En marge du Forum économique mondial de Davos, le Conseil de la paix a été officiellement lancé. Lors d’une cérémonie tenue ce 22 janvier 2026 à Davos, 19 pays ont signé la charte fondatrice du Conseil de la paix, dont le Maroc.
Sur scène, Donald Trump a affirmé que cette instance pourrait être pleinement opérationnelle une fois constituée, tout en assurant qu’elle agirait en conjonction avec les Nations unies.
Qui signe, qui refuse, qui temporise
Les signataires présents lors de la cérémonie sont l’Argentine, l’Arménie, l’Azerbaïdjan, Bahreïn, la Bulgarie, la Hongrie, l’Indonésie, la Jordanie, le Kazakhstan, le Kosovo, la Mongolie, le Maroc, le Pakistan, le Paraguay, le Qatar, l’Arabie saoudite, la Turquie, les Émirats arabes unis et l’Ouzbékistan.
Le Maroc a signé la charte lors de cette cérémonie, représenté par son ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita.
Plusieurs pays invités étaient absents de la cérémonie et n’ont pas signé à ce stade. La France a indiqué ne pas rejoindre l’initiative. Le Royaume-Uni a déclaré qu’il ne serait pas signataire lors de cette réunion.
L’Allemagne n’a pas pris de position formelle et n’a pas participé à la cérémonie. L’Italie a indiqué avoir besoin de davantage de temps avant de se prononcer.
D’autres pays ont exprimé des réserves ou ont décliné l’invitation. La Belgique a confirmé ne pas avoir signé et a indiqué souhaiter une approche européenne coordonnée. La Suède, la Norvège et la Slovénie ont également décliné l’invitation, selon des déclarations publiques relayées par leurs autorités nationales.
Par ailleurs, certains pays n’ont pas signé à Davos mais examinent encore la proposition. L’Espagne n’a pas envoyé de représentant et a indiqué que l’invitation était en cours d’examen. La Russie a reçu une invitation et a indiqué étudier la proposition, sans être représentée lors de la cérémonie. La Chine n’a pas communiqué de position officielle à ce stade.
Il convient de noter que, selon la charte constitutive, le Conseil peut être formellement mis en place dès lors que trois pays ont signé. Aujourd’hui, 19 l’ont signé, ouvrant la voie à sa constitution.
Quel rôle pour le Maroc au sein du Conseil de la paix ?
Durant son passage à l’émission Le 12/13 de Médias24, Hafid Boutaleb, analyste géopolitique, indique que la participation du Maroc relève d’un choix stratégique visant à peser sur une réflexion multilatérale en cours, plutôt que de rester en marge d’un processus structurant.
« Le Maroc se doit de participer à cette réflexion, d’autant plus que, cette fois, nous avons l’occasion, contrairement à 1945, de peser sur la balance ».
« Parmi les pays forts du continent africain appelés à prendre part au Conseil, le Maroc s’impose. C’est un pays qui a toujours prôné la paix depuis des siècles et qui a toujours été un allié des États-Unis », poursuit-il.
Pour Aziz Boucetta, journaliste politique, la décision du Maroc de répondre rapidement à l’invitation repose sur une logique pragmatique, fondée sur l’idée qu’il est préférable d’influencer les décisions de l’intérieur.
« Il vaut mieux être dedans que dehors, parce que, de toute manière, Donald Trump a encore au moins un an de majorité absolue chez lui. Il lui reste plus de trois ans de mandat. Il vaut mieux y être. Et si on y est, on peut influer de l’intérieur », souligne-t-il.
Selon lui, cette démarche s’inscrit dans l’évolution de la diplomatie marocaine, qui privilégie la présence active et le dialogue avec l’ensemble des acteurs internationaux.
« Il faut y être, il faut parler avec tout le monde. Il faut être là. Nous sommes une puissance régionale », souligne Aziz Boucetta.