Ce dimanche 18 janvier au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat, les Lions de l’Atlas doivent renverser le Sénégal, en finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025 afin d’offrir au Maroc une deuxième CAN après l’édition 1976.

Ce sont des journées que l’on aimerait retenir et, en même temps, voir filer, tant elles donnent une autre mesure du temps et nous rapprochent d’une sensation d’excitation que l’on n’a plus connue depuis plus de vingt ans, et la finale perdue à Radès en 2004.

Au lieu de tenter sans cesse de se souvenir de la dernière fois que l’équipe nationale a failli gagner quelque chose, à une époque où nous avions plus de cheveux et moins de rides, il s’agit d’écrire une nouvelle page d’histoire, qui porte cette fois davantage de joie que de déception.

L’équipe nationale dispute la finale de la CAN 2025, ce soir, et c’est comme si tout recommençait. Les rues sont de nouveau envahies par le bonheur et l’écume d’une vague rouge et verte.

Un furia populaire et des tranches de mémoires qui remontent à la surface et disent qu’il n’y a qu’une seule manière de vivre ces moments-là, en levant les bras et un trophée magnifiquement encombrant.

Personne n’ignore que c’est la seule manière de ne pas s’enfoncer dans une nuit baignée de regrets et de larmes de tristesse.

Le Maroc a ressorti des tiroirs la bonne vieille recette du Mondial 2022

Quelques jours après avoir fait chuter le Nigéria, l’un des favoris de la compétition, les Lions de l’Atlas doivent à nouveau se hisser à des hauteurs qu’ils n’ont plus visitées depuis des lustres, pour repousser le Sénégal et remporter ce qu’ils ont eux-mêmes désigné comme le match d’une vie.

« Disputer une finale de Coupe d’Afrique à domicile est le rêve de tout entraîneur et de tout joueur », a admis le sélectionneur national, Walid Regragui, en conférence de presse.

Par-delà la prolongation en plus dans les jambes, il est impossible pour les Lions de la Teranga d’ignorer la force qui accompagne leurs adversaires et tout ce que les Lions de l’Atlas ont vécu depuis l’élimination en huitième de finale de la précédente CAN.

Il leur fallait écarter les fantômes de cette désillusion et supporter les critiques sur une prétendue piètre qualité de jeu, sans jamais rompre. Accepter que l’on doute d’eux, après les avoir vus si beaux et les avoir portés si haut.

Mission réussie. Car dans cette CAN, dont le niveau technique et spectaculaire a été souvent renversant, sous l’effet conjugué de la fraîcheur des acteurs en milieu de saison et du très bon état des pelouses, ainsi que d’une compétition élargie à des pays sachant mieux attaquer que défendre, le Maroc atteint la finale face au Sénégal, une affiche qui était d’emblée plus que probable.

« C’est une bonne chose pour le football africain que les deux meilleures équipes du continent se rencontrent à ce stade de la compétition », s’est réjoui le technicien marocain.

En face, le Sénégal a atteint sa 4e finale de la CAN en étant mené au score moins d’une demi-heure cumulée. Les Sénégalais sont invaincus.

À l’image du Maroc, qui a ressorti des tiroirs la bonne vieille recette du Mondial 2022 dès le lancement de la phase à élimination directe, où sa discipline et sa force collective l’a menée plus loin que son panache.

La force de l’équipe nationale tient en grande partie au fait que c’est une équipe

En tout cas, les hommes de Walid Regragui n’auront pas seulement à maîtriser l’événement, une donnée majeure des jours de finale.

Il leur faudra contrôler Sadio Mané et les zones d’où viennent les centres en retrait, jusqu’à ces tentatives lointaines dont raffolent les Sénégalais, en particulier Pap Gueye.

Et malgré l’absence de Kalidou Koulibaly, blessé et suspendu, il leur faudra faire le tour du bloc défensif des Lions de la Teranga qui n’ont encaissé que deux pions jusqu’ici.

Mais si l’équipe nationale reste, en partie, un mystère, sa force tient dans le fait que c’est justement une équipe.

Elle n’a certes pas livré de match totalement abouti dans le jeu, son style est peu définissable mais c’est comme si elle n’en avait pas besoin pour s’élever.

Comme si sa force collective compensait ses manques, comme si sa manière de respecter le jeu et l’adversaire la rapprochait indéniablement d’une grande victoire.

Le mérite en revient aux joueurs mais aussi au staff qui en prend soin, dirigé par un sélectionneur qui a parfaitement géré le retour de blessure d’Achraf Hakimi.

Walid Regragui a surtout su reconstruire un milieu de terrain en raison de la cheville en vrac de Sofyan Amrabat puis du forfait de Azzedine Ounahi.

Il a fini par trouver une équipe, et par s’y tenir, en donnant les clés et sa liberté à l’homme qu’il avait mis sur le banc lors du premier match de la compétition, à l’instar d’Adam Masina, Ayoub El Kaabi et Bilal El Khannouss.

Brahim Diaz a inscrit cinq buts, déjà, dans cette CAN. Alors même que Neil El Aynaoui a fait le beau sacrifice de la lumière pour se tourner vers la simplicité et le don de soi dans une position plus basse.

Le sentiment est fort que, pour gagner une telle finale, il faut beaucoup de sueur et un peu de magie.

Des ingrédients que les Lions de l’Atlas ont su combiner tout au long de la compétition. Et bien que la journée s’annonce longue, on espère surtout qu’elle se terminera en apothéose.

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