C’est assez rare pour être souligné, mais le Maroc a quasiment bénéficié d’une semaine pleine pour préparer son huitième de finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025, programmé contre la Tanzanie, ce dimanche 4 janvier (17h) au Complexe sportif Prince Moulay Abdellah de Rabat.
Un délai de récupération légèrement supérieur à celui des Taifa Stars, qui n’ont eu qu’un jour de moins après leur dernier match de phase de groupes face à la Tunisie. Un détail en apparence, mais qui peut compter à ce stade de la compétition.
On ne sait pas si pendant ce laps de temps, les Lions de l’Atlas sont demeurés sous pression derrière les murs du Complexe Mohammed VI à Salé, ou s’ils ont cédé à l’ennui et à l’impatience.
Il y a certainement un peu des deux. Mais il faut avant tout souhaiter qu’ils aient utilisé cette semaine pour progresser. Car c’est ce que réclament leur niveau de jeu, jusque-là, ainsi que le basculement vers les matches à élimination directe.
La première étape de cette nouvelle compétition qui commence est logiquement accompagnée d’incertitudes, mais aussi de convictions et surtout de confiance.
Celle que le sélectionneur Walid Regragui place dans ses cadres sans faillir. Raison pour laquelle on devrait s’attendre à un Onze comprenant Yassine Bounou, « car c’est l’un des meilleurs gardiens du monde », assure son sélectionneur.
Mais aussi Adam Masina et Nayef Aguerd en charnière centrale, accompagnés sur les côtés par Achraf Hakimi à droite et Noussair Mazraoui à gauche.
On devait aussi assister au retour de Sofyan Amrabat dans l’entrejeu, aux côtés de Neil El Aynaoui et de Ismaïl Saibari afin de créer des connexions avec Brahim Diaz, Abdessamad Ezzalzouli et Ayoub El Kaabi.
Mais avec la blessure de Azzedine Ounahi, arrivé en béquilles au stade et qui devrait être absent indisponible au moins pour cette rencontre, le sélectionneur a choisi de lancer Bilal El Khannouss.
Cela commence à avoir des allures d’équipe type. Encore heureux, parce que ni l’équipe nationale ni son sélectionneur ne peuvent réellement se permettre de s’arrêter là.

Le Maroc a un compte à régler avec la Tanzanie
D’abord, car le Maroc a un vieux compte à régler avec la Tanzanie. La seule victoire de la Tanzanie sur le Maroc en dix rencontres est survenue lors des éliminatoires de la Coupe du monde 2014, avec un succès 3-1 à domicile le 24 mars 2013 à Dar es Salaam.
Un résultat qui avait participé à la désillusion de Youssef El Arabi et de ses coéquipiers, qui n’avaient finalement pas vu le Mondial au Brésil.

On devrait assister à une opposition aussi âpre que ses devancières. Car il ne faut pas fermer les yeux sur le fait que la Tanzanie ne permettra pas aux Marocains de se qualifier en étant quelconques.
Elle les obligera à accepter le combat, mais aussi à mettre beaucoup plus de vitesse dans leur circulation de balle. Ce qui n’a pas toujours été la qualité première de l’animation offensive de l’EN depuis le début de la CAN.
Même si, au fond, l’équipe nationale n’a pas encore dévoilé la pleine mesure de son potentiel.
Depuis l’élimination en huitième de finale de la dernière CAN, on se disait après chaque rencontre que la 35e édition de la compétition continentale organisée au Maroc allait révéler les ressources des Lions de l’Atlas.
Car en dépit d’une série de victoires (19) grâce à laquelle les hommes de Walid Regragui laisseront à jamais une trace dans l’histoire, l’EN entretient d’une certaine manière le mystère, aussi bien pour elle-même que pour ses supporters.
Certes, elle a pris la première place de son groupe et elle est loin de désespérer son monde.
Cependant, malgré la nette victoire contre la Zambie, le premier tour n’a pas changé grand-chose de ce que l’on sait de l’équipe nationale.
Mais on est proches de savoir. Parce que la vérité n’est jamais loin quand vient le vertige des matches sans retour.
Les Lions de l’Atlas ont jusqu’ici brillé chacun de leur côté
Le Maroc de Walid Regragui avance en enchaînant des prestations inégales, mais il est à peu près là où il avait décidé d’être.
Surtout qu’au fond, que l’équipe nationale demeure un mystère à nos yeux entretient un fol espoir.
L’espoir qu’on ne la connaisse pas vraiment encore. L’espoir qu’elle ait gardé le meilleur pour la suite.
Pour les grands rendez-vous à partir des quarts de finale, où le Maroc croisera inévitablement un gros morceau du continent pour la première fois depuis près de deux ans.
En réalité, elle n’a pas encore livré un match abouti. L’équipe nationale a plutôt enveloppé ses faiblesses par un joli bouquet final face à la Zambie (3-0), où elle s’est contentée de livrer sa meilleure première période du tournoi.
En outre, les Lions de l’Atlas ont brillé chacun de son côté, alternativement, alors qu’ils n’ont aucune chance d’aller au bout sans un parfait alignement de leurs étoiles.
Mais la phase de groupes a au moins eu le mérite de confirmer qu’ils sont portés par un sentiment collectif et investis d’une mission qui aura été palpable dans la joie du banc et dans la manière dont les remplaçants sont entrés dans l’équipe, lundi dernier.
C’est vrai, on ne sait pas vraiment ce que vaut l’équipe nationale. On ignore ce qu’elle pourra opposer aux autres favoris de cette CAN.
Mais on a beau être curieux, on est prêts à attendre le temps qu’il faudra. Toutefois, être éliminé ce soir serait une faillite qui replongerait le football national dans d’infinis tourments.