Le visage fermé mais le discours digne, Walid Regragui n’a pas cherché à masquer la douleur. « Très, très dur, je ne vais pas vous mentir. On était à moins d’une minute d’être champions d’Afrique », a-t-il confié d’entrée.
Une finale qui échappe à une minute de l’histoire
Jamais, selon lui, le Maroc n’avait été aussi proche d’un sacre continental. « Je crois qu’on n’est jamais passés aussi près d’une Coupe d’Afrique qu’aujourd’hui ». Une proximité qui rend la chute encore plus brutale, surtout pour un peuple qui attend ce titre depuis des décennies.
« C’est surtout malheureux pour le peuple marocain. Ça fait très mal au cœur », a-t-il ajouté.
Un match d’équilibre, un scénario cruel
Regragui a insisté sur la physionomie de la rencontre, loin d’un match à sens unique. « C’était un match équilibré, on savait que ça allait se jouer sur des détails ».
L’image est parlante : « Un match de boxe ». Deux équipes qui se rendent coup pour coup, avec des temps forts de part et d’autre. Possession, tirs, occasions : « pratiquement du cinquante-cinquante ».
Mais en finale, rappelle le sélectionneur, « le peu d’occasions qu’on a, il faut les saisir ». Et ce détail-là, ce soir, a basculé du mauvais côté.
Le tournant : le penalty et l’infériorité numérique
Le scénario prend une tournure dramatique après le penalty manqué dans les dernières secondes du temps réglementaire.
« À partir du moment où on a loupé le penalty, tout a tourné en notre défaveur », résume Regragui.
À cela s’ajoute la blessure d’Igamen, contraignant le Maroc à terminer la rencontre à dix. « Je pense qu’il s’est fait les ligaments croisés », a-t-il précisé, évoquant un coup dur humainement et sportivement.
« Finir une finale à dix, c’est très difficile d’aller chercher quelque chose », reconnaît-il.
Brahim Diaz et l’assumption du coach
Interrogé sur le penalty manqué par Brahim Diaz, Walid Regragui a refusé toute stigmatisation. « On assume », a-t-il répété, prenant la responsabilité sur lui.
Le sélectionneur a évoqué les longues interruptions avant la tentative. « Il y a eu beaucoup de temps avant qu’il tire, ça a dû le perturber ». Sans chercher d’excuses, il a tenu à rappeler que « gagner ou perdre, c’est ensemble ».
Malgré l’amertume, Regragui a tenu à souligner l’attitude de ses joueurs. « Même à dix, on a tout donné jusqu’à la dernière minute ».
Toucher la barre, continuer à y croire, ne jamais lâcher : pour le sélectionneur, cette équipe a montré « une bonne image du football marocain ».
« Il faut avaler le venin », a-t-il lâché, dans une formule forte. « Accepter la défaite, pour revenir plus forts ».
Une génération appelée à revenir
Rappelant que le Maroc n’avait plus disputé de finale de CAN depuis vingt-deux ans, Walid Regragui appelle à la continuité. « Ce groupe connaît désormais le chemin pour aller en finale ».
Jeune, prometteuse, cette génération devra apprendre de cette douleur. « Ils vont apprendre, et je suis persuadé qu’ils reviendront plus forts ».
Avant de conclure, le sélectionneur a tenu à féliciter le Sénégal, tout en assumant pleinement l’échec : « Si quelqu’un doit être tenu responsable, c’est moi ».
Une phrase simple, droite, à l’image d’une conférence marquée par la tristesse, mais aussi par une conviction intacte : le Maroc est tombé, mais il n’a pas reculé.