D’après les informations rapportées par Axios, l’administration américaine a annoncé la formation d’un gouvernement technocratique palestinien pour assurer la gestion quotidienne de l’enclave. Ce développement intervient alors que Washington dit s’inquiéter d’un risque de reprise des hostilités en l’absence de structures de gouvernance et de sécurité pérennes.

La « phase deux » du plan, telle que décrite par l’envoyé spécial du président américain Donald Trump, Steve Witkoff, repose sur trois piliers : la démilitarisation, le retrait des troupes israéliennes et la reconstruction à long terme.

Le Maroc et l’Indonésie au cœur du dispositif sécuritaire

Le point saillant de cette nouvelle phase réside dans la création d’une force internationale de stabilisation. Selon des responsables américains cités par Axios, le Maroc et l’Indonésie devraient être les principaux contributeurs en troupes au sein de ce contingent. Cette force internationale aura pour mission de garantir la sécurité sur le terrain pendant que le processus de démilitarisation de l’enclave se met en place.

Cette sollicitation de Rabat par la Maison-Blanche souligne la confiance placée dans l’expertise du Royaume en matière de maintien de la paix. Ce volet sécuritaire est jugé crucial pour permettre le début des travaux de reconstruction, alors que la question de l’abri reste le défi majeur pour les centaines de milliers de déplacés vivant toujours sous des tentes.

Un gouvernement gazaoui formé sous l’égide régionale

L’annonce de ce gouvernement technocratique a été faite par l’Égypte, à l’issue de discussions entre les factions palestiniennes au Caire. Ce cabinet, composé uniquement de personnalités originaires de Gaza, sera dirigé par Ali Shaath, un ancien responsable des transports de l’Autorité palestinienne.

Bien que cette structure soit accueillie favorablement, des cadres palestiniens insistent sur la nécessité de maintenir un lien institutionnel avec la Cisjordanie pour éviter toute fragmentation durable du territoire.

Le rôle des médiateurs régionaux joué par l’Égypte, la Turquie et le Qatar, a été particulièrement salué par Washington dans les étapes ayant conduit à cette transition. L’administration américaine estime par ailleurs que le contexte régional actuel pourrait affaiblir les soutiens extérieurs aux groupes armés locaux, facilitant ainsi la mise en œuvre de la démilitarisation prévue dans cette phase.

Prochaines étapes : Davos et le Conseil de la Paix

La supervision de ce processus sera assurée par un « Conseil de la Paix » présidé par Donald Trump. Selon des sources diplomatiques mentionnées par Axios, la première réunion de cette instance devrait se tenir la semaine prochaine en marge du Forum économique mondial de Davos.

Sur le terrain, la coordination entre la nouvelle administration technocratique et les forces internationales sera pilotée par Nikolay Mladenov, ancien envoyé de l’ONU, qui agira en tant que représentant du Conseil de la Paix.

Si le rétablissement de l’aide alimentaire est désormais considéré comme acquis, la réussite de cette seconde phase dépendra de la capacité de la force multinationale, incluant le contingent marocain, à instaurer un climat de sécurité suffisant pour engager les chantiers de reconstruction qui s’annoncent longs de plusieurs années.