« Si la magie de Marrakech n’a pas eu besoin des matchs de la Coupe d’Afrique des nations pour afficher complet durant la dernière semaine de 2025, sa capacité d’hébergement a été mise à rude épreuve par les touristes étrangers de séjour et les supporters africains », se félicitent plusieurs grands hôteliers qui tablent sur une hausse des indicateurs d’arrivées par rapport à décembre 2024.

« Un niveau de fréquentation historique »

Estimant que tous les hôtels classés ont affiché complet durant cette période, le chargé de communication du Conseil régional du tourisme de Marrakech-Safi n’hésite pas à qualifier d’historique le niveau d’affluence dans la ville ocre, dont l’image à l’international aurait été renforcée par la présence remarquée de plusieurs grandes stars internationales comme la chanteuse Madonna.

« En attendant la publication imminente des chiffres officiels par l’Observatoire du tourisme, le pic d’arrivées durant les fêtes devrait permettre à Marrakech de dépasser les 5 millions de visiteurs en 2025 », prévoit Abdellatif Abouricha en rappelant que le taux moyen d’occupation durant les 11 premiers mois a été de 73%, soit 2 points de plus qu’en 2024, et que les nuitées ont augmenté de 3%.

Et d’ajouter que la tenue de la CAN a généré un important flux supplémentaire de visiteurs, notamment africains, et de médias internationaux qui ont dû se rabattre vers des solutions alternatives comme les locations saisonnières de type Airbnb qui ont littéralement explosé.

L’hébergement informel est le grand gagnant de l’effet CAN. N’ayant pas été en mesure de trouver une réservation tardive dans les hôtels classés saturés, de nombreux touristes étrangers ou supporters africains n’ont eu, en effet, d’autre choix que de faire appel aux offres d’hébergements non déclarés qui ont capté une part importante des arrivées.

« Accusé en temps normal par les opérateurs de pratiquer une concurrence déloyale à leur égard, l’hébergement informel a pour une fois joué un rôle complémentaire vis-à-vis des hôtels classés », avance un grand propriétaire de locations saisonnières, pour qui cette catégorie d’hébergement a permis de désengorger la demande en palliant une offre totalement saturée.

Dans le contexte exceptionnel de la CAN, l’hébergement informel, qui a attiré des voyageurs au budget plus serré (touristes locaux, supporters, jeunes …), a, selon lui, servi d’amortisseur utile à l’écosystème touristique, en jouant un rôle de soutien ponctuel plutôt que de concurrence frontale.

Une offre hôtelière qui commence à atteindre ses limites

Tout en confirmant une affluence historique, un dirigeant de la Fédération nationale de l’industrie hôtelière (FNIH) estime que la capacité d’accueil des 275 hôtels classés de la ville ocre devient d’année en année insuffisante pour contenter une demande internationale qui ne cesse de croître.

« Sachant que les fêtes ont coïncidé avec le début de la CAN, dont au moins sept équipes ayant joué au stade de Marrakech, accompagnées de leurs délégations, ont renforcé la pression sur l’offre hôtelière déjà mise à mal par la demande de touristes étrangers et domestiques, la demande dépasse désormais l’offre disponible », constate notre interlocuteur, qui recommande de réagir avant saturation complète de la capacité d’accueil.

Selon l’hôtelier, la tension constatée sur la capacité d’hébergement montre la nécessité, voire l’urgence, de développer rapidement des investissements hôteliers dans les catégories luxe et milieu de gamme, sous peine de se voir ravir des parts de marché par plusieurs pays concurrents.

Si Marrakech rivalise avec des destinations hivernales comme Dubaï ou Saint-Barth, le maintien de sa compétitivité internationale pour répondre à la croissance mondiale touristique nécessite de développer, selon lui, de nouvelles unités hôtelières ou, a minima, d’agrandir celles qui existent déjà.

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