Il s’agit de la quatrième année depuis le lancement du cadre légal du cannabis. Après trois années concluantes en termes de récoltes, les agriculteurs des trois provinces où la récolte du cannabis est autorisée au Maroc préparent la nouvelle campagne pour l’année 2026.
Les préparatifs de la nouvelle campagne ont débuté en décembre
Selon nos informations, l’Agence nationale de réglementation des activités liées au cannabis (ANRAC) s’y est pris à l’avance cette année. Les réunions habituelles de préparation de la nouvelle campagne ont été tenues dès le mois de décembre 2025.
Elles ont eu lieu notamment avec les agriculteurs autorisés par l’ANRAC, dans les provinces de Taounate, Al Hoceima et Chefchaouen, et ont permis de discuter des nouveaux dispositifs à adopter et des modalités de mise en œuvre de la campagne.
Un échéancier précis pour le dépôt des autorisations et les opérations de récolte
L’ANRAC a, à l’occasion, transmis aux agriculteurs un échéancier précis fixant les différents délais, notamment pour le dépôt des demandes d’autorisation auprès de l’Office national de la sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA), ainsi que pour les opérations de récolte.
La date limite de dépôt des dossiers concernant la variété locale « Beldya » a été fixée au 20 décembre 2025, tandis que celle relative aux variétés importées a été arrêtée au 20 février.
Cette anticipation vise à mieux encadrer le déroulement de la campagne. L’objectif est de garantir toutes les dispositions nécessaires à la réussite de cette quatrième campagne, tout en rappelant aux investisseurs et aux agriculteurs l’importance du respect du cadre réglementaire régissant le secteur.
Rappelons-le, pour la Beldya, les semis démarrent généralement en début d’année, vers le mois de février. En ce qui concerne la variété importée, les semis démarrent habituellement vers le mois de juillet ou août.
Le démarrage de la campagne en attente de conditions climatiques plus clémentes
Selon nos informations, les conditions climatiques défavorables ont légèrement retardé le démarrage effectif de la campagne. Mais malgré cela, les cultures de la Beldya devraient bientôt commencer.
En effet, des précipitations importantes se poursuivent depuis plusieurs semaines, notamment dans le nord du pays. Des chutes de neige ont également frappé plusieurs provinces dans cette zone, notamment Al Hoceima et Chefchaouen.
Les agriculteurs ont d’ores et déjà déposé leurs demandes d’autorisation auprès de l’ONSSA pour l’utilisation de la variété locale, en attendant une amélioration des conditions climatiques permettant le lancement des travaux agricoles.
Les protocoles conjoints entre l’ANRAC et l’ONSSA sont également instruits. Il ne reste donc plus qu’à attendre des conditions climatiques plus favorables pour entamer les opérations de semis.
En principe, les opérations de culture de la Beldya devraient débuter cette année vers la fin du mois de février. Mais en cas de persistance de conditions climatiques difficiles, ce calendrier pourrait être prolongé jusqu’au 31 mars.
Les prévisions de la production de la Beldya bientôt déterminées
Pour ce qui est des prévisions de production pour la Beldya, elles devraient être arrêtées d’ici une quinzaine de jours.
Ces prévisions sont essentielles pour encadrer la production du cannabis. Seules les récoltes qui font l’objet de contrats de vente entre les coopératives et les acheteurs sont autorisées. Tout excédent est détruit et fait l’objet d’un PV.
Pour rappel, en 2025, l’ANRAC avait autorisé l’utilisation de 3.966 quintaux de semences locales Beldya, sur la base de 264 autorisations octroyées par l’ONSSA à 112 coopératives. Quant à la production, elle avait été multipliée par deux par rapport à 2024. Une superficie de 4.751 ha de cannabis avait été semée l’année passée, contre 2.164 ha en 2024, dont 4.138 ha de la variété Beldya, et 613 ha de variété importée.
Parallèlement à ces préparatifs, l’ANRAC intensifie ses efforts sur les volets de la commercialisation et de l’exportation, devenus des enjeux centraux pour la structuration et la pérennité de la filière.
Rappelons que le Maroc a exporté, en 2025, la résine de cannabis vers plusieurs pays étrangers, notamment en France, en Suisse, en République tchèque, au Luxembourg, au Portugal, en Australie et en Afrique du Sud.