On s’attendait à un choc au sommet, mais le Cameroun n’a pas existé face à une équipe du Maroc survoltée (2-0), en quart de finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025, ce vendredi 9 janvier au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat.

Bien que le score ne le reflète pas totalement, les Lions de l’Atlas n’ont fait qu’une bouchée des Lions indomptables, qui ont passé plus de temps au sol et à se plaindre que dans le camp marocain.

En s’appuyant sur un plan de jeu quasi parfait et un Brahim Díaz qui a brillé de mille feux, le Maroc a maîtrisé son sujet.

Le Madrilène a une nouvelle fois concrétisé le temps fort de ses coéquipiers en coupant, au second poteau, une tête d’Ayoub El Kaabi peu avant la demi-heure de jeu (26’).

Loin de son meilleur niveau, Ismaïl Saibari a tout de même marqué de son empreinte cette rencontre en inscrivant le but du break en seconde période, sur corner (74’).

Dans le dernier carré, l’équipe nationale affrontera, mercredi 14 janvier à Rabat, le vainqueur du duel opposant le Nigéria à l’Algérie, prévu samedi 10 janvier à Marrakech.

Même si le Cameroun était dans un mauvais jour, il faut accorder un maximum de crédit au staff de l’équipe nationale, qui a préparé son match de la meilleure des manières.

Notamment en bloquant les passes intérieures afin de réduire l’influence de Carlos Baleba, en particulier. L’agressivité et l’état d’esprit conquérant qui animaient les Lions de l’Atlas sortaient clairement de l’ordinaire.

Aucun changement dans le onze de départ

Pourtant, ils ne donnaient pas cette impression lors de l’avant-match. Réunis au milieu de terrain sous les huées des spectateurs marocains, les Lions indomptables ont d’abord tenu un long conciliabule avant de lancer leur échauffement.

De l’autre côté du terrain, pas de discussions prolongées. Les Lions de l’Atlas ont directement entamé leur exercice, mais sans grande intensité ni précision pour les titulaires.

Justement, le sélectionneur national Walid Regragui a privilégié la continuité en alignant le même onze de départ que face à la Tanzanie en huitième de finale.

Un onze où l’on retrouve l’indéboulonnable Yassine Bounou dans les cages, protégé par une défense à quatre composée d’Achraf Hakimi, Nayef Aguerd, Adam Masina et Noussair Mazraoui.

Neil El Aynaoui, Bilal El Khannouss et Ismaïl Saibari étaient chargés d’animer les offensives des Lions de l’Atlas et d’assurer le lien avec une ligne d’attaque formée par Brahim Díaz, Abdessamad Ezzalzouli et Ayoub El Kaabi en pointe.

Dans le tunnel, avant de fouler la pelouse, on pouvait lire une certaine anxiété sur les visages des Marocains.

Alors qu’ils avaient rapidement investi le camp adverse, les Lions de l’Atlas ont cru obtenir un penalty dès la 1ère minute. Mais la main du défenseur camerounais était collée au corps.

Dans la continuité, les Lions indomptables se sont rapidement projetés mais sans réussite. Ces deux actions résumaient assez bien l’allure de cette rencontre, tendue et fermée.

Un plan de jeu parfaitement préparé

En fermant les lignes de passes axiales, les Marocains ont gêné la relance du Cameroun et réduit le pouvoir de nuisance de Carlos Baleba, véritable rampe de lancement des offensives des Lions indomptables.

C’est ce qui a permis à l’EN de récupérer plusieurs ballons assez haut dans le camp adverse et d’obtenir plusieurs fautes aux abords de la surface de réparation.

Mais sans pour autant réussir à les exploiter, à l’image de cette passe manquée d’Achraf Hakimi à destination d’un Brahim Díaz esseulé dans la surface de réparation (11’).

Le Madrilène a été le joueur le plus remuant. Il a d’ailleurs été la cible d’une multitude de fautes.

De son côté, le Cameroun a allongé le jeu pour sauter la première ligne de pression. Et sur quasiment chaque situation, on ressentait un certain flottement dans la défense marocaine.

La sortie sur blessure de Tchamadeu Baptiste, après vingt minutes de jeu, n’a pas été de nature à faire basculer le momentum, qui était clairement marocain.

C’est le moment choisi par Brahim Díaz pour ouvrir le score, en étant à la réception d’un corner dévié au second poteau par Ayoub El Kaabi (26’). Le cinquième but en autant de rencontres pour l’attaquant du Real Madrid.

Abdessamad Ezzalzouli était à quelques centimètres de lui emboîter le pas. Mais le tir puissant, en sortie de dribble, du Sévillan a frôlé les cages de Mboka Epassy (38’).

Aux antipodes des Camerounais, les hommes de Walid Regragui se sont montrés plus patients dans la construction de leurs actions. Ils ont ainsi évité de perdre le ballon dans des zones dangereuses.

Tout en maintenant le danger dans le camp adverse, à l’image d’un tir au premier poteau d’Ayoub El Kaabi dans le temps additionnel, qui a finalement terminé sa course dans le petit filet d’Epassy.

Le Cameroun n’a quasiment eu aucune occasion

Sans surprise, le Cameroun a poussé fort dès l’entame du second acte. Mais les coéquipiers de Bryan Mbeumo n’ont eu aucune occasion nette à se mettre sous la dent.

Le passage à une défense à quatre n’a pas changé le visage de la production offensive camerounaise. Ce changement de système leur a toutefois permis de ressortir le ballon plus proprement qu’en première période.

Mais les Camerounais ont manqué de précision dans le dernier tiers. La première action dangereuse de la seconde période est d’ailleurs à mettre à l’actif d’Abdessamad Ezzalzouli, qui a coupé un corner au premier poteau (60’).

C’était quelques minutes avant que Samuel Junior Kotto ne sauve les siens sur sa ligne, après une tête d’Ismaïl Saibari (63’), une action qui aurait sans doute mérité un penalty tant l’intervention du portier camerounais était limite.

Tout comme celle d’Adam Masina sur Bryan Mbeumo dans la surface marocaine. Une issue heureuse pour l’EN, qui a fini par doubler la mise sur un nouveau corner, par l’intermédiaire d’Ismaïl Saibari.

Résignés, les Lions indomptables n’ont pas été à la hauteur de l’événement, encore moins en seconde période.

Ils ressasseront leur frilosité en rentrant à la maison, pendant que le Maroc se projettera déjà vers sa demi-finale, face à l’Algérie ou au Nigéria, mercredi 14 janvier à Rabat.