>Quatrième nuit de frappes israéliennes sur l’Iran
Israël continue lundi 16 juin ses frappes à travers l’Iran pour la quatrième nuit consécutive, disant « viser des sites de missiles sol-sol après avoir bombardé la capitale, la ville sainte de Machhad à l’extrémité nord-est du pays ainsi que des installations militaires dans l’ouest ».
L’attaque israélienne a commencé dans la soirée du vendredi 13 juin. Israël avait annoncé avoir visé une centaine de cibles en Iran, dont des sites nucléaires, et tué de hauts responsables militaires. Environ 200 avions ont participé à l’opération.
La série de frappes a visé des sites militaires et nucléaires dans plusieurs régions iraniennes, dont la capitale.
>Riposte de l’Iran
Quelques heures après les premières frappes, l’armée israélienne a fait état d' »environ 100 drones » lancés par l’Iran vers Israël.
Ce lundi 16 juin, l’Iran a tiré de nouveaux missiles sur plusieurs grandes villes d’Israël.
Les sirènes d’alerte anti-aérienne ont retenti à Jérusalem. A Tel-Aviv, des images de l’AFPTV ont montré un ensemble d’immeubles d’habitation éventrés où les pompiers recherchaient d’éventuels survivants dans les décombres, et des voitures incendiées. Un autre missile a touché un immeuble à Petah Tikva, un peu plus à l’est.
La police israélienne a précisé qu’un missile avait frappé la région côtière, sans autre précision, provoquant « des dégâts matériels et sur les infrastructures ».
>Les bilans s’alourdissent
Les frappes ont fait au moins 224 morts en Iran depuis vendredi et plus d’un millier de blessés, a annoncé dimanche le ministère iranien de la Santé.
Téhéran a annoncé dimanche la mort du chef du renseignement des Gardiens de la Révolution. Les agences de presse iraniennes avaient annoncé la mort du chef d’état-major iranien, le général Mohammed Bagheri, du chef des Gardiens de la Révolution, Hossein Salami, et d’un haut commandant des Gardiens de la Révolution, Gholam Ali Rashid, et de scientifiques nucléaires de premier plan.
Au moins 50 personnes, dont des femmes et des enfants, ont été blessées dans de « fortes explosions » qui ont touché dimanche des immeubles résidentiels de la capitale, selon la télévision d’Etat.
Côté israélien, le bilan des ripostes iraniennes depuis vendredi est d’au moins 16 morts et 380 blessés, selon la police et les secours.
>Risque de conflit « massif »
Après des décennies de guerre par procuration et d’opérations ponctuelles, c’est la première fois que les deux pays ennemis s’affrontent militairement avec une telle intensité.
Téhéran est soupçonné par les Occidentaux et Israël de vouloir se doter de l’arme atomique. L’Iran, qui dément et défend son droit à développer un programme nucléaire civil, a promis dimanche une « réponse dévastatrice » aux attaques israéliennes et affirmé qu’Israël ne serait bientôt « plus habitable ».
Face au risque d’un « conflit massif » au Moyen-Orient, Washington a réduit son personnel diplomatique dans la région, en Irak notamment.
L’enrichissement de l’uranium est la principale pierre d’achoppement dans les discussions visant à encadrer le programme nucléaire iranien en échange d’une levée des lourdes sanctions imposées au pays.
Washington exige que l’Iran y renonce totalement, ce que Téhéran refuse, y voyant un droit « non négociable ».
Le président américain Donald Trump, allié indéfectible d’Israël, a appelé dimanche les deux pays à « trouver un accord ». Il a ajouté qu’il est « possible » que les Etats-Unis s’impliquent dans le conflit, mais qu’ils ne sont « à cet instant pas impliqués ».
Netanyahu a par ailleurs déclaré sur la chaîne américaine Fox News qu’Israël avait « détruit la principale installation » du site d’enrichissement d’uranium de Natanz (centre).
Il a laissé entendre que les frappes sur l’Iran pourraient conduire à un changement à la tête du pays dirigé par le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei. « Ce pourrait certainement être le résultat parce que le régime iranien est très faible », a-t-il dit.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a affirmé lundi avoir dit à M. Netanyahu que la diplomatie était la meilleure solution « à long terme » avec l’Iran.
(Avec AFP)