Selon des informations rapportées par le média digital français Euractiv, les États membres de l’Union européenne ont donné leur aval à la Commission pour l’ouverture de négociations avec Rabat en vue d’un nouvel accord de pêche.

Le contentieux juridique repose sur le statut des provinces du sud du Royaume. La Cour de justice de l’Union européenne avait en octobre 2024 confirmé l’annulation des accords commerciaux UE-Maroc de 2019. Cette décision, largement rejetée par les pays de l’union européenne, fut justifiée par un « manque de consentement explicite du peuple sahraoui, pourtant essentiel pour leur validité ».

En octobre 2024, la Commission a procédé  à une modification de l’accord agricole afin de le mettre en conformité avec les exigences de la CJUE. Le nouveau mandat délivré par les États membres autorise désormais l’exécutif européen à négocier à la fois un accord de partenariat pour la pêche durable et un protocole d’application pour l’accès des navires aux eaux marocaines.

Depuis l’expiration du dernier protocole en 2023, les navires de l’Union européenne n’ont plus accès aux zones de pêche marocaines. Cette interruption est d’autant plus significative que, selon les rapports de l’Union, plus de 90 % des captures effectuées sous l’ancien régime l’étaient dans les eaux bordant le Sahara marocain.

L’absence d’accord actuel contraint les flottes européennes à chercher des zones alternatives, une démarche rendue difficile par la réduction globale des possibilités de pêche dans les eaux internationales.

Le groupement Europêche, qui représente les intérêts des pêcheurs européens, souligne l’urgence d’aboutir à un nouveau cadre de coopération avec le Maroc. L’organisation professionnelle considère cet accord comme essentiel pour sortir de l’impasse actuelle, particulièrement dans un environnement où les zones d’accès réglementées se raréfient.

Pour les opérateurs européens, le retour dans les eaux marocaines constitue une nécessité économique face à la concurrence croissante des flottes de pays tiers et à la diminution des accès dans d’autres régions maritimes.