation qui a autant soulagé le banc que les 40 millions de Marocains (63’).

Malheureusement pour le spectacle, la lumière s’est éteinte d’un côté comme de l’autre après la réalisation de Diaz, et ce en dépit des nombreux changements effectués par les deux techniciens.