C’est une démonstration de force technologique et militante qu’a voulu faire le Parti de l’Istiqlal pour commémorer le 11 janvier.

En s’appuyant sur des rassemblements simultanés dans toutes les régions du Royaume et une connexion en visioconférence avec la communauté marocaine à Toulouse, le parti a revendiqué la participation de plus de 60.000 personnes.

Au cœur de cette mobilisation, le lancement officiel de la « Charte de la jeunesse du 11 janvier » placée sous le slogan « Un Maroc émergent par la volonté d’une jeunesse prometteuse ».

Dans son discours prononcé depuis la région Rabat-Salé-Kénitra, Nizar Baraka a longuement insisté sur la filiation historique de sa formation. Pour le secrétaire général, l’histoire de l’Istiqlal se confond avec celle des grandes mutations du pays : de la revendication de l’Indépendance en 1944 jusqu’à la participation à la Marche verte en 1975 et aux réformes constitutionnelles de 2011.

L’objectif de ce rappel est de démontrer que le parti, bien qu’historique, conserve une capacité de renouvellement. Baraka a ainsi affirmé que si la génération de 1944 a libéré le territoire, celle d’aujourd’hui est investie d’une mission de « transformation et de développement ».

La « Charte du 11 janvier »: un instrument pré-électoral

Le point d’orgue de cette journée a été la présentation de la « Charte du 11 janvier pour la jeunesse ». Fruit d’un processus de consultation baptisé « Forum Al Mizane des Jeunes 2.0 » et de recherches de terrain, ce document se veut un « engagement politique et moral« .

Selon les chiffres fournis par Nizar Baraka, la Charte aurait déjà recueilli plus de 17.000 signatures. Pour le leader istiqlalien, ce texte doit servir de socle à l’élaboration du programme électoral du parti spécifiquement dédié aux jeunes pour les scrutins à venir. Il s’agit de transformer les aspirations recueillies en réformes concrètes, notamment dans les secteurs névralgiques de l’éducation, de la santé, de l’emploi et du pouvoir d’achat.

Sur le terrain des réformes sociales, Nizar Baraka a adopté un ton particulièrement critique vis-à-vis de certaines pratiques économiques. Aspirant à un Maroc « à une seule vitesse », il a exprimé un rejet catégorique de « la culture de la rente, de l’avidité et de la spéculation« .

Le Secrétaire général a insisté sur la fin de l’impunité pour ceux qui « manipulent le quotidien des citoyens », appelant à un renforcement de l’égalité des chances. Cette rhétorique, axée sur la justice sociale, vise à reconquérir un électorat populaire et jeune, souvent critique envers les disparités sociales persistantes.

Alignement sur la « nouvelle ère » diplomatique

Le discours a également pris une dimension géopolitique, en se référant au discours royal du 31 octobre 2025. Nizar Baraka a qualifié cette date de « tournant majeur » dans la gestion du dossier de l’intégrité territoriale.

Il a réitéré l’engagement de son parti derrière la vision royale concernant l’application du plan d’autonomie au Sahara sous souveraineté marocaine, tout en affirmant que le parti rejette désormais toute approche politique « pré-31 octobre ».

Enfin, l’intervention a porté sur la notion de souveraineté nationale dans un sens large. Pour l’Istiqlal, le futur du Maroc dépendra de sa capacité à assurer sa sécurité dans plusieurs domaines critiques : alimentaire, énergétique, technologique et, surtout, hydrique.

En clôturant son allocution, Nizar Baraka a exhorté la jeunesse à ne plus seulement commémorer l’histoire, mais à la « fabriquer ». Une invitation qui, à travers la Charte proposée, ressemble fort à un appel à la mobilisation partisane en vue des futures batailles politiques du Royaume.