« On veut marquer l’histoire en remportant ce titre. Il nous reste deux matchs pour y parvenir. Celui de demain sera l’un des plus importants de l’histoire du football national », a déclaré le sélectionneur national Walid Regragui, lors de la conférence d’avant-match, mardi 13 janvier à Rabat.
La capitale du Royaume sera en effet le théâtre d’un choc au sommet entre le Maroc et le Nigéria, en demi-finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025, mercredi 14 janvier (21h), sur la pelouse du stade Prince Moulay Abdellah.
Un rendez-vous à ne pas manquer pour les passionnés de football, mais aussi et surtout pour les joueurs de l’EN. Et pour cause, ce n’est pas à chaque édition que l’EN atteint le dernier carré.
« Cela fait très longtemps que le Maroc n’a pas participé à une demi-finale de CAN (2004) », a d’abord souligné le sélectionneur.
« Nous sommes contents d’avoir remis le Maroc à ce niveau contre l’une des équipes les plus fortes du continent », a-t-il ajouté.
Bien que ce soit une réussite en soi au vu de l’historique du football national dans la compétition, poursuivre le chemin est non négociable pour une équipe qui rêve de soulever la Coupe une deuxième fois après le sacre de 1976.
Mais ce ne sera pas une sinécure. Car en face, « c’est leur 17e demi-finale, ce qui montre leur régularité et leur force. Ça va être une finale avant l’heure. C’est bien pour le spectacle et pour l’Afrique que les quatre équipes en demi-finale soient les meilleures du continent », a assuré le technicien marocain, qui pourra compter sur quasiment tout son groupe.
« Romain Saïss reprend l’entraînement. À part Azzedine, tout le monde est apte », a précisé Regragui, conscient de l’effet positif qu’a eu la victoire contre le Cameroun en quart de finale sur les supporters de l’EN.
« La prestation contre le Cameroun a rassuré beaucoup de monde »
« On pourrait croire qu’on est monté en puissance, mais on sait que lors des premiers tours, il y a beaucoup de paramètres à régler et des joueurs en méforme », a-t-il avancé.
« La prestation contre le Cameroun a rassuré beaucoup de monde sur le plan athlétique. Mais ça dépend aussi de l’adversaire. En tout cas, physiquement et mentalement, nous sommes bien », promet-il.
Justement, l’aspect athlétique sera l’une des clés du succès contre le Nigéria. Et ce, en dépit de l’absence du capitaine des Super Eagles, Wilfred Ndidi.
« Son absence ne va pas forcément être très handicapante pour eux, car ils ont un effectif de qualité et des joueurs qui peuvent reprendre le poste », a nuancé le sélectionneur.
« L’important », reprend-il, « c’est que nous soyons très concentrés et que nous mettions un fort impact dans les duels et dans les courses. On ne pourra pas se permettre de réitérer notre première minute contre la Tanzanie ou les quinze ou vingt minutes contre le Cameroun où nous avons trop reculé ».
« L’objectif est de ne pas permettre au Nigéria de souffler, de revenir dans le match ou de maintenir leur impact technique et athlétique », précise M. Regragui.
Une chose est sûre, cette rencontre qui s’annonce comme « une finale avant l’heure » sera un bon test, non seulement pour les Lions de l’Atlas, mais aussi pour le Nigéria, « car ils n’ont pas encore affronté une équipe comme la nôtre pour savoir ce qu’ils valent », indique-t-il.
Il s’agit donc d’un test grandeur nature pour les deux équipes. Mais aussi pour Achraf Hakimi.
« Je pense que demain, il va faire un match énorme sur le plan athlétique et technique »
« Il ne pouvait pas être au top de sa forme lorsqu’il est entré en jeu contre la Zambie ou lors de sa titularisation face à la Tanzanie et au Cameroun, où il a fait un match plus défensif qu’à son habitude », a affirmé le sélectionneur national.
Et de poursuivre : « Il fallait qu’il passe la barrière psychologique de la blessure. Il monte en puissance, même s’il a été grippé avant le match du Cameroun. Mais il a tenu 90 minutes. Ça montre le joueur qu’il est. Et je pense que demain, il va faire un match énorme sur le plan athlétique et technique ».
Une rencontre où les critiques sur l’arbitrage n’en finissent pas de planer. Des critiques que Walid Regragui a démontées.
« C’est toujours dommage d’aller là-dessus. Il y a toujours des polémiques et des critiques qui tentent de fustiger la qualité de l’arbitrage en Afrique. Mais la réalité est autre ».
Il insiste sur le fait que l’interprétation des arbitres peut différer d’un match à l’autre. Mais ce n’est pas une spécificité africaine. « Même en Europe, le même pénalty n’est pas sifflé deux fois de suite ».
Walid Regragui n’a pas hésité à remettre les pendules à l’heure en répondant aux différents détracteurs.
« Le Maroc a été lésé depuis le début de la compétition. Bilal El Khannouss a été poussé dans la surface de réparation contre le Mali et Abdessamad Ezzalzouli a également subi une faute contre le Cameroun. Mais on n’a entendu personne en parler. Et pour le pénalty contre la Tanzanie qui a suscité la polémique, il n’aurait jamais été accordé dans un championnat comme l’Angleterre, par exemple ».
« Avec mes joueurs, nous essayons de nous concentrer d’abord sur le terrain afin de gagner nos matchs. Il faut aider les arbitres en évitant les polémiques et ne pas toujours avoir cette sensation d’être lésé », a-t-il lancé, tout en insistant sur le fait qu’à ses yeux, cette édition est sans doute la meilleure de l’histoire.
« Au vu des quatre demi-finalistes, dont chaque équipe comprend un Ballon d’Or africain, c’est sans doute la CAN la plus relevée de l’histoire de la compétition. En plus, il y a un bon climat, de bons stades et une bonne organisation. C’est la meilleure publicité pour le football africain », conclut-il.
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