La supériorité du Maroc en quart de finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025 face au Cameroun (2-0), vendredi 9 janvier à Rabat, ne s’est pas seulement traduite au tableau d’affichage.

Dès le début du match, les Lions de l’Atlas ont cherché à étouffer la relance adverse et exploiter chaque récupération haute pour créer des situations de danger.

Cette maîtrise tactique, associée à la discipline collective et au rôle clé de joueurs comme Brahim Diaz, Ismaïl Saibari et Ayoub El Kaabi, a posé les bases d’une victoire logique.

Le Maroc n’a pas tergiversé et a affiché clairement ses intentions. A savoir, empêcher le Cameroun de développer son jeu dans l’axe.

Les Lions de l’Atlas ont densifié le cœur du jeu, fermé les lignes de passes intérieures et ciblé Carlos Baleba, le relanceur clé des Lions Indomptables.

Le pressing à haute intensité a été particulièrement efficace grâce à l’activité d’Ayoub El Kaabi, chargé de harceler la relance, et d’Ismaïl Saibari, qui a gêné Baleba tout au long du match.

Cette stratégie a permis au Maroc de récupérer de nombreux ballons hauts et de mettre le Cameroun sous pression tout au long de la première mi-temps.

Les coups de pied arrêtés, une arme décisive

Ces récupérations hautes ont été exploitées via des coups francs et des corners. Sur la plupart d’entre eux, Ayoub El Kaabi, libre à l’entrée de la surface, a effectué des déplacements intelligents et des déviations qui ont permis à Brahim Diaz d’ouvrir le score.

Sur les corners, El Kaabi se positionnait à l’entrée de la surface avant d’attaquer l’espace, libre de tout marquage.

Avec ce but, Diaz rejoint le cercle très fermé des joueurs ayant marqué lors de cinq matchs distincts dans une seule édition de la CAN, aux côtés de Ndaye Mulamba (1974), Gedo (2010) et Vincent Aboubakar (2022).

Le Cameroun, par crainte de perdre le ballon proche de ses cages, a été contraint d’allonger le jeu. Mais cette tactique a été neutralisée par la domination marocaine dans les duels, au sol comme dans les airs.

Bryan Mbeumo, habituellement très influent, a touché très peu de ballons et n’a quasiment pas existé.

Les latéraux marocains, Noussair Mazraoui et Achraf Hakimi, se sont montrés prudents, limitant leurs projections offensives. Leur faible nombre de centres (1 seul pour Hakimi et aucun pour Mazraoui) témoigne de cette discipline tactique.

Contraste saisissant entre les deux mi-temps

Dans le premier acte, le Maroc a imposé un pressing intense, récupéré de nombreux ballons dans le camp adverse, densifié le centre et harcelé Baleba, limitant la relance camerounaise et créant plusieurs occasions sur coups de pied arrêtés.

Au retour des vestiaires, le Onze national a volontairement reculé son bloc, adoptant une configuration prudente proche de celle observée lors de la Coupe du monde 2022.

La priorité était de sécuriser les zones sensibles, notamment dans l’axe et dans ses 30 mètres défensifs, tout en forçant le Cameroun à allonger le ballon.

La différence de PPDA entre les deux mi-temps illustre ce contraste. Une pression élevée en première période, puis une gestion prudente et contrôlée en seconde, permettant au Maroc de conserver son avantage et de limiter les pertes de balle dans les zones critiques.

Le Maroc a ainsi contrôlé le rythme, conservé la possession dans des zones sûres et réduit au minimum les risques, tout en restant défensivement solide et en neutralisant les rares tentatives adverses.

Le Cameroun n’a cadré aucun tir dans cette rencontre.

Cette victoire 2-0 permet aux Lions de l’Atlas de rejoindre les demi-finales pour la première fois depuis 2004, tout en démontrant leur capacité à combiner discipline défensive et efficacité offensive face à un adversaire direct et physique.