L’année 2026 à la Bourse de Casablanca s’annonce avec une vision désormais claire du côté des analystes : la sélectivité. Après deux exercices marqués par une forte expansion du marché, les arbitrages deviennent plus fins. Il est donc essentiel de bien choisir sa stratégie d’investissement.

Dans ce contexte, mettons le point sur LafargeHolcim Maroc. Comment se comporte aujourd’hui le titre en bourse ? Jusqu’où peut-il aller dans l’environnement actuel ? Et surtout, quels sont les principaux points forts, mais aussi les risques à avoir en tête ?

En bourse, une trajectoire qui se précise

En bourse, LafargeHolcim Maroc reste l’une des grandes capitalisations du marché. Au 19 janvier, le titre évolue autour de 1.807 DH, pour une capitalisation boursière de plus de 42 milliards de DH. Le flottant, estimé à près de 35%, assure une liquidité correcte tout en maintenant le statut de valeur lourde du marché.

Il faut rappeler que sur l’ensemble de l’année 2025, le titre a reculé de 4,9%. Néanmoins, depuis le début de l’année 2026, il enregistre une progression proche de 2%.

« Par ailleurs, cette évolution renvoie davantage à une phase de stabilisation qu’à un mouvement de rattrapage rapide. Le titre s’inscrit dans une logique de construction progressive, où le marché affine peu à peu sa lecture du potentiel », commente un analyste de la place.

Dans ce cadre, BKGR recommande l’achat du titre et situe le cours objectif autour de 2.419 DH. Ce qui fait ressortir un potentiel d’appréciation de 31,5% par rapport au cours de référence de fin décembre 2025 (1.840 DH).

Dans ce cadre, BKGR recommande l’achat du titre et situe le cours objectif autour de 2.419 DH Par ailleurs, la société de recherche a intégré LafargeHolcim Maroc parmi ses valeurs retenues pour 2026.

D’un point de vue secteur, à fin décembre 2025, les livraisons nationales de ciment atteignent près de 14,8 millions de tonnes, en hausse de 8,2% par rapport à 2024. Ce chiffre donne le ton du secteur cimentier. Il montre un marché qui retrouve de la traction sur l’ensemble de l’année, porté par l’activité immobilière et les projets d’infrastructures.

Pour un acteur comme LafargeHolcim Maroc, directement exposé à la demande domestique, cette évolution constitue un socle de volumes qui pèse dans la lecture du titre en bourse et dans les anticipations des analystes pour la suite du cycle.

Valorisation, points forts et zones de risque

Sur le plan de la valorisation, LafargeHolcim Maroc affiche des niveaux jugés attractifs par rapport au marché. « À horizon 2026, le titre se traite sur un P/E autour de 19x, inférieur à celui du marché marocain, estimé à environ 20,6x. Cet écart reflète un potentiel de réajustement progressif, à mesure que les fondamentaux se confirment », explique un analyste de la place.

Le rendement accompagne cette lecture, avec un dividend yield attendu autour de 4,5% en 2026, soutenu par une politique de distribution stable. Du côté des points forts, les analystes mettent en avant plusieurs leviers structurants. « LafargeHolcim bénéficie d’un leadership territorial solide, avec une présence couvrant l’ensemble des régions du Royaume, ce qui lui permet de capter des dynamiques de croissance locales ».

À cela s’ajoute un positionnement différenciant sur le plan industriel. « Le groupe occupe une place pionnière sur le ciment vert, avec un recours accru aux énergies renouvelables. Cela lui permet de préserver, voire de renforcer ses marges, dans un secteur pourtant cyclique« .

La visibilité sur la demande constitue également un soutien important. « La reprise attendue de l’immobilier, qui représente plus de 70% de la consommation nationale de ciment, combinée à l’accélération des projets d’infrastructures liés aux grands chantiers à l’horizon 2030, offre un socle de volumes relativement lisible à moyen terme ».

Néanmoins, certains points de vigilance restent clairement identifiés. « Le niveau d’endettement, estimé à près de 4,8 MMDH à fin septembre 2025, continue de limiter la flexibilité financière du groupe, notamment en matière d’augmentation des dividendes ».

« La forte corrélation avec l’activité immobilière accroît la sensibilité du groupe aux retournements de cycle ». Par ailleurs, la diversification reste limitée. « La présence plus modeste dans le béton, les granulats et le mortier restreint la contribution de ces activités au chiffre d’affaires global ».

Enfin, « la volatilité des coûts des intrants, la faible compétitivité à l’export et une concurrence intense, notamment dans le centre du pays, maintiennent une pression sur les prix et sur la visibilité des marges ».

La place de LafargeHolcim dans une logique de portefeuille

« Il faut dire que LafargeHolcim Maroc est perçue comme un support de portefeuille actions marocaines, combinant taille, liquidité et visibilité sur l’activité, dans un contexte où la sélectivité devient déterminante », ajoute un analyste de la place.

En effet, « le titre répond à une logique de création d’alpha progressive. La valeur ne relève ni d’un pari tactique à court terme, ni d’un simple arbitrage de marché. Elle s’inscrit dans une approche plus structurée, où le potentiel de re-rating repose sur l’évolution graduelle des fondamentaux et sur la capacité du groupe à maintenir des marges élevées dans un secteur cyclique ».

Par ailleurs, « le positionnement de LafargeHolcim permet d’apporter un équilibre au sein d’un portefeuille actions. Son exposition directe à l’investissement public et à l’immobilier lui confère un profil cyclique assumé, tandis que son leadership industriel et sa politique de coûts renforcent la visibilité des résultats. C’est précisément cette combinaison qui justifie, selon les analystes, l’intérêt du titre dans une allocation orientée 2026″.

Enfin, la valeur est également appréciée pour son profil rendement, dans un environnement où les investisseurs recherchent des titres capables d’offrir à la fois une perspective de valorisation et une rémunération régulière, sans accroître excessivement le risque global du portefeuille.