L’émotion était palpable chez le sélectionneur des Lions de l’Atlas. “Cela fait plus de vingt ans que nous n’avions pas atteint la finale d’une CAN”, a rappelé Walid Regragui, avant de dédier cette qualification au Roi Mohammed VI.

“Il nous a envoyé un message avant le match. Cela a énormément motivé les joueurs”, a-t-il confié, soulignant l’impact psychologique de ce soutien sur un groupe déjà très soudé.

Pour le sélectionneur, cette finale représente bien plus qu’un simple résultat sportif. “Être aujourd’hui en finale de la Coupe d’Afrique chez nous, c’est un beau cadeau pour le public marocain, qui a tellement souffert”.

Un combat tactique et mental face à un adversaire redoutable

Face à un Nigeria solide, athlétique et expérimenté, Regragui a insisté sur la difficulté du rendez-vous. “C’était un match très difficile face à une équipe solide, tactiquement bien en place. Tout s’est joué sur des détails et sur le mental”.

Le sélectionneur a rappelé que son équipe affrontait une sélection qui avait inscrit quatorze buts depuis le début du tournoi. “Aujourd’hui, ils n’ont tiré qu’une seule fois cadrée face à nous. Cela montre notre niveau d’organisation”.

L’image utilisée par Regragui résume parfaitement le scénario de la rencontre : “C’était un match de boxe entre deux poids lourds. Il y a des temps forts, des temps faibles. Ils ont essayé de frapper au départ, on a été patients. Puis on a frappé à notre tour”.

Un plan de jeu clair pour neutraliser le Nigeria

Sans entrer dans tous les détails, Walid Regragui a néanmoins levé le voile sur les grandes lignes de son plan tactique. “L’idée était avant tout de bloquer leur jeu axial, notamment Lookman et Osimhen, et de les orienter vers les côtés”.

Le rôle de Saibari et d’El Khannouss a été central. “Ils devaient fermer les angles de passe à l’intérieur et obliger l’adversaire à jouer sur les côtés, puis effectuer des replacements à haute intensité”.

Une stratégie énergivore, assumée. “On a mis beaucoup de débauche d’énergie. Ayoub El Kaâbi a énormément travaillé aussi. Mais dès lors que le Nigeria faisait circuler le ballon dans son camp, on savait qu’on n’était pas en danger”.

Mazraoui, Hakimi et une défense collective assumée

Très offensif sur la question de la défense, souvent critiquée, Regragui a tenu à remettre certaines choses en perspective. “La défense, ce n’est pas seulement les deux centraux. Le premier défenseur, c’est l’attaquant”.

Il a salué l’état d’esprit de joueurs comme Ayoub El Kaabi, Brahim Diaz ou encore Youssef En-Nesyri, tous impliqués défensivement. “Quand ton attaquant défend comme ça, toute l’équipe suit”.

Le sélectionneur a également tenu à mettre en lumière certains joueurs parfois sous-estimés. “Quand on voit Mazraoui aujourd’hui… quel joueur! Dans l’état d’esprit, dans les duels, tactiquement. Il faut lui tirer le chapeau”.

Bounou décisif, le public en fusion

Héros de la séance des tirs au but, Yassine Bounou a rendu hommage au public marocain. “Je veux remercier le public qui a mis une superbe ambiance. Les joueurs ont tout donné face à un adversaire difficile”.

Sur les penalties, le portier marocain a expliqué son approche. “Nous avions préparé la séance, mais il a aussi fallu s’appuyer sur mon intuition et sur un brin de réussite”.

Regragui n’a pas manqué de souligner cet avantage à domicile. “Aujourd’hui, on a joué à douze. Avec plus de quatre-vingt mille supporters, c’est très difficile pour l’adversaire”.

Pas de revanche, mais une conviction assumée

Interrogé sur une éventuelle revanche personnelle face aux critiques, Walid Regragui a balayé l’idée. “Ce n’est pas une revanche. Je n’ai pas de rancœur. Le plus important, c’est que le Maroc soit en finale”.

Le sélectionneur préfère y voir un moteur. “Peut-être que ces critiques m’ont aidé à rester concentré, à faire évoluer certaines choses. Finalement, je les en remercie”.

Cap sur la finale face au Sénégal

La qualification acquise après cent vingt minutes de jeu impose désormais une récupération express. “Dès ce soir, la récupération commence. Physique et mentale”, a insisté Regragui, saluant le travail du staff médical et technique.

Concernant la finale face au Sénégal, le sélectionneur s’attend à un immense défi. “C’est une autre équipe, un autre style, avec beaucoup d’appels dans l’espace. Il faudra être très costaud, avec le même état d’esprit”.

Pour Regragui, l’affiche est à la hauteur de l’événement. “C’est une finale incroyable entre les deux meilleures équipes d’Afrique de ces dernières années. Cinquante-cinquante. Inshallah, avec notre public, on fera l’histoire”.