“Disputer une finale de Coupe d’Afrique des nations à domicile est le rêve de tout entraîneur et joueur”, a d’emblée affirmé le sélectionneur national, Walid Regragui, en conférence de presse ce samedi 17 janvier, à un peu plus de 24 h de la finale opposant le Maroc au Sénégal à Rabat, dimanche 18 janvier.

Un rêve qui ne date pas d’hier. “Depuis l’élimination en huitième de finale de la dernière CAN, nous avons l’objectif d’atteindre ce stade de la compétition et on espère être à la hauteur pour entrer dans l’histoire et rendre heureux nos supporters”, a-t-il précisé.

“On sait que c’est quelque chose d’important pour le pays et pour le peuple marocain”, complète Eliasse Ben Seghir. Il s’en est encore plus rendu compte après la séance de penalty victorieuse contre le Nigéria en demi-finale.

“Lorsque j’ai vu les vétérans de la sélection pleurer après la qualification en finale, on se rend compte que c’est quelque chose d’important. Surtout qu’ils ont eu par le passé des moments difficiles avec ce maillot”, raconte-t-il.

Justement, Walid Regragui ne se trompe pas en soulignant la gestion des émotions comme l’une des clés de ce match. “Nous sommes à la maison et donc nous avons une pression sur les épaules. Il faut donc arriver à gérer nos émotions”.

Le sélectionneur national a cité le huitième de finale contre la Tanzanie comme un contre-exemple. “On a vu que la pression peut nous faire déjouer, comme lors des 25 premières minutes disputées face à la Tanzanie”.

“Mais derrière”, reprend-il, “on a vite corrigé le tir, que ce soit contre le Cameroun ou le Nigéria. Les joueurs ont compris qu’il fallait se relâcher. C’est l’état d’esprit que nous devons adopter face au Sénégal”.

« Il paraît qu’on était montés à 100 dB dans le stade, j’espère atteindre les 200 cette fois », Walid Regragui

Cette dernière marche sera donc la plus difficile contre une des meilleures équipes en Afrique et dans le monde.

En outre, c’est une sélection habituée à naviguer à ce niveau. “Ils ont disputé trois finales lors des quatre dernières éditions”, souligne M. Regragui.

Le Sénégal est en confiance malgré les critiques qui ont accompagné son parcours, un peu à l’image du Maroc. À ce titre, Walid Regragui a insisté sur l’importance qu’aura le public dans l’issue de la rencontre.

“Ça va être une belle finale qui se jouera sur des détails. C’est du 50-50. On aura peut-être un léger avantage si le public est au rendez-vous, comme en demi et en quart. Il paraît qu’on était monté à 100 dB dans le stade, j’espère atteindre les 200 cette fois. Mais en tout cas, ce ne sera facile ni pour eux ni pour nous”, avance-t-il.

Sur le plan athlétique, “nous aurons une demi-heure de plus dans les jambes par rapport aux Sénégalais. Mais on ne va pas se cacher derrière ça. On a un effectif de qualité et, malgré la fatigue, personne ne va lâcher mentalement car tout le groupe veut marquer l’histoire”, promet le sélectionneur.

Pour y parvenir, le Maroc s’appuiera sur une défense quasiment infranchissable, qui n’a concédé qu’un but et deux tirs cadrés sur cinq depuis le début de la compétition, dont un penalty.

“On est bien organisés certes, mais il y a un très bon état d’esprit. Tout le monde est concerné par la récupération du ballon afin d’éviter de laisser des opportunités en transition”, indique-t-il.

“Et à partir du moment où même les joueurs offensifs, pétris de talent, comprennent l’importance d’être impliqués dans les tâches défensives, alors les adversaires ont moins de cartouches”, a-t-il ajouté.

Contrôler les courses dans les demi-espaces sera l’une des clés du match. “Le Sénégal sera sans doute plus dangereux s’il nous laisse le ballon, mais peut-être que l’orgueil les amènera à faire le jeu”, pense Walid Regragui.

« Le Sénégal possède des joueurs qui peuvent faire la différence à tout moment », Walid Regragui

En face, Sadio Mané fait une CAN extraordinaire. Jackson est également en confiance et “Iliman Ndiaye percute beaucoup et risque de nous mettre dans le dur. Ce sont des joueurs qui peuvent faire la différence à tout moment”, prévient-il.

Le technicien marocain n’hésite pas non plus à utiliser sa propre expérience pour motiver son groupe.

“Comme j’ai dit aux joueurs, j’ai perdu une finale en 2004, aujourd’hui j’ai 50 ans et je suis sur le banc. Je leur ai dit que s’ils ne voulaient pas attendre plus de 20 ans pour avoir la chance de gagner une nouvelle finale, il faut remporter celle de demain”.

En tout cas, le sélectionneur assure que ses joueurs évolueront au même niveau d’intensité et de concentration que lors des tours précédents. Et il demande de ne pas verser dans le pessimisme en cas de contre-performance.

“Si l’on pense que c’est une opportunité à ne pas manquer, alors cela veut dire que nous n’avons pas l’ambition de jouer plusieurs finales de la CAN à l’avenir”, explique-t-il.

“Mais depuis que j’ai pris la sélection, j’essaie de changer cette mentalité en insistant sur le fait que nous devons avoir des aspérités élevées et pas uniquement pour cette édition. Il faut instaurer une régularité au très haut niveau”.

Par ailleurs, l’arbitrage n’est pas un sujet pour les Lions de l’Atlas. “Je dis souvent aux joueurs que cet aspect du jeu ne doit pas polluer notre esprit. De toute façon, dans le monde entier, il y a des débats sur l’arbitrage après chaque match”.

“C’est pour cela qu’il faut faire confiance aux compétences africaines et ne pas penser à ramener des arbitres étrangers pour officier lors de la CAN. L’Afrique est un continent qui avance et il s’agit de ne pas revenir en arrière et de continuer à travailler”, conclut-il.

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