Sur la route Al-Rachid, qui s’étend en bord de mer sur toute la longueur de la bande de Gaza, la file de piétons et de véhicules continue d’avancer depuis l’annonce de l’entrée en vigueur du cessez-le-feu par l’armée israélienne, vendredi 10 octobre à midi (09h00 GMT).

Des camions sur lesquels flottent des drapeaux égyptiens transportent des Palestiniens du sud vers le nord, comme l’a constaté un journaliste de l’AFP installé sur le bord de la route dans le centre de la bande de Gaza.

La Défense civile, organisation de premiers secours opérant sous l’autorité du Hamas, estime qu’environ 250.000 déplacés sont rentrés dans le nord de la bande de Gaza (ce qui inclut Gaza-ville) dans les 24 heures ayant suivi l’entrée en vigueur du cessez-le-feu.

A travers la bande de Gaza, des secouristes continuent de fouiller les décombres à la recherche de corps après le repli des troupes israéliennes derrière les lignes convenues, à l’intérieur du territoire palestinien, dans le cadre du cessez-le-feu.

L’armée avait averti vendredi que plusieurs zones restaient « extrêmement dangereuses » pour la population civile. Plusieurs sources palestiniennes ont fait état de tirs sporadiques, notamment dans le gouvernorat de Khan Younès, dans le sud, ce que l’armée n’a pas confirmé.

L’entrée en vigueur du cessez-le-feu a déclenché une période de 72 heures maximum pendant laquelle le Hamas doit remettre les 48 otages restants, vivants ou morts.

En échange, Israël doit libérer 250 « détenus pour des raisons de sécurité » dont de nombreux condamnés pour des attentats meurtriers anti-israéliens, et 1.700 Palestiniens arrêtés par l’armée israélienne dans la bande de Gaza depuis le début de la guerre en octobre 2023.

« Etapes à venir »

Le président américain Donald Trump s’est dit confiant que le cessez-le-feu « tiendra ».

Il doit se rendre ce week-end au Moyen-Orient, d’abord en Israël, où il doit s’adresser à la Knesset, puis en Egypte où il prévoit de rencontrer lundi « de nombreux dirigeants » pour discuter de l’avenir de la bande de Gaza.

Sur le front politique, le Hamas a fait savoir qu’il espérait la réunion imminente d’un conseil national de mouvements palestiniens afin de déterminer quelles seraient « les étapes à venir ».

L’un de ses responsables, Bassem Naïm, a déclaré à la télévision britannique Sky News vendredi soir que les armes du mouvement ne seraient rendues qu’à une force palestinienne, alors que cette question est un enjeu crucial des négociations, notamment pour la deuxième phase du cessez-le-feu, après la libération des otages et des prisonniers.

Un autre responsable, Moussa Abou Marzouk, a confirmé sur la chaîne qatarie al-Jazeera, en précisant que la possibilité d’avoir une force de maintien de la paix dans la bande de Gaza était étudiée.

(Avec AFP)