Alors que le dossier de la finale est désormais entre les mains de la commission disciplinaire de la Confédération africaine de football (CAF), le football sénégalais s’enfonce dans la polémique. Cette fois, la polémique est portée par le président de la Fédération sénégalaise de football (FSF), Abdoulaye Fall, qui multiplie les accusations publiques mettant en cause le Maroc, l’arbitrage et la gouvernance de l’instance continentale.

Dans des déclarations largement relayées sur les réseaux sociaux, Abdoulaye Fall affirme que le Maroc exercerait une influence déterminante sur la CAF, allant jusqu’à peser sur les décisions arbitrales et organisationnelles. Des propos lourds d’insinuations, tenus alors même que la procédure disciplinaire suit son cours, et qui donnent le sentiment d’une fuite en avant de la part des responsables du football sénégalais, au moment où les instances compétentes sont appelées à trancher.

Accusations, soupçons et récit de confrontation autour de la CAF

Dans ces prises de parole, un récit revient avec insistance : celui d’un Sénégal en résistance face à un Maroc présenté comme tout-puissant, capable d’imposer sa volonté à la CAF. « Le Maroc tient la CAF, il faut se le dire », affirme Abdoulaye Fall, évoquant la vice-présidence de l’instance continentale, l’arbitrage de la finale ou encore le choix du camp d’entraînement.

Un discours séduisant pour une partie de l’opinion, friande de lectures complotistes, mais qui se fissure à l’examen des faits. Le président de la FSF reconnaît lui-même avoir été reçu par Fouzi Lekjaa, président de la FRMF, au ministère des Finances, et admet que l’ensemble de ses exigences logistiques ont été satisfaites : sécurité renforcée, terrain alternatif, billets en loges VIP. Des concessions difficiles à concilier avec l’idée d’un Maroc sourd aux revendications sénégalaises ou d’une CAF perçue comme favorable au Maroc.

Football sénégalais : un passé marqué par des débordements

Surtout, cette séquence rappelle que ce n’est pas la première fois que le football sénégalais est rattrapé par des excès de passion. En 2012 déjà, lors d’un match face à la Côte d’Ivoire, des supporters sénégalais, refusant la défaite alors que leur équipe était menée 2-0, avaient envahi le terrain, lancé des projectiles et incendié des drapeaux. La rencontre avait été interrompue et la sanction de la CAF avait été lourde : la disqualification pure et simple du Sénégal.

Ce précédent qui n’est pas isolé illustre une constante : lorsque la frustration sportive se transforme en colère collective, elle déborde souvent du cadre du jeu pour investir le terrain politique, institutionnel et médiatique, au risque d’écorner durablement l’image du football sénégalais.

La FSF tente de faire taire El Hadji Diouf

Face à l’escalade verbale et à la polarisation du débat, la Fédération sénégalaise de football a, de son côté, publié un communiqué pour se désolidariser des déclarations de l’ancien international sénégalais El Hadji Ousseynou Diouf qui dénonçait la corruption dans le football sénégalais, tout en appelant à la retenue et au respect des institutions.

La fédération souligne l’importance de préserver l’image du Sénégal, de respecter les institutions et de maintenir un climat serein, indispensable au bon fonctionnement et au développement du football national.

Reste toutefois la question de l’efficacité de cet appel, dans un environnement où les débats et les tensions autour du football continuent régulièrement d’alimenter polémiques et controverses.