Alors que 2,2 millions de personnes, soit l’immense majorité de la population, sont menacées de famine à Gaza selon l’ONU, des organisations humanitaires y dénoncent des frappes contre leurs installations.
Dans la nuit de mercredi à jeudi, l’aviation israélienne a conduit une dizaine de frappes contre Rafah, a constaté un journaliste de l’AFP. Aucun bilan n’était disponible dans l’immédiat.
Près de 1,5 million de personnes, selon l’ONU, sont massées dans cette ville située contre la frontière fermée avec l’Egypte.
« Nous attendons la mort, jour après jour », témoigne un habitant de Rafah, Wissam Lafi, auprès de l’AFP. « Nous remercions Dieu que la journée soit terminée et que nous soyons encore en vie. Nous attendons simplement la mort. »
Le conseiller du président américain Joe Biden pour le Moyen-Orient, Brett McGurk, est attendu jeudi en Israël après une étape en Egypte où se tiennent de nouveaux pourparlers en vue d’une trêve.
« Nous voulons qu’un accord soit trouvé (…) le plus rapidement possible », a dit à la presse le porte-parole du département d’Etat, Matthew Miller.
Mercredi au Caire, le chef du bureau politique du Hamas, Ismaïl Haniyeh, installé au Qatar, devait discuter avec le chef des services de renseignement égyptiens, Abbas Kamel, notamment de la « première phase » d’un plan élaboré en janvier, selon une source du Hamas à l’AFP à Gaza.
Cette première phase du plan conçu par les pays médiateurs –Qatar, Etats-Unis et Egypte– prévoyait une trêve de six semaines, associée à un échange d’otages contre des prisonniers palestiniens détenus par Israël et à l’entrée à Gaza d’une importante quantité d’aide humanitaire.
Le Hamas réclame un cessez-le-feu, un retrait israélien de Gaza, la fin du blocus israélien et un abri sûr pour les centaines de milliers de civils déplacés par la guerre. Israël de son côté affirme que son offensive se poursuivra tant que « le Hamas n’aura pas été éliminé et les otages libérés ».
Divisions au G20
Les divergences internationales se sont de nouveau étalées mercredi lors d’une réunion des ministres des Affaires étrangères du G20 au Brésil.
Le chef de la diplomatie brésilienne Mauro Vieira a déploré « l’inacceptable paralysie du Conseil de sécurité » au sujet notamment de Gaza, où les Etats-Unis, alliés d’Israël, ont mis leur veto la veille à un projet de résolution du Conseil de sécurité de l’ONU qui exigeait un cessez-le-feu humanitaire immédiat.
De leur côté, les Etats-Unis ont critiqué les propos polémiques du président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva comparant la guerre à Gaza à la Shoah.
La situation humanitaire est particulièrement alarmante dans le nord de Gaza, en proie « au chaos et à la violence », selon le Programme alimentaire mondial (PAM), qui y a suspendu mardi la distribution de son aide.
Soumise au feu vert d’Israël, l’aide entre à Gaza essentiellement par Rafah via l’Egypte, mais son acheminement vers le nord est rendu presque impossible par les destructions et les combats.
Les autorités israéliennes ont annoncé mercredi l’entrée la veille de 98 camions avec de l’aide humanitaire dans Gaza, tandis qu’un collectif d’ONG internationales (AIDA) déplorait la lenteur du processus d’inspection et le blocage de dizaines de camions pendant plusieurs jours à la frontière.
(Avec AFP)