La Cour des comptes publie les principaux axes de son rapport annuel 2024-2025. Le document dresse un état des lieux sans concession de la gestion publique, dans un contexte marqué par une croissance économique de 3,8% en 2024, un net ralentissement de l’inflation (0,9%) et une amélioration des équilibres budgétaires, avec un déficit ramené à 3,9% du PIB.
Le rapport pointe toutefois des déséquilibres persistants. La régionalisation avancée progresse, mais les disparités territoriales demeurent fortes : trois régions concentrent près de 58,5% du PIB, tandis que l’investissement et l’emploi restent inégalement répartis. Dans les secteurs sociaux, notamment la santé et l’éducation, la Cour relève des efforts budgétaires importants, mais une efficacité encore limitée, en raison de déficits en gouvernance, en ressources humaines et en pilotage.
Sur le plan de la gouvernance financière, les juridictions financières ont prononcé plus de 4,1 millions de DH d’amendes et ordonné des restitutions, mettant en évidence des manquements récurrents liés aux marchés publics, au contrôle interne et à la gestion des dépenses. La mise en œuvre des recommandations reste lente : seules 18% d’entre elles ont été totalement appliquées, tandis que 37% n’ont enregistré aucune avancée.
La Cour insiste enfin sur l’urgence de réformes structurelles : amélioration de l’efficacité de l’investissement public, maîtrise des dépenses sociales, réforme des systèmes de protection sociale et renforcement de la reddition des comptes, afin de garantir la soutenabilité des finances publiques et une meilleure qualité des services rendus aux citoyens.