Dix-neuf individus restent en détention dans le cadre des incidents liés à la finale de la CAN 2025. Nous sommes en mesure de confirmer que parmi eux figure un ressortissant algérien, les dix-huit autres sont tous d’origine sénégalaise. C’est ce qu’indique à Médias24 une source judiciaire.

Les personnes concernées ont été interpellées à la suite de violences survenues lors de cette rencontre sportive. La première audience de leur procès s’est tenue le 22 janvier devant le tribunal de première instance de Rabat. La juridiction a fixé la prochaine audience au 29 janvier 2026.

Une rumeur non confirmée autour d’un lien familial

Depuis plusieurs jours, des rumeurs circulent sur les réseaux sociaux au sujet d’un éventuel lien familial entre le ressortissant algérien poursuivi et l’adjoint du sélectionneur sénégalais, Pape Thiaw. À ce stade, aucune confirmation officielle ne vient étayer cette information.

Les autorités judiciaires n’ont apporté aucun élément permettant d’établir un tel lien.

Ce qui est sûr, c’est que les 19 individus devront répondre, chacun selon son degré d’implication, de plusieurs chefs d’accusation liés à la violence lors des événements sportifs. Les faits retenus portent notamment sur :

  • l’accès au terrain de jeu lors d’un match sportif par usage de la force ;
  • la participation à des actes de violence lors d’un match sportif ;
  • la dégradation d’équipements sportifs lors d’un match ;
  • le jet intentionnel de projectiles solides ayant causé un préjudice à autrui ;
  • les actes de violence à l’encontre des forces de l’ordre.

Ces qualifications relèvent des dispositions spécifiques de la loi 09-09, complétant le Code pénal.

Ce que dit la loi

L’accès à une enceinte sportive sans autorisation, en particulier par usage de la force ou par contournement des dispositifs de sécurité, constitue une infraction pénale. L’article 308-9 de la loi 09-09 prévoit des peines d’emprisonnement (entre 1 et 3 mois) et/ou des amendes lorsque l’intrusion s’accompagne d’objets dangereux ou d’une atteinte à l’ordre public.

La participation à des actes de violence lors ou à l’occasion d’une compétition sportive est également sanctionnée. L’article 308-2 du Code pénal prévoit une peine d’emprisonnement allant de 3 mois à 2 ans, ainsi qu’une amende de 1.200 à 10.000 DH, ou l’une de ces deux peines seulement.

Le texte vise les violences, les coups, les blessures et toute autre voie de fait commise pendant ou autour de l’événement sportif, y compris lors de sa retransmission publique.

La dégradation ou la destruction d’équipements de stades et d’installations sportives fait l’objet de sanctions spécifiques. L’article 308-7 prévoit une peine d’emprisonnement de 2 à 6 mois et une amende de 1.200 à 10.000 DH, ou l’une des deux peines seulement, lorsque des biens sportifs sont endommagés par quelque moyen que ce soit.

Un projet de loi toujours attendu sur la criminalité sportive

Il y a près d’un an, le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, avait annoncé un projet de loi en cours de préparation, dédié à la criminalité liée aux événements sportifs. Ce texte devait renforcer l’arsenal juridique existant face à la recrudescence des violences dans les stades. À ce jour, ce projet n’a toujours pas abouti.

Une seule mesure concrète a toutefois vu le jour. Il s’agit de la mise en place de bureaux judiciaires au sein des stades.

Le ministère de la Justice a procédé à l’installation de ces bureaux en étroite coordination avec la Présidence du ministère public et la Direction générale de la sûreté nationale. Leur mission consiste à traiter rapidement certaines infractions commises lors des rencontres sportives. Toutefois, ces structures restent limitées au traitement des infractions mineures.