Saisi d’une demande d’extension de la procédure, le tribunal de commerce de Rabat a ordonné la production d’un rapport détaillé du syndic afin d’éclairer les liens unissant le gestionnaire délégué en difficulté à ses filiales.
Le rapport du syndic devra documenter les liens juridiques, financiers et organisationnels entre Ozone Environnement et Services et les autres entités du groupe, en vue d’une éventuelle extension de la procédure. Le groupe qui était présent dans 5 pays africains et avait 9.000 salariés, est évidemment impacté par ces différentes procédures judiciaires.
La demande d’extension fait l’objet d’un dossier distinct, enregistré le 3 décembre 2025 devant la juridiction commerciale de Rabat. L’instruction est conduite sous la responsabilité du juge Saïd Boudlah.
Selon les informations recueillies par Médias24, la requête émane du syndic désigné dans le cadre du redressement judiciaire de la société mère. Elle a été introduite quelques semaines après l’ouverture de la procédure.
Actif dans la gestion déléguée des déchets et le nettoyage urbain, le groupe avait déclaré cessation de paiement suite à une dégradation rapide de sa situation financière, sur fond d’affaires criminelles impliquant son fondateur Aziz Badraoui.
Les filiales visées par la demande ont été formellement listées par le syndic. Il s’agit notamment de Ozone Chaouen, Ozone Témara Pro, Ozone Youssoufia, Ozone Sidi Rahal, Ozone Guelmim, Ozone Laâyoune La Perla, Ozone Ksar El Kébir, Ozone Marrakech Harbil, Ozone Harhoura, Ozone Mehdya, Ozone Bni Drar, Ozone Zemour Khémisset ou encore Ozone El Kelaâ des Sraghna, ainsi que d’autres entités territoriales opérant sous la même bannière.
Le rapport commandé par le juge devra éclairer la juridiction sur la structuration du groupe et les relations entre les différentes sociétés concernées. Cette affaire a été renvoyée à une audience fixée au jeudi 29 janvier 2026.
Un second dossier visant l’organe dirigeant
Parallèlement à ce volet, Médias24 apprend que le tribunal de commerce de Rabat examine un second dossier distinct, lié cette fois-ci à l’organe dirigeant de la société. Ouverte en septembre 2025, cette procédure porte sur l’application d’éventuelles sanctions patrimoniales dans le cadre des règles applicables aux entreprises en difficulté.
Le dossier est instruit sous la conduite du juge rapporteur Mohsen El Khaouli. Il a connu plusieurs renvois successifs, marqués par des demandes de rapports adressées au syndic et par l’échange de mémoires contradictoires entre les parties concernées. L’examen de ce dossier se poursuivra également avant le 29 janvier 2026.
Fondé au milieu des années 2000, Ozone Environnement et Services a été l’un des principaux opérateurs marocains de la gestion déléguée des déchets, intervenant pour le compte de nombreuses collectivités locales à travers le Royaume.
Le groupe reste étroitement associé au nom de son fondateur, Aziz El Badraoui, condamné en juillet à six ans de réclusion dans une affaire criminelle. L’intéressé a été depuis écarté de la gestion avant l’ouverture des procédures visant l’entreprise.