La défaite du Maroc face au Sénégal (0-1) en Coupe d’Afrique des nations 2025, le dimanche 18 janvier à Rabat, est multifactorielle. Elle symbolise toutes les carences d’une équipe qui a payé la note de ses errements en une fois. Au plus mauvais moment.
Avant que nous nous penchions sur les raisons tactiques et stratégiques de cette défaite, il convient de noter que les Lions de l’Atlas ont également péché sur le plan physique. Ce qui n’est pas totalement surprenant.
Et pour cause, depuis les huitièmes de finale, le Maroc a enchaîné quatre rencontres à haute intensité en moins de deux semaines, avec le même Onze.
Ce pari risqué et perdu est une pierre dans le jardin du sélectionneur national Walid Regragui et interroge sur la gestion du groupe, son choix des 26 sélectionnés, dont plusieurs revenaient de blessures tandis que d’autres se sont blessés pendant la compétition.
L’usure physique a pesé, notamment sur les courses de pressing que les milieux offensifs devaient effectuer pour soutenir Ayoub El Kaabi, face à la construction sénégalaise à trois derrière.
Le Maroc s’appuie généralement sur un pressing efficace pour perturber la construction adverse. Face au Sénégal, ce point fort s’est transformé en faiblesse.

Un pressing marocain inopérant
Les milieux marocains n’ont pas toujours réussi à sortir pour soutenir El Kaabi, laissant le Sénégal progresser avec des solutions faciles.
Alors que de l’autre côté du terrain, les difficultés éprouvées par les Lions de l’Atlas dans la relance ont empêché la progression du jeu dans des zones avancées et ont réduit considérablement l’influence de Brahim Diaz.

Tout simplement parce que la pression sénégalaise, elle, a été beaucoup plus efficace. L’axe central a été fermé et la relance des Lions de l’Atlas, notamment celle de Nayef Aguerd, défenseur central droit alors qu’il est gaucher, a été orientée sur des positions inconfortables. Cette stratégie a ainsi limité les options marocaines.
Des espaces derrière la première ligne de pression
Revenons aux lacunes dans le pressing marocain. Comme le bloc de l’équipe nationale n’était pas compact, car la ligne défensive était un peu trop éloignée de celle du milieu de terrain, à chaque fois que les milieux relayeurs (Saibari et El Khannouss) sortaient pour presser la ligne de trois sénégalaise, un espace se libérait dans des zones dangereuses.

Ces zones n’étaient pas sur les lignes de touche ni dans le cœur du jeu, mais entre les deux, dans les zones médianes où le meilleur joueur sénégalais, Sadio Mané, a pu évoluer tranquillement, libre de tout marquage.
Ce positionnement a permis au Sénégal de créer des situations dangereuses, de combiner dans les intervalles et d’exploiter les décalages laissés par le bloc marocain, notamment derrière les latéraux ou au niveau des milieux épuisés par les courses incessantes.

D’ailleurs, sur le but de la victoire du Sénégal, on remarque un manque de couverture flagrant et une balance offensive extrêmement déséquilibrée. Le tout agrémenté d’une absence de repli.
Achraf Hakimi a bien tenté de perturber la course de Pep Gueye, mais le latéral marocain a étrangement perdu son duel. C’est comme s’il avait eu peur de s’engager complètement. On peut le comprendre, car il se relève d’une blessure.


Mais il est beaucoup plus difficile de ne pas en vouloir à Walid Regragui qui a trop misé sur un joueur pas au top de sa forme.

Vous l’aurez compris, au-delà de l’inefficacité chronique illustrée par la prestation ratée d’Ayoub El Kaabi, la finale de la CAN 2025 perdue par le Maroc a révélé plusieurs limites du plan de jeu marocain :
- une incapacité à répliquer au pressing sénégalais ;
- des pertes de balle dans des moments clés, dues à des orientations défensives et des relances imprécises ;
- une usure physique des milieux, qui ont peiné à soutenir les courses de pressing à haute intensité ;
- une défense exposée dans certaines zones médianes, faute de couverture rapide des espaces libérés.
Ces facteurs combinés ont permis au Sénégal de trouver les solutions nécessaires pour s’imposer et de concrétiser ses opportunités malgré un match serré.
En résumé, la défaite du Maroc en finale de la CAN 2025 n’est pas le fruit du hasard. Elle reflète un ensemble de limites tactiques, physiques et des choix stratégiques du staff.