Au Maroc, le cadre macroéconomique offre un socle solide pour aborder 2026. La croissance enregistrée en 2025, estimée à 4,5%, s’inscrit dans un environnement marqué par une inflation contenue et une politique monétaire accommodante. Cette configuration soutient la demande intérieure, stimule l’investissement et renforce la visibilité des acteurs économiques.
Visiblement, le cycle engagé dépasse la simple phase de rattrapage. Il s’appuie sur des moteurs désormais bien installés, au premier rang desquels figurent le tourisme, l’investissement public et la reprise de secteurs stratégiques. La CAN 2025 a joué un rôle d’accélérateur, tant sur le plan des flux touristiques que sur celui des infrastructures, contribuant à renforcer l’attractivité du pays à moyen terme.
Par ailleurs, CIH Capital Management met en lumière les tensions sociales et le creusement du déficit commercial comme des éléments constitutifs de cette dynamique.
L’augmentation des importations accompagne naturellement la vigueur de la consommation et de l’investissement. Ces déséquilibres soulignent l’importance accordée à la diversification de l’économie et au renforcement de la compétitivité des exportations, axes au cœur des partenariats bilatéraux récemment engagés.
Marché actions : une dynamique constructive, dominée par la sélectivité
Sur le marché actions, la trajectoire reste orientée à la hausse après la phase de consolidation observée fin 2025. La progression attendue de la masse bénéficiaire constitue le principal moteur de cette dynamique. À cela s’ajoute le dynamisme des opérations financières, avec des introductions en Bourse et des augmentations de capital qui alimentent la profondeur et l’attractivité du marché.
Dans ce contexte, la note insiste sur l’importance de la sélectivité. Les niveaux de valorisation atteints placent la qualité des fondamentaux au cœur de la création de valeur.
Les entreprises capables de délivrer une croissance régulière des résultats et une bonne visibilité opérationnelle concentrent l’essentiel du potentiel de performance. Les écarts entre valeurs tendent ainsi à se creuser, renforçant le caractère discriminant du marché.
Marché obligataire : une lecture en deux temps
Sur le segment obligataire, le début d’année s’inscrit dans un environnement marqué par les besoins de financement du Trésor et par la capacité du marché à absorber les émissions. Cette configuration exerce une pression sur les maturités moyennes et longues au cours des premières séances.
Sur l’ensemble de l’année, la note anticipe un rééquilibrage progressif, à mesure que les financements alternatifs se concrétisent. La perspective d’une baisse du taux directeur en milieu d’année constitue un facteur de soutien supplémentaire. Dans ce cadre, la dette privée conserve un positionnement attractif, offrant un couple rendement-risque jugé favorable dans un environnement de risque de crédit maîtrisé.
International : un régime de marché façonné par les choix politiques
À l’international, l’année 2025 marque une inflexion nette dans la dynamique des marchés financiers. Les décisions politiques occupent désormais une place centrale dans la formation des trajectoires économiques et financières. Budgets, politiques industrielles et orientations commerciales influencent directement les anticipations des investisseurs.
Aux États-Unis, la mise en œuvre d’un plan de soutien à l’investissement domestique, combinée à une orientation protectionniste affirmée, a renforcé la visibilité des entreprises dépendantes de la demande intérieure. Cette stratégie s’accompagne d’effets sur l’inflation et sur les marges des entreprises exposées aux échanges internationaux, éléments pleinement intégrés par les marchés. La Réserve fédérale adapte sa posture en tenant compte de ces paramètres politiques dans ses décisions.
En Europe, la croissance évolue dans un cadre plus contraint. Le retour de la discipline budgétaire coexiste avec des besoins de financement importants liés à la transition énergétique, à la défense et à la compétitivité industrielle. L’absence de plan de relance coordonné à l’échelle européenne renforce la dépendance du continent aux décisions prises par ses principaux partenaires commerciaux. La stratégie américaine, conjuguée à celle de la Chine, place l’Europe face à des arbitrages industriels structurants.
Stratégie d’allocation : la sélectivité comme fil conducteur
Dans cet environnement, les marchés financiers intègrent durablement une prime de risque politique, visible dans les valorisations comme dans les stratégies d’investissement. La note souligne que la compréhension des orientations politiques devient un facteur clé de performance, au même titre que l’analyse financière traditionnelle.
La stratégie préconisée pour 2026 s’oriente vers une allocation « risk on », privilégiant les émetteurs privés et les multinationales, dont l’exposition au risque souverain apparaît plus limitée. La performance repose avant tout sur la capacité à identifier les entreprises aptes à évoluer dans un monde fragmenté, marqué par des niveaux de valorisation élevés aux États-Unis et par des équilibres plus fragiles en Europe.
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