Managem, troisième capitalisation de la Bourse de Casablanca, affiche aujourd’hui une valorisation de plus de 87 MMDH. Depuis le début de l’année 2026, la valeur s’est nettement distinguée en bourse, avec une hausse de 15% en seulement six séances.

Le mouvement est encore plus marqué sur un horizon un peu plus long. Depuis début décembre, le titre a progressé d’environ 25%, passant de 5.920 DH à 7.389 DH au 9 janvier 2026. Pour la première fois, Managem a franchi le seuil des 7.000 DH, un niveau atteint dès la séance du 6 janvier.

Cette trajectoire ne doit rien au hasard. Elle s’inscrit avant tout dans un contexte de forte envolée des métaux précieux, qui profite directement aux groupes miniers exposés à ces matières premières.

Graphique
managem-p
Min
2 976.00
Max
7 389.00
09/01/202509/01/2026

Source: medias24.com

Des métaux au cœur des projets et de la trajectoire de Managem

L’or et l’argent occupent une place centrale dans le modèle économique de Managem, car ils contribuent directement à la formation de son chiffre d’affaires et de sa rentabilité. Ces métaux figurent parmi les principaux leviers de création de valeur du groupe, à la fois en raison de leurs niveaux de prix élevés et des volumes commercialisés.

Par exemple, en 2024, la hausse des métaux précieux a eu un effet immédiat sur les revenus de Managem. Le groupe a clairement expliqué que l’effet-prix a été l’un des principaux contributeurs à la croissance du chiffre d’affaires, et que l’or, à lui seul, représente environ 60% de cet effet-prix. Autrement dit, quand le prix de l’or progresse, l’impact se retrouve directement dans les ventes, puis dans les marges.

Sur l’ensemble de l’année 2025, l’or a connu une envolée exceptionnelle. Le métal jaune affiche une progression de près de 70% sur l’année, confirmant son statut de valeur refuge dans un contexte international tendu. La dynamique s’est poursuivie en fin d’année, puis en 2026. Début janvier, l’or évolue sur des niveaux historiquement élevés, autour de 4.500 dollars l’once, après avoir enchaîné plusieurs records en décembre.

Du côté de l’argent, le mouvement est encore plus spectaculaire. Sur l’année 2025, le métal gris s’est imposé comme l’un des actifs les plus performants des marchés, avec une hausse de plus de 150%. Début janvier, la tendance reste haussière. L’argent évolue désormais autour de 78 à 79 dollars l’once, inscrivant de nouveaux plus hauts et confirmant l’ampleur du repositionnement des investisseurs observé depuis 2025.

Pourquoi les métaux s’envolent aujourd’hui

L’or et l’argent concentrent à nouveau l’attention des investisseurs dans un environnement marqué par un regain de tensions géopolitiques, un affaiblissement du dollar et des anticipations de détente monétaire aux États-Unis. Dans ce contexte, les actifs non rémunérés retrouvent de l’attrait, notamment à mesure que les rendements réels s’ajustent à la baisse.

L’argent bénéficie en outre d’un positionnement particulier. À la fois valeur refuge et métal à usage industriel, il profite pleinement des dynamiques liées à la transition énergétique, ce qui renforce l’intérêt des investisseurs et amplifie les mouvements observés sur le marché.

Du côté des métaux industriels, le cuivre évolue dans une logique différente mais tout aussi porteuse. Il reflète les transformations structurelles de l’économie mondiale, portées par l’électrification, le développement des réseaux, l’essor de l’intelligence artificielle et les investissements massifs dans les infrastructures. La demande reste soutenue, tandis que l’offre demeure contrainte, ce qui maintient les prix sur des niveaux élevés.

La stratégie de Managem

Pour rappel, le chiffre d’affaires de Managem a connu une hausse de 14% à fin septembre 2025 pour s’établir à 7,4 MMDH.

Le groupe a structuré son activité aurifère autour d’un pôle dédié, avec en ligne de mire le projet Boto, au Sénégal, dont le démarrage de la production est attendu entre juillet et août 2025. Présenté comme un tournant industriel, ce projet marque un changement d’échelle pour Managem en Afrique de l’Ouest. À cela s’ajoutent plusieurs projets aurifères en développement, notamment en Guinée équatoriale et au Gabon, avec un portefeuille visant à terme une production de 500.000 onces d’or par an, adossée à des réserves estimées à 9,3 millions d’onces.

Le cuivre constitue l’autre pilier structurant. Au Maroc, le projet Tizert arrive lui aussi à maturité, renforçant l’exposition du groupe à un métal devenu stratégique pour les infrastructures et la transition énergétique.

Managem a fait le choix d’aller au-delà de l’extraction, avec un projet de fonderie de cuivre, développé en partenariat avec le groupe OCP, destiné à produire des cathodes de cuivre pour l’industrie, mais aussi de l’acide sulfurique pour les engrais. Cette intégration industrielle change la nature du profil du groupe, en le positionnant sur des produits à plus forte valeur ajoutée.

Autour de ces deux métaux majeurs gravitent des métaux dits critiques, liés aux chaînes industrielles de l’énergie et des batteries. À partir du cobalt extrait à Bou-Azzer, Managem développe une capacité de production de sulfate de cobalt à Guemassa, tandis que le sulfate de manganèse et le graphite font également l’objet de projets en cours, avec l’objectif de fournir des produits adaptés aux besoins des industries locales et internationales.

Enfin, le groupe a ouvert une nouvelle verticale avec le gaz naturel, à travers le projet Tendrara, dont l’entrée en production est attendue fin 2025. Ce projet vise une capacité initiale de 100 millions de m³, avec une montée en puissance prévue vers 450 Mm³, ce qui en ferait un actif structurant pour l’industrie marocaine.

C’est donc cette combinaison de métaux stratégiques, de projets arrivant à un point d’inflexion et de visibilité industrielle accrue qui explique pourquoi Managem est aujourd’hui perçue comme l’un des véhicules les plus directs pour jouer le cycle des métaux en bourse.