La ville ocre accueille entre le 19 et 20 janvier la première édition du Morocco IAAPA Summit, organisée par la Global Association for the Attractions Industry (IAAPA) en partenariat avec la Société Marocaine d’Ingénierie Touristique (SMIT) avec la présence de 150 experts et investisseurs issus de 100 pays dans un événement dont la vocation est de développer le tourisme de divertissement.
Derrière les 20 millions de touristes, un travail de transformation structurelle
Selon le directeur général de la SMIT, le record de fréquentation enregistré en 2025 s’inscrit dans une dynamique de long terme portée par une vision royale ambitieuse et par la convergence des politiques publiques, des investissements privés et de l’ingénierie touristique.
« La performance actuelle n’est pas conjoncturelle car en réalité elle résulte d’un travail continu de structuration de l’offre et de préparation progressive des territoires », insiste Imad Barrakad qui tient à rappeler que le Maroc a consolidé un modèle touristique plus robuste, matérialisé par la création de plus de 43.000 lits supplémentaires et la rénovation de 62.000 lits sur le dernier quinquennat.
Une offre mature prête pour l’animation
Et d’ajouter qu’après avoir sécurisé l’hébergement, considéré comme le premier niveau de capacité de production touristique, le Maroc s’attaque désormais au second pilier qui est l’animation.
À la question de savoir pourquoi cette initiative vient aussi tardivement dans un contexte où l’animation est considérée comme le parent pauvre du secteur, notre interlocuteur estime qu’elle vient à point et qu’on ne peut par conséquent pas parler d’arrivée tardive de ce créneau essentiel.
« Nous avons en effet suivi une séquence logique, à savoir développer l’hébergement en premier lieu puis l’animation, et aujourd’hui les grands équipements », explique le DG, en ajoutant que l’atteinte du seuil des 20 millions de touristes marque un point d’inflexion avec un écosystème qui est désormais mature pour accueillir des investissements étrangers dans les grands projets d’attraction.
Atteindre 1500 activités d’animation pour allonger la durée de séjour
Privilégiant une approche graduée à deux étages, notre interlocuteur explique que le premier niveau concerne les petits et moyens investissements portés par des TPME à travers des programmes dédiés à la gastronomie, au gaming, au digital, au tourisme d’aventure ou au milieu rural et que le second vise des projets structurants de grande envergure, dont les montants varient de 5 à 300 millions d’euros, notamment des parcs d’attractions devenus essentiels dans les destinations matures.
Rappelant qu’avant la crise sanitaire, le Maroc comptait environ 200 activités d’animation, le DG se félicite du fait que ce nombre a presque doublé en quelques années et que l’objectif actuel est désormais d’atteindre plus de 1.500 activités à l’horizon 2030.
« Afin de catalyser le développement et de permettre au marché d’aller encore plus loin, l’animation doit devenir une composante centrale de l’expérience », estime Imad Barrakad pour qui la diversification de l’offre est nécessaire pour allonger la durée de séjour et booster le taux de retour.
Des projets à la taille du marché
Sur le potentiel de l’animation, estimé à plusieurs centaines de millions de dollars par un expert étranger lors d’un des panels du sommet, le DG refuse de se prononcer et préfère privilégier une approche maîtrisée en expliquant que le tir doit être juste et qu’il ne faut pas attirer des investisseurs qui ne trouveront pas leur rentabilité et qui ne reviendront pas.
Et de conclure qu’à travers des rendez-vous internationaux comme le Morocco IAAPA Summit, le Maroc entend désormais attirer des projets adaptés à la taille de son marché, et inscrire durablement le tourisme de divertissement comme un pilier de sa compétitivité future, notamment auprès des familles, des jeunes et de la génération Z.