Au dixième mois de guerre entre Israël et le mouvement palestinien, le Hamas a proposé qu’un gouvernement indépendant formé de personnalités n’appartenant à aucun parti dirige la bande de Gaza et la Cisjordanie occupée après la guerre.
En attendant, les combats se poursuivent du nord au sud du territoire palestinien assiégé. Le ministère de la Santé à Gaza a indiqué que « 32 martyrs, dont une majorité d’enfants et de femmes, avaient été transférés dans des hôpitaux cette nuit, du fait de la poursuite des massacres israéliens ».
Des médias du Hamas ont fait état de « plus de 70 frappes aériennes » dans la bande de Gaza.
L’armée israélienne a dit poursuivre ses opérations à Rafah (sud). L’aviation israélienne a visé des sites de lancement de projectiles à Beit Hanoun (nord) après des tirs vers le sud d’Israël, selon cette même source.
« Zone sinistrée »
Jeudi, une soixantaine de corps ont été découverts sous des décombres à Choujaïya, un quartier est de la ville de Gaza, après la fin d’une vaste opération israélienne qui a dévasté le secteur, selon la Défense civile du territoire palestinien.
« Le quartier de Choujaïya n’est plus habitable car l’occupation a tout ou en partie détruit 85% des maisons, magasins, marchés et infrastructures », a déclaré la Défense civile vendredi. « Nous le déclarons zone sinistrée ».
L’armée avait appelé mercredi tous les habitants de la ville de Gaza à évacuer, soit quelque 300.000 à 350.000 personnes, selon l’ONU.
« J’ai été déplacée quatre fois », lance Oum Ihab Arafat, assise sur un tas de sable entourée de ses enfants, aux « yeux plein d’effroi ». « Je veux une trêve totale pour que nous puissions rentrer chez nous », ajoute-elle encore.
Livraison de bombes américaines
Un responsable américain a indiqué de son côté que les Etats-Unis allaient relancer la livraison de bombes de 226 kg à Israël, suspendue en mai face aux inquiétudes de Washington concernant une offensive sur Rafah.
La situation dans le territoire assiégé est désastreuse: l’aide humanitaire est en attente du côté palestinien du point de contrôle de Kerem Shalom (sud). L’ONU et Israël se rejettent la responsabilité du blocage des distributions.
De son coté, l’OMS a indiqué que seulement cinq camions transportant de l’aide médicale avaient pu entrer à Gaza la semaine dernière.
Sur le plan diplomatique, des efforts sous l’égide du Qatar, de l’Egypte et des Etats-Unis ont été relancés pour avancer vers un cessez-le-feu et une libération des otages.
« Questions complexes »
« Il s’agit de questions difficiles, complexes. Il y a encore des lacunes à combler. Nous faisons des progrès. La tendance est positive », a lancé le président américain, Joe Biden, vendredi.
A propos des négociations indirectes en cours, Hossam Badran, un membre du bureau politique du Hamas a indiqué vendredi que son mouvement avait proposé un « gouvernement non-partisan et doté de compétences nationales » pour diriger Gaza et la Cisjordanie après la guerre.
Jeudi, le Premier ministre israélien a rencontré le chef de la délégation israélienne de retour de Doha, David Barnea, directeur du Mossad (renseignements extérieurs) pour faire le point sur l’avancement des pourparlers, selon un communiqué officiel.
De même source, une délégation menée par le chef du Shin Bet (sécurité intérieure), Ronen Bar, devait se rendre jeudi soir au Caire poursuivre des pourparlers.
Le Hamas a annoncé dimanche une concession, disant accepter de négocier sur la libération des otages en l’absence d’un cessez-le-feu permanent avec Israël, ce qu’il avait jusqu’à présent toujours réclamé.
Netanyahu a lui toujours affirmé vouloir poursuivre la guerre « jusqu’à la destruction du Hamas et la libération de tous les otages ».
(Avec AFP)