Un arbitrage dépassé et qui n’a pas appliqué le règlement; des supporters qui ont agressé les forces de l’ordre et ont tenté d’envahir le terrain; un entraîneur qui demande à ses joueurs de quitter le terrain, encouragé par des officiels de la Fédération sénégalaise; des joueurs qui quittent effectivement le terrain sans l’autorisation de l’arbitre et qui ne reviennent que dix minutes plus tard; un penalty tiré alors que des étrangers au match se trouvaient sur la pelouse; des accusations fallacieuses qui ont commencé deux ou trois jours avant le match, proférées par l’entraîneur sénégalais et qui visaient à déstabiliser les Marocains et créer une atmosphère émotionnelle et violente.
Pour le cadre réglementaire de référence, le Maroc aura l’embarras du choix :
– les règlements de la CAN.
– L’article 82 des règlements de la CAN : « Si, pour n’importe quelle raison, une équipe se retire de la compétition ou ne se présente pas à un match, ou refuse de jouer ou quitte le terrain avant la fin réglementaire du match sans l’autorisation de l’arbitre, elle sera considérée perdante et sera définitivement éliminée de la compétition en cours ».
– L’article 84 des règlements de la CAN prévoit les sanctions en cas de violation de l’article 82: « L’équipe qui enfreint les dispositions des articles 82 et 83 sera définitivement exclue de la compétition. Elle perd le match 3-0. Si l’équipe adverse menait par un score plus avantageux au moment de l’arrêt du match, le score sera maintenu ».
Pour ce qui concerne les témoignages, preuves et pièces à conviction :
– Les séquences télévisées, les nombreuses vidéos des violences, les déclarations des uns et des autres, y compris l’entraîneur sénégalais qui a reconnu avoir ordonné à ses joueurs de quitter le terrain;
– Les rapports de l’arbitre et du commissaire du match. Ces rapports n’ont pas été rendus publics, mais il est évident qu’ils ont consigné les incidents et les violations commises par le Sénégal. D’autres rapports ont pu être produits, par la CAF ou par la DGSN;
– Les messages et déclarations de la FIFA (Gianni Infantino) et de la CAF (Patrice Motsepe) après la fin du match.
97e minute: l’entraîneur ordonne à ses joueurs de rentrer aux vestiaires
C’est l’élément central et le fait générateur. Cet incident gravissime a été documenté. Le règlement est clair: l’équipe dont les joueurs ont quitté le terrain sans l’autorisation de l’arbitre est considérée comme ayant perdu le match par 3-0, l’équivalent d’un forfait. Dépassé, l’arbitre n’a pas sifflé la fin du match et donc n’a pas appliqué le règlement.
La violence s’abat sur le stade
Violence dans les tribunes, tentative d’envahissement du terrain, attaque coordonnée contre les forces de l’ordre marocaines et les stadiers, destruction volontaire de l’infrastructure et du mobilier. Dès que l’arbitre a entrepris de consulter la VAR, le bloc de supporters sénégalais jouxtant le terrain s’est enflammé. Les supporters jettent des chaises et des plaques métalliques sur les forces de l’ordre. La violence se poursuivra même après le retour des joueurs sénégalais et la reprise du jeu.
Des accusations fallacieuses
Différentes pièces vidéo et posts de réseaux sociaux prouvent que l’entraîneur sénégalais a voulu créer une atmosphère de déstabilisation des joueurs marocains et une ambiance chargée d’émotions négatives, de méfiance et d’agressivité avant le match. Cet élément est très facile à prouver. C’est également le cas pour les accusations fallacieuses lancées contre le Maroc et le comité d’organisation.
Au final, les agissements de l’équipe sénégalaise, de ses supporters et de son staff, ainsi que la passivité de l’arbitre sont accablants. Il semble difficile que la justice ne soit pas rétablie par la CAF. Sinon, c’est le sport, la réputation du football marocain ainsi que l’image de la CAF qui en paieraient le prix.