En réaction à la décision de la Cour constitutionnelle sur le projet de loi sur le Conseil national de la presse, l’Association nationale des médias et éditeurs (ANME) se félicite de cette décision qui « rétablit les principes de légalité et de conformité constitutionnelle, tout en consacrant le respect des règles encadrant les institutions professionnelles et l’autorégulation du secteur de la presse et de l’édition ».
Cependant, face à cette décision qualifiée de « responsable », l’Association affirme constater avec une « vive inquiétude la démarche sélective adoptée par certains acteurs politiques, qui ont saisi la Cour uniquement sur la loi régissant le Conseil national de la presse, en omettant d’autres textes législatifs d’importance majeure ayant un impact significatif sur la vie publique ».
Cette approche à double mesure apparaît, selon l’ANME, clairement liée à des « calculs politiques étroits, aux arrière-pensées douteuses, ayant conduit concrètement au blocage du processus institutionnel du secteur, causant des préjudices directs aux journalistes et aux institutions médiatiques, et vidant l’autorégulation de sa substance professionnelle ».
En tant que cadre le plus représentatif, regroupant les principales institutions médiatiques et la plus large base de journalistes professionnels, l’ANME souligne que ce blocage du secteur a entraîné :
– un retard injustifié dans la délivrance des cartes professionnelles et des cartes de train ;
– le non-paiement des salaires des employés du Conseil national de la presse pendant plus de trois mois ;
– le blocage de toutes les démarches conduisant à la signature d’accords collectifs visant à augmenter les salaires des journalistes et des autres employés des entreprises médiatiques.
Face à cette situation préoccupante, l’Association annonce la tenue d’une réunion de tous ses membres la semaine prochaine afin « d’évaluer la situation et de prendre les décisions appropriées pour défendre l’indépendance de la profession, la stabilité des entreprises médiatiques et les droits de leurs employés ».
L’Association affirme que la presse « n’est pas un terrain de règlement de comptes politiques et que son respect est un respect de la Constitution et du droit de la société à une information professionnelle et responsable ».