Ce dimanche 11 janvier, Aziz Akhannouch a annoncé renoncer à briguer un nouveau mandat à la tête du RNI. Par cette décision, il renonce également à la possibilité de rempiler comme Chef du gouvernement si le RNI remporte les prochaines législatives.

« Nous avons convenu, dans le cadre du bureau politique, de programmer un congrès extraordinaire début février pour renouveler nos instances. Et j’ai demandé à ajouter un point, celui de l’élection du président ». C’est par ces mots que Aziz Akhannouch a introduit, avec subtilité et non sans émotion, la question de son départ de la présidence du RNI, dans un échange avec quelques éditeurs de presse à l’issue de la réunion du bureau politique.

Les arguments de Aziz Akhannouch

« C’était une réunion du bureau politique très intense, avec des discussions houleuses mais aussi beaucoup d’émotion. (…) Les camarades du bureau politique ont fini par accepter. Je pense que c’est la bonne décision. »

« C’est un moment qui n’est pas facile pour un chef de parti ».

Le président sortant du RNI confie être convaincu « qu’après deux mandats, il faut arrêter, car ce n’est pas un héritage. Je ne peux pas faire un troisième mandat ». Les statuts actuels du parti limitent en effet à deux le nombre de mandats du président.

Il évoque aussi un autre argument lié au calendrier politique. « On aurait pu penser à un prolongement de mon mandat jusqu’après les élections. Mais je ne peux pas me présenter aux élections ou guider le parti dans ces échéances alors que je sais que je veux et que je vais partir. Ce serait mentir aux citoyens. Nous avons nos chances pour remporter ces législatives, donc je préfère que le parti choisisse son nouveau président maintenant ».

Aziz Akhannouch affirme également qu’il ne se présentera pas aux prochaines élections législatives.

« Je suis serein, j’ai le sentiment du devoir accompli ».

Il s’agit aussi d’une décision personnelle, annoncée ce jour, mûrement réfléchie et arrêtée « pendant les vacances de fin d’année », selon lui.

Mais c’est aussi une décision qui rebat les cartes politiques pour les prochaines législatives et devrait produire un effet d’onde de choc dans l’ensemble du paysage politique. Une annonce inattendue, il faut le reconnaître.

Le retrait d’Aziz Akhannouch de la présidence du parti, à quelques mois des législatives, ne risque-t-il pas de fragiliser le RNI ? À cette question de Médias24, le président sortant répond : « Le parti a connu un changement structurel. Tout le monde reconnait que le RNI participe activement et dynamise la scène et la vie politique ».

« Nous avons développé les instances du parti et sa pensée. (…) Le RNI va bien, il est en excellente santé et a atteint une phase de maturité. C’est le meilleur moment pour passer le flambeau. Je suis serein, j’ai le sentiment du devoir accompli », ajoute-t-il.

Les prochaines étapes : le RNI dispose d’un mois chrono pour élire un nouveau leader

Aziz Akhannouch quittera la présidence du RNI, mais restera membre du parti et Chef du gouvernement jusqu’à la fin de son mandat. « Je vais poursuivre mes activités de chef du gouvernement sans interruption jusqu’à la fin du mandat et les priorités gouvernementales restent inchangées ».

Le RNI continuera à appuyer Akhannouch dans sa mission à la tête de l’exécutif, comme il le souligne dans le communiqué du BP publié ce dimanche : « Le Bureau politique réaffirme son soutien à Aziz Akhannouch en sa qualité de Chef du gouvernement, ainsi que son appui à la majorité gouvernementale à travers ses deux groupes parlementaires et l’ensemble de ses structures et instances, afin de permettre au gouvernement d’honorer ses engagements contractuels et de poursuivre la mise en œuvre de ses programmes jusqu’à la fin de son mandat constitutionnel ».

Le même communiqué détaille les prochaines échéances partisanes :

  • Tenue d’un congrès extraordinaire du parti au Centre des expositions de la ville d’El Jadida, le 7 février 2026, à partir de 16 heures.
  • Les candidatures à la présidence du parti seront reçues du 12 janvier 2026 au 21 janvier 2026, jusqu’à 12h30.

Le RNI a désormais la lourde tâche de trouver un nouveau président capable de mener la bataille des législatives, avec pour objectif de maintenir le parti dans la position à laquelle Aziz Akhannouch l’a placé, et la barre est haute, à savoir : arriver premier !

Les regards vont donc se tourner dans les prochains jours vers les candidats potentiels.

S’il est encore trop tôt pour avancer des noms, on sait, selon les statuts du parti, que tout candidat à la présidence du RNI doit « justifier d’au moins un mandat accompli au sein du Conseil national ».

Le RNI survivra-t-il au départ de Aziz Akhannouch de sa présidence ? Réussira-t-il le pari de trouver le bon leadership ? L’avenir nous le dira.

Personne ne peut nier qu’Aziz Akhannouch a repris un parti affaibli par l’échec cuisant de 2016 et l’a porté au sommet de la scène politique. Il a réorganisé le parti en interne, structuré ses instances et doté le RNI d’un véritable appareil.

En 2016, sur ces colonnes, nous écrivions que Aziz Akhannouch était appelé à conduire le big-bang du parti et que l’ambition de ce dernier, arrivé 4ᵉ aux dernières législatives 2016 (derrière le PJD, PAM, PI) était de concurrencer le parti de la Lampe pour lui ravir sa première place au scrutin de 2021.

Dix ans plus tard, c’est chose faite.