Les taux de crédit immobilier au Maroc abordent l’année 2026 dans un contexte plus apaisé, après une période marquée par des ajustements notables des conditions de financement.
Sur un marché où la politique monétaire est désormais plus prévisible et où la concurrence bancaire reste active, les niveaux pratiqués semblent s’inscrire dans une phase de stabilisation.
Dans les faits, l’accès au financement immobilier demeure globalement favorable, mais continue de varier sensiblement selon les profils des emprunteurs, la durée des crédits et les exigences en matière d’apport. Derrière cette dynamique, les banques maintiennent une approche différenciée, reflet de leurs politiques commerciales et de leur appréciation du risque.
Quels niveaux de taux sont aujourd’hui observés sur le marché ? Quelles conditions s’appliquent selon les profils et les durées ?
Pour en savoir plus, le fondateur du baromètre d’Afdal.ma, dresse un état des lieux du crédit immobilier en ce début de 2026. Cette lecture s’appuie sur les données agrégées auprès des banques et établissements de paiement partenaires de la plateforme, à partir de leurs grilles de conditions effectivement pratiquées selon les profils des emprunteurs, les durées de financement et les montants empruntés.
Des taux stabilisés à des niveaux attractifs
« Depuis le second semestre 2025, les taux de crédit immobilier se sont stabilisés et se maintiennent en ce début de 2026 », observe Bachir Benslimane, fondateur d’afdal.ma.
Dans le détail, les crédits de courte durée, sur des maturités allant de 0 à 7 ans, s’affichent à 4,1%. Les financements de 7 à 15 ans se négocient autour de 4,25%. Quant aux prêts de longue durée, compris entre 15 et 25 ans et majoritairement utilisés pour l’acquisition d’une résidence principale, ils s’établissent à 4,35%.
« Ces niveaux reflètent l’impact de la détente monétaire opérée par Bank Al-Maghrib, avec un taux directeur ramené à 2,25%, et figurent parmi les conditions les plus compétitives observées ces dernières années sur le marché du crédit immobilier ».
Des écarts persistants selon le profil
Si les taux de référence apparaissent stabilisés, les conditions réellement accordées continuent toutefois de varier selon le profil de l’emprunteur. Sur un crédit immobilier de 25 ans, hors dérogation, les salariés du secteur privé ou public obtiennent généralement des taux autour de 4,6%.
Les professions libérales se situent, pour leur part, dans une fourchette comprise entre 4,65% et 4,75%, en fonction de la stabilité et de la régularité de leur activité. Les chefs d’entreprise font face à des conditions plus exigeantes, avec des taux avoisinant 4,9%.
Apport personnel : des exigences toujours contrastées
Les politiques d’apport demeurent très variables d’un profil à l’autre. Les salariés et les retraités bénéficient des conditions les plus favorables, aucun apport n’étant exigé. Les emprunteurs de moins de 35 ans peuvent, dans certains cas, accéder à des financements couvrant jusqu’à 110% de la quotité.
Les professions libérales disposant d’une activité jugée stable, notamment les médecins, notaires ou architectes, peuvent obtenir des financements à 100%. En revanche, les autres profils doivent généralement prévoir un apport compris entre 10% et 20%.
Les chefs d’entreprise sont soumis à des exigences plus strictes, avec des apports demandés allant de 20% à 30%. Pour les Marocains résidant à l’étranger, l’apport est systématique. Il se situe le plus souvent entre 10% et 30%, et peut atteindre 50% selon les établissements.
Taux d’endettement : un plafond lié au revenu
Selon la même source, le taux d’endettement autorisé reste étroitement indexé sur le niveau de revenu. Jusqu’à 20.000 DH de revenus mensuels, le plafond est fixé à 45%. Au-delà, il est porté à 50%. Certaines banques acceptent toutefois d’aller jusqu’à 55% pour les revenus supérieurs à 60.000 DH, sous réserve de conditions spécifiques.
Assurance emprunteur : un levier d’économie
Souvent reléguée au second plan, l’assurance décès-invalidité pèse pourtant de manière significative sur le coût total du crédit. Sur le marché, le taux moyen s’établit autour de 0,43% du capital emprunté. Des offres plus compétitives existent néanmoins. Pour les emprunteurs de moins de 35 ans, des contrats à 0,35% peuvent être proposés, générant une économie sensible sur la durée du prêt.
Ce qui se dessine pour 2026
« À ce stade, les conditions de financement devraient rester globalement favorables aux emprunteurs. La politique monétaire ne laisse pas présager de remontée des taux à court terme, tandis que la concurrence entre les établissements continue de peser sur les conditions proposées ».
« L’année 2026 s’inscrit ainsi davantage dans une phase de stabilisation que de rupture. Pour les candidats à l’accession, l’enjeu réside moins dans l’évolution immédiate des taux que dans l’optimisation des conditions globales du financement, en tenant compte des profils, des durées et des coûts annexes », conclut Bachir Benslimane.
https://medias24.com/2025/09/16/credit-immobilier-les-taux-sur-25-ans-reculent-a-435-en-septembre-2025/