À l’heure d’affronter le Cameroun en quart de finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025, ce vendredi 9 janvier (20 h) sur la pelouse du stade Prince Moulay Abdellah à Rabat, le Maroc n’a pas encore montré suffisamment de garanties pour dissiper toutes les inquiétudes.
Il est vraiment temps pour les Lions de l’Atlas d’être à la hauteur des attentes qui les accompagnent depuis la demi-finale de la Coupe du monde 2022.
Car après un premier tour tiède et un huitième de finale peu rassurant n’ayant que très peu déplacé le curseur de la critique, on ne sait pas à quoi s’attendre avec cette équipe nationale.
Surtout que ce qui a le mieux fonctionné jusque-là est ce qui n’avait pas été préparé depuis l’élimination en huitième de finale de la dernière CAN.
Sauf que le temps où les Lions de l’Atlas avaient le droit à l’erreur est désormais révolu. Le moindre faux pas serait sanctionné par une élimination, qui plongerait tout un peuple dans une profonde désillusion.
Plus tard dans la compétition, on pourra toujours débattre de la notion d’échec. Mais pas maintenant.

Le Cameroun, la bête noire du Maroc
Il faudra donc avoir le cœur bien accroché pour vivre un jour comme celui-ci, capable de changer la face du samedi et des jours suivants.
D’autant plus que l’adversité à laquelle sera confronté le Maroc montera d’un cran, voire de deux.
Ce ne sera pas une mince affaire face à des Lions indomptables, qualifiés de véritable bête noire du Maroc par le sélectionneur national Walid Regragui, lors de la traditionnelle conférence de presse d’avant-match.
Jusqu’ici, le Cameroun s’est montré intraitable face au Maroc en phase finale de la compétition continentale (deux victoires et un match nul).

Si leur premier face-à-face dans le tournoi s’était soldé par un nul (1-1) en phase de groupes en 1986, les Lions indomptables avaient ensuite refroidi le Complexe Mohammed V de Casablanca en demi-finale de la CAN 1988, grâce à un but de Cyril Makanaky à la 78ᵉ minute.
Certes, l’équipe nationale a remporté ses deux derniers affrontements face aux Lions indomptables, dont une victoire 2-0 lors des qualifications pour la CAN 2019.
Mais s’il existe une équipe en mesure de faire basculer tout un pays dans la tristesse, c’est bien le Cameroun.
Une nation qui a affronté des équipes hôtes à six reprises en phase à élimination directe, ne concédant qu’une seule défaite en finale face à l’Égypte en 1986 :
- Victoire 1-0 contre le Sénégal en quart de finale (1992) ;
- Victoire 1-0 contre le Maroc en demi-finale (1988) ;
- Victoire 3-0 contre le Mali en demi-finale (2002) ;
- Victoire 1-0 contre le Ghana en demi-finale (2008) ;
- Victoire face au Nigeria en finale (2000), aux tirs au but, après un match nul (2-2).
Tout porte à croire qu’il est temps pour les Lions de l’Atlas de prendre la pleine mesure de la compétition et de leur mission. Il est temps qu’ils se transforment sous l’urgence.
Mais avouons que l’idée d’une revanche par rapport à la CAN 1988 est sans doute le meilleur moyen de finir la soirée avec de la buée dans les yeux et des mouchoirs à la main.
On ne peut nier que cet épisode a laissé une trace indélébile dans les livres d’histoire du football national. Mais n’est-il pas nécessaire d’apprendre à perdre pour savoir gagner ?
Pour ce faire, le sélectionneur national devrait s’appuyer sur ses acquis, en reconduisant son système de base en 1-4-3-3 (1-4-1-4-1 en phase défensive), avec, sans doute, Yassine Bounou dans les buts.
La défense à quatre serait composée d’Achraf Hakimi, Nayef Aguerd, Adam Masina et Noussair Mazraoui.
Alors que Sofyan Amrabat est toujours gêné par sa cheville, Neil El Aynaoui, Ismaïl Saibari et Bilal El Khannouss devraient former le trio du milieu de terrain.
En attaque, Brahim Díaz et Abdessamad Ezzalzouli seraient chargés de soutenir Ayoub El Kaabi, à moins que le sélectionneur national ne décide de lancer Hamza Igamane.
Une polémique inutile sur l’arbitrage
Et comme si la pression sportive ne suffisait pas, la veille de ce quart de finale a également été marquée par une certaine agitation en coulisses, autour de la désignation du corps arbitral.
Jeudi 8 janvier, plusieurs échos ont fait état d’une supposée réclamation de la Fédération royale marocaine de football (FRMF) auprès de la Confédération africaine de football (CAF). Une réclamation dont nous n’avons trouvé aucune trace.
Il a d’abord été question d’un mécontentement lié à la présence d’un arbitre algérien dans le corps arbitral désigné pour la rencontre, avant que cette version ne soit rapidement nuancée. Selon d’autres sources, la Fédération marocaine n’aurait en réalité pas contesté l’origine des arbitres, mais se serait surtout étonnée du retard pris par la CAF dans la communication officielle autour de leur désignation.
Ce qui est sûr, en revanche, c’est que depuis le début de la compétition, la CAF avait systématiquement pris l’habitude de dévoiler l’identité des arbitres plus de vingt-quatre heures avant le coup d’envoi des rencontres.
Une procédure qui n’a pas été respectée cette fois-ci. Le pack média transmis aux journalistes pour les deux premiers quarts de finale, Sénégal-Mali et Maroc-Cameroun, ne comportait en effet aucune information à ce sujet, laissant place aux interrogations.
Quoi qu’il en soit, la CAF a finalement communiqué l’identité des arbitres jeudi soir, aux alentours de 22h30, refermant ainsi un épisode qui n’aura fait qu’ajouter un peu plus de tension autour d’un match déjà disputé sans filet.
