Après sept années de sécheresse consécutives, la région Béni Mellal-Khénifra, comme toutes les autres régions du Royaume, a connu des précipitations exceptionnelles, ravivant l’espoir chez les agriculteurs. En effet, ces pluies ont été bénéfiques aussi bien pour les barrages, dont le taux de remplissage s’est amélioré de 10 points, que pour la campagne agricole.
Contacté par Médias24, Saïd Aqarial, directeur régional de l’Agriculture, nous fait le point sur le déroulement et l’état d’avancement de la campagne.
Le cumul des pluies en hausse de 217% par rapport à l’an passé
« D’importants volumes de pluie dans les plaines, ainsi que des enneigements épais sur les sommets de la région Béni Mellal-Khénifra, notamment ceux de Béni Mellal et d’Azilal dépassant 1,50 m, ont marqué le mois de décembre », déclare notre interlocuteur.
« Ces conditions climatiques, qui persistent à ce jour, ont rompu avec la séquence des années sèches. Elles ont même rompu avec le début de la campagne actuelle, dont le cumul pluviométrique à la fin du mois de novembre ne dépassait guère 28,7 mm, avec un mois d’octobre pratiquement sec », nous précise-t-il.
« La région, avec ses cinq provinces (Béni Mellal, Fquih Ben Salah, Khénifra, Khouribga et Azilal), a enregistré un cumul moyen de plus de 247 mm, dont 154 mm en décembre, et 65 mm au cours des six premières journées du mois de janvier courant ».
Les fortes précipitations ont provoqué l’éclosion de plusieurs sources d’eau, notamment près d’Aghbala et Tizi Nisli
« Ces chiffres dépassent de 217% les cumuls enregistrés à la même période de la campagne écoulée (78 mm). C’est également un surplus de 230% par rapport à la moyenne des 30 dernières années (75 mm) ».
Comme le montre le tableau ci-dessous, au 6 janvier, les provinces de Khénifra et d’Azilal sont celles qui ont le plus bénéficié de ces précipitations, avec des cumuls respectifs enregistrés de 362 mm et de 340 mm. La province de Béni Mellal a pour sa part enregistré un cumul s’établissant à 286 mm, à la même date.
Saïd Aqarial souligne que « les fortes précipitations enregistrées dernièrement ont également provoqué l’éclosion de plusieurs sources d’eau, notamment près d’Aghbala et Tizi Nisli ».
Les superficies emblavées en augmentation
Ces pluies sont également particulièrement bénéfiques pour la campagne agricole en cours, d’après le directeur régional de l’Agriculture de Béni Mellal-Khénifra. « Les fortes précipitations enregistrées fin décembre-début janvier ont suscité un engouement important chez les agriculteurs qui ont profité des journées d’interruption des pluies pour installer les cultures ».
Ainsi, « la superficie emblavée en céréales d’automne s’élève à 317.500 ha, dont 40.500 ha en irrigué, contre 290.500 ha à la même date en 2024-2025, soit une augmentation de 10% ».
« Cette superficie est appelée à s’améliorer davantage », selon notre interlocuteur, « avec le retour du beau temps, notamment avec les semis tardifs au niveau des zones de montagne où cette opération peut se poursuivre jusqu’à la fin du mois en cours ».
« La superficie réalisée en multiplication de semences sélectionnées de céréales s’élève quant à elle à 3.960 ha ».
« La superficie emblavée en betterave à sucre s’élève à 10.470 ha contre 7.204 ha en 2024-2025, soit une augmentation de plus de 45% », ajoute Saïd Aqarial, soulignant que « la culture présente un état végétatif et sanitaire prometteur qui augure d’une bonne campagne betteravière ».
Concernant les cultures maraîchères, « la superficie réalisée en maraîchage d’automne, qui s’est achevée le 15 décembre, s’est élevée à 1.130 ha ».
« Quant au maraîchage d’hiver, qui a débuté le 15 décembre et qui se poursuivra jusqu’au 15 mars, il a démarré sur une bonne dynamique, favorisée par les dernières pluies. La superficie réalisée a déjà atteint, en l’espace de vingt jours, plus de 1.335 ha dont 455 ha d’oignon, 318 ha d’ail, 196 ha de fève et 140 ha de petits pois ».
« Les cultures déjà installées continueront de bénéficier des effets des dernières précipitations et de celles à venir. Elles encourageront à coup sûr les agriculteurs à poursuivre l’installation des cultures d’hiver et, plus tard, celles du printemps, et à approvisionner ainsi le marché national dans de bonnes conditions ».
Il est prévu une stabilité, avec une tendance à la baisse des prix des animaux destinés à l’abattageCes précipitations auront aussi « des retombées positives sur le secteur d’élevage », estime Saïd Aqarial. Selon lui, il est prévu :
– une reprise de la strate herbacée des parcours de plaine, ce qui va constituer une ressource fourragère à utiliser dès le mois de mars ;
– la stabilité des prix des aliments, surtout des aliments grossiers, durant le mois de janvier, puis on notera probablement une baisse des prix à partir du mois de février ;
– pour les petits ruminants, une augmentation légère des prix des animaux d’élevage, et une stabilité avec une tendance à la baisse des prix des animaux destinés à l’abattage, à la suite de l’amélioration des terrains de parcours ;
– la stabilité des prix des bovins d’élevage et de boucherie.
Hausse de 10 points du taux de remplissage des barrages
Du côté des barrages, les taux de remplissage des neuf structures de la région, dont les deux principaux desservant les grands périmètres irrigués, à savoir Bin El Ouidane et Ahmed El Hansali, ont connu une amélioration par rapport à la dernière campagne agricole, en enregistrant une moyenne de 15% contre 5,2%.
Pour les réserves des barrages Bin El Ouidane et Ahmed El Hansali, bien qu’elles demeurent inférieures à la normale, elles se sont nettement améliorées avec des taux de remplissage de 20,10% et 38,12% respectivement, comme illustré par le tableau ci-dessous.
« En conclusion, on peut dire que ces dernières précipitations ont eu un impact positif sur toutes les cultures en place et sur l’état des parcours et qu’en cas de persistance d’une bonne répartition pluviométrique et de chutes de neige dans le temps et dans l’espace au niveau de la région, la situation hydrique aussi bien superficielle que souterraine va s’améliorer dans les jours, voire les semaines à venir, et ce, grâce à la continuité des écoulements des affluents alimentant les barrages et à la fonte des neiges », résume notre interlocuteur.
« Sans oublier les infiltrations des eaux pour la régénération des nappes fortement atteintes par la succession des effets du stress hydrique, ce qui permettrait ainsi de satisfaire les besoins hydriques des cultures en place et l’installation d’autres cultures, augurant ainsi une bonne campagne agricole 2025-2026 susceptible de faire oublier les années de sécheresse vécues », conclut Saïd Aqarial.
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