Le Maroc s’est qualifié pour les quarts de finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025. Mais que ce fut laborieux !

Face à la Tanzanie, le dimanche 4 janvier à Rabat, les Lions de l’Atlas sont passés tout près de la catastrophe, bousculés par un adversaire sans complexe.

Cette victoire sur la plus petite des marges a été obtenue au terme d’un match tendu et contrasté, marqué par une fébrilité défensive et un manque de justesse dans les zones décisives.

Les Marocains ont longtemps peiné à imposer leur jeu, donnant même le sentiment de pouvoir revivre le traumatisme des huitièmes de finale de la précédente CAN.

La blessure de Azzedine Ounahi, forfait pour le reste de la compétition, a peut-être pesé sur le plan mental. Toujours est-il que, dès l’entame, une forme d’appréhension se ressentait sur le terrain, y compris chez des joueurs expérimentés.

Pressing inopérant et sorties de balle compliquées

Les premières minutes ont été révélatrices des difficultés marocaines. Deux indicateurs statistiques permettent de comprendre ce début de rencontre laborieux : les passes permises par action défensive et la dynamique du xG.

Le PPDA du Maroc, élevé en début de match, montrait une incapacité à presser efficacement la Tanzanie, qui parvenait à ressortir proprement le ballon.

Dans le même temps, l’évolution du xG dynamique mettait en évidence un rapport de force défavorable aux Lions de l’Atlas, exposés sur plusieurs séquences.

Très tôt dans la rencontre, le Maroc concédait d’ailleurs une grosse occasion en raison d’un mauvais timing sur le pressing. Les sorties étaient désynchronisées, les lignes étirées, laissant apparaître des brèches dans le dispositif.

La Tanzanie, grâce à son jeu de position, est parvenu à créer un « un contre un » entre Abdallah et Adam Masina. Abdallah a éliminé son adversaire avant de servir Simon Msuva, esseulé au second poteau, Achraf Hakimi n’étant pas encore revenu pour assurer le marquage.

Le Maroc a perdu sa structure défensive par séquences

Par ailleurs, le bloc défensif marocain montrait parfois un manque de structure, laissant apparaître des espaces plein axe. La Tanzanie obtenait ainsi plusieurs situations de tirs, mal exploitées par ses attaquants, mais révélatrices des failles marocaines.

Dans le même temps, l’équipe nationale a été mise en difficulté sur ses sorties de balle. La faute à certains choix individuels qui traduisaient également un manque de maîtrise et de sérénité. À l’image d’Ismail Saibari, qui a effectué une passe en retrait risquée, alors qu’il disposait de plusieurs solutions plus sûres. Une transmission qui a mis son gardien en difficulté.

De l’autre côté du terrain, l’équipe nationale a également souffert d’un déficit de justesse dans les 30 derniers mètres. Les passes étaient imprécises, les choix parfois discutables, freinant la fluidité des attaques.

Dans une séquence, Brahim Diaz a tenté de dribbler plusieurs adversaires dans le half-space droit, au lieu de jouer simple. Sur une autre action, Saibari a tenté de forcer une passe dans l’axe vers Ayoub El Kaabi, alors que le jeu était clairement orienté à gauche vers Abdessamad Ezzalzouli, seul et lancé.

Sur cette action, Ismaïl Saibari fait le mauvais choix en tentant de trouver Ayoub El Kaabi dans l’axe, alors que le jeu était clairement sur le côté.

Au fond, ce n’est pas un hasard si le Maroc a perdu 22 ballons de plus que face à la Zambie. En outre, son pourcentage de passes réussies dans les 30 mètres adverses est en baisse depuis le début de la compétition.

Le flanc droit, principal moteur offensif du Maroc

Une carte des attaques affichée à l’écran montrait néanmoins une tendance claire, à savoir que les situations les plus dangereuses du Maroc provenaient majoritairement du flanc droit.

Dans cette zone, Brahim Diaz et Achraf Hakimi combinaient déplacements, projections et appels croisés. Malgré quelques erreurs ponctuelles, cette relation est restée le principal moteur offensif des Lions de l’Atlas.

Au fil des minutes, le Maroc a progressivement rééquilibré le rapport de force. Les sorties de balle devenaient plus rapides, permettant de mieux contourner le pressing tanzanien.

Cette montée en puissance a coïncidé avec celle d’Achraf Hakimi, auteur de deux mi-temps aux antipodes l’une de l’autre.

Discret et peu influent avant la pause, le latéral droit s’est montré beaucoup plus agressif offensivement en seconde période. Sur l’action du but, Bilal El Khannouss a attiré intelligemment un défenseur, ouvrant ainsi le half-space pour Brahim Diaz, servi par Hakimi.

L’attaquant a parfaitement exploité l’espace et a ouvert le score avec beaucoup de talent, combinant lecture du jeu, qualité de frappe et une part de réussite.

Grâce aux projections répétées de Hakimi et à l’intelligence de déplacement de Diaz, le Maroc est finalement parvenu à s’installer durablement dans le camp adverse et à créer du danger.

Cette victoire, loin d’être rassurante, rappelle que les matchs couperets ne pardonnent aucune approximation.

Si le Maroc a su trouver les ressources pour faire la différence, les difficultés observées devront être corrigées avant les quarts de finale, où les Lions de l’Atlas croiseront, le vendredi 9 janvier à Rabat, le Cameroun.