Les encours des OPCVM au Maroc ont atteint 801,3 MMDH à la date du 9 janvier 2026, selon les dernières données de l’ASFIM. De manière générale, cela correspond à une hausse de près de 9% par rapport au 2 janvier, date à laquelle les encours s’établissaient à 738 MMDH.
Ainsi, la fin de l’année 2025 a été marquée par des ajustements de clôture d’exercice et des opérations de repositionnement. Ces mouvements ont naturellement conduit à une contraction des encours, ramenés à 785 MMDH au 26 décembre, un phénomène visible dans plusieurs catégories d’OPCVM.
La baisse observée entre la fin de l’année et le début du mois de janvier, avec un point bas atteint le 2 janvier, s’inscrit dans ce cadre d’arbitrage et de réallocation de début d’exercice, avant un redressement rapide des encours dès la première semaine de janvier.
Des évolutions contrastées, catégorie par catégorie
– Les fonds Obligations court terme
Les fonds OCT affichent les mouvements les plus marqués sur la période. Ainsi, les encours reculent de 13,3% entre le 26 décembre et le 2 janvier, passant de 113,2 MMDH à 98,2 MMDH, soit une baisse d’environ 15 MMDH. En revanche, la dynamique s’inverse nettement lors de la première semaine de janvier, avec une hausse de 29,8%, portant les encours à 127,5 MMDH. Au total, entre fin 2025 et le 9 janvier, les OCT enregistrent une progression nette de 14,3 MMDH, soit +12,6%.
– Les OPCVM actions
De leur côté, les OPCVM actions évoluent de manière plus régulière. Les encours augmentent de 4,3% entre la fin décembre et le début janvier, de 77,2 MMDH à 80,5 MMDH, puis progressent encore de 2,2% pour atteindre 82,3 MMDH au 9 janvier. Sur l’ensemble de la période, la hausse cumulée atteint 5,1 MMDH, soit +6,6%.
– Les OPCVM contractuels
Les fonds contractuels connaissent des variations plus heurtées. Après une baisse de 11,4% entre le 26 décembre et le 2 janvier, les encours passent de 8,8 MMDH à 7,8 MMDH. Toutefois, la première semaine de janvier est marquée par un fort rebond de 32,1%, portant les encours à 10,3 MMDH. Au total, la progression s’établit à +1,5 MMDH, soit +17% sur l’ensemble de la période.
– Les OPCVM diversifiés
Les OPCVM diversifiés affichent une trajectoire plus lissée. Les encours progressent légèrement de 1,2% entre fin décembre et début janvier, de 102,7 MMDH à 103,9 MMDH, puis augmentent de 3,3% pour atteindre 107,3 MMDH au 9 janvier. Ainsi, la hausse cumulée ressort à 4,6 MMDH, soit +4,5%.
– Les OPCVM monétaires
Du côté des fonds monétaires, les ajustements sont plus visibles. Les encours reculent de 18,4% entre le 26 décembre et le 2 janvier, passant de 110,1 MMDH à 89,8 MMDH, soit une baisse de 20,3 MMDH. Ils rebondissent ensuite de 20,2% lors de la première semaine de janvier, pour s’établir à 107,9 MMDH. Malgré ce redressement, le niveau reste légèrement inférieur à celui de fin décembre, avec un écart de -2,2 MMDH, soit -2%.
– Les fonds Obligations moyen et long terme
Enfin, les OMLT enregistrent une baisse de 4,1% entre la fin de l’année et début janvier, les encours passant de 373,0 MMDH à 357,8 MMDH, soit un recul de 15,2 MMDH. La semaine suivante, ils progressent de 2,2% pour atteindre 365,8 MMDH. Sur l’ensemble de la période, les encours demeurent en léger retrait de 7,2 MMDH, soit -1,9% par rapport au 26 décembre.

Un contexte macro plus lisible, mais des arbitrages encore guidés par le risque
Les évolutions observées sur les encours des OPCVM s’inscrivent dans un environnement macroéconomique devenu plus lisible à l’issue de l’année 2025, sans pour autant faire disparaître les logiques d’arbitrage. Comme le souligne un analyste de la place, « la combinaison d’une inflation maîtrisée, d’une croissance économique résiliente et d’une politique monétaire entrée dans une phase d’assouplissement mesuré a permis aux investisseurs de mieux cadrer leurs décisions d’allocation ».
Ainsi, la transition entre la fin de 2025 et le début de 2026 ne traduit pas un changement brutal de perception du risque, mais plutôt une réallocation progressive des flux entre les différentes catégories d’OPCVM.
« Oui il y a une progression des encours sur les fonds monétaires, obligataires court terme et contractuels en début janvier. En effet, ce qui compte aujourd’hui pour les investisseurs, c’est la lisibilité du cadre monétaire. Lorsque les repères sont clairs, le marché parvient à intégrer l’information et à ajuster les prix plus sereinement. À l’inverse, l’incertitude complique les décisions d’allocation », explique notre source.
« Dans le contexte actuel, il ne s’agit pas d’un attentisme forcé, mais d’une gestion du rythme. Les investisseurs savent où ils se situent sur la courbe des taux et arbitrent en conséquence. Certains privilégient des supports de court terme pour structurer leur liquidité, d’autres commencent à ajuster progressivement leur exposition au risque, en fonction de leur horizon et de leur tolérance à la volatilité ».
« La liquidité reste abondante sur le marché et elle ne s’est pas retirée de la gestion collective. Elle circule simplement entre les différentes catégories d’OPCVM, en fonction des opportunités et des niveaux de visibilité. Cette logique d’arbitrage pourrait d’ailleurs évoluer au fil de l’année, à mesure que les investisseurs affinent leurs anticipations ».
« De l’autre côté, la progression plus modérée des OPCVM actions, diversifiés et obligataires moyen long terme montre que l’espérance de rendement reste abordée avec prudence. Les investisseurs ne désertent pas ces catégories, mais y reviennent de manière graduelle, en cohérence avec un environnement encore volatil et des incertitudes internationales persistantes. Autrement dit, la dynamique actuelle ne traduit pas un basculement massif vers le risque, mais une gestion plus fine des équilibres entre sécurité, liquidité et potentiel de rendement », estime notre analyste.
Un cadre réglementaire en mutation, appelé à renforcer la gestion collective
Au-delà du contexte macroéconomique, un facteur structurel majeur est appelé à soutenir la dynamique des OPCVM au cours des prochaines années : l’entrée en vigueur du nouveau cadre réglementaire. La réforme du régime des OPCVM introduit de nouvelles catégories de fonds et élargit le champ des stratégies accessibles, avec pour objectif de mieux répondre à la diversité des profils d’investisseurs.
Pour autant, « le déploiement effectif de ces nouveaux produits reste conditionné à l’obtention des agréments de l’AMMC. Chaque société de gestion souhaitant lancer de nouveaux OPCVM devra ainsi se conformer aux exigences réglementaires et obtenir l’autorisation préalable du régulateur. Ce processus, s’il peut étaler dans le temps la mise sur le marché des nouveaux fonds, constitue également un gage de crédibilité et de protection de l’épargne collective ».
« Ce nouveau cadre devrait contribuer, à moyen terme, à améliorer la liquidité de la gestion collective, en élargissant l’offre et en attirant de nouveaux flux, notamment institutionnels. En diversifiant les véhicules d’investissement et en renforçant la transparence, la réforme est appelée à accompagner la montée en puissance de la gestion collective d’épargne, sans rompre avec les principes de prudence qui caractérisent le marché marocain », conclut notre analyste.