Au dixième mois de guerre dans la bande de Gaza entre Israël et le Hamas, les bombardements se poursuivent.
Dans le sud du territoire, le ministère de la Santé du gouvernement du Hamas a annoncé qu’au moins 71 Palestiniens avaient été tués et 289 blessés dans une frappe aérienne près de Khan Younès, sur le camp de déplacés d’al-Mawasi qui avait été désigné comme « zone humanitaire » par Israël.
« Il reste de nombreuses dépouilles éparpillées dans les rues, sous les décombres et autour des tentes de déplacés que l’on ne peut atteindre en raison des tirs israéliens intenses », a rapporté Mahmoud Bassal, porte-parole de la Défense civile.
Des médias israéliens ont affirmé que le raid « visait le chef de la branche armée du Hamas Mohammed Deif, parmi les responsables les plus recherchés par Israël ».
« De fausses allégations visant à masquer l’ampleur de l’effroyable massacre », a rétorqué le mouvement palestinien.
Le bureau du Premier ministre israélien a rappelé de son côté que Benjamin Netanyahu avait « donné, au début de la guerre, une instruction permanente pour éliminer les hauts dirigeants du Hamas ».
« Qu’avons-nous fait? »
Les victimes de la frappe d’al-Mawasi ont été transférées vers plusieurs hôpitaux de la région. A l’hôpital koweïtien de Rafah (sud), le directeur Suhaib al-Hams a qualifié la situation de « vrai désastre » et indiqué que la plupart des blessures étaient graves.
« Qu’avons-nous fait? Nous étions simplement assis près de la plage », a crié une Palestinienne près d’un corps gisant dans une rue de ce camp.
Après des mois d’appels internationaux pour un cessez-le-feu, le ton monte d’un cran en Israël contre le gouvernement.
Trois manifestations sont prévues samedi: deux à Tel-Aviv et une à Jérusalem contre l’administration du Premier ministre Benjamin Netanyahu et pour réclamer un accord sur les otages enlevés le 7 octobre.
La situation humanitaire est épouvantable dans le territoire assiégé: dans une école de Deir el-Balah, 14.000 Gazaouis partagent 25 toilettes, a dénoncé samedi l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa).
L’armée a indiqué samedi avoir tué la veille un combattant de la branche armée du Hamas, Hossam Mansour.
« Tendance positive »
Sur le plan diplomatique, les efforts pour une trêve sous l’égide du Qatar, de l’Egypte et des Etats-Unis, continuent.
Le président américain Joe Biden a affirmé vendredi que le « cadre » du plan de cessez-le-feu qu’il avait dévoilé le 31 mai avait été « accepté par Israël et le Hamas ». « Il y a encore des lacunes à combler » mais « la tendance est positive », a-t-il déclaré.
Le Hamas avait annoncé dimanche accepter de négocier sur la libération des otages en l’absence d’un cessez-le-feu permanent avec Israël, qu’il exigeait jusque-là.
(Avec AFP)