Interrogé par Médias24 sur l’éventuel impact politique du retrait de Aziz Akhannouch sur les résultats électoraux des prochains scrutins, Younes Maamar refuse toute lecture opportuniste de cette transition interne du RNI en défendant une ligne de continuité, de discipline et de construction programmatique, tout en rappelant que le PAM reste engagé dans la majorité gouvernementale.
« Un départ qui ne changera rien à la donne politique »
« Pleinement engagé dans la coalition gouvernementale, notre parti n’entend pas brouiller les lignes à l’approche des élections et refuse de confondre action gouvernementale et compétition partisane », résume le membre du bureau politique qui exclut toute éventuelle incidence ou gain électoral du retrait de la vie politique du président sortant du parti majoritaire au pouvoir depuis 2021.
En affirmant que les ministres du PAM continueront d’assumer leurs responsabilités et que l’activité militante du parti s’exercera dans des cadres distincts, notre interlocuteur entend ainsi éviter toute contestation prématurée du bilan gouvernemental en insistant sur la stabilité au sein de la majorité.
La stratégie de son parti repose, selon lui, sur la valorisation de son bilan gouvernemental, à l’instar des « révolutions » de la justice et du code de la grève qui le dispenseraient d’entrer dans une dynamique de confrontation avec ses partenaires actuels au profit d’une campagne de propositions et non de rupture.
Pas de victoire par défaut
Sur le plan électoral, Younes Maamar récuse l’idée d’une victoire par défaut en insistant sur le fait que le PAM ne se définit ni par opposition ni par comparaison avec le RNI, mais par la solidité de son programme qui aura une très forte dimension territoriale et par sa capacité à convaincre son électorat sur le fond.
Réfutant l’idée selon laquelle le départ de Aziz Akhannouch ouvrirait un boulevard électoral au PAM, le membre du bureau politique estime que ce sont les électeurs qui jugeront le moment venu de la pertinence de son programme et de ses réalisations et non des recompositions internes des états-majors.
« Sans entrer formellement dans une phase de pré-campagne, notre prochain Conseil national qui aura lieu le 31 janvier prochain sera consacré à la préparation politique des prochains scrutins pour nous mettre en ordre de bataille », conclut-il, en ajoutant que le PAM s’aligne sur le calendrier institutionnel et refuse toute précipitation susceptible de fragiliser sa cohésion ou ses alliances.
Une opportunité électorale ?
Contacté à son tour, un autre dirigeant important du PAM adopte une lecture plus nuancée qui, sans aller jusqu’à parler de boulevard électoral, reconnait que la transition au RNI pourrait redistribuer les cartes et profiter au moment du scrutin aux autres partis de la majorité, dont le PAM.
« Il faut reconnaître que la succession d’un homme politique de la stature de Aziz Akhannouch, qui a profondément restructuré son parti, consolidé son implantation territoriale et porté le RNI à la victoire en 2021, ne sera pas aisée », confie notre source, pour qui l’incertitude liée à sa succession et la nécessité pour le RNI de préserver sa cohésion interne pourraient offrir au PAM une fenêtre d’opportunité pour viser la première place lors des prochaines législatives.
Au final, la question de la succession du président sortant du RNI qui pourrait ouvrir une brèche électorale au profit du PAM et de l’Istiqlal ne sera définitivement tranché qu’au moment du verdict des urnes.