Les Nations unies comme plusieurs pays, dont la France, ont condamné cette attaque, la première de ce type dans la capitale syrienne depuis le renversement de l’ex-président Bachar al-Assad le 8 décembre 2024.

La sécurité reste l’un des plus grands défis pour les nouvelles autorités syriennes, que la communauté internationale a appelées à protéger les minorités et à les inclure dans le processus de transition.

Le ministère de l’Intérieur a affirmé qu’un « kamikaze affilié au groupe terroriste Daech est entré dans l’église Saint-Elie, dans le quartier de Dwelaa à Damas, a ouvert le feu et s’est fait exploser avec une ceinture explosive ».

Des correspondants de l’AFP ont vu les secouristes évacuer des gens après cet attentat, qui a endommagé l’église où des débris de bois et des icônes étaient éparpillés au sol, jonché de flaques de sang.

Les forces de sécurité ont bouclé le secteur.

Selon le ministère de la Santé, cité par l’agence de presse Sana, l’attentat a fait 20 morts et 52 blessés.

Un témoin, Larence Maamari, a déclaré à l’AFP que « quelqu’un est entré dans l’église avec une arme » et a commencé à tirer, puis des fidèles « ont essayé de l’arrêter avant qu’il ne se fasse exploser ».

L’émissaire de l’ONU pour la Syrie, Geir Pedersen, a exprimé « son indignation » et appelé les autorités à mener une enquête approfondie.

 « Saper la coexistence »

Pour le ministère syrien des Affaires étrangères, « cet acte criminel qui a pris pour cible des fidèles chrétiens est une tentative désespérée de saper la coexistence nationale et de déstabiliser le pays ».

Un homme de 40 ans, prénommé Ziad, qui se trouvait dans un magasin en face de l’église, a déclaré avoir entendu des coups de feu puis une explosion. « Nous avons vu du feu dans l’église et des morceaux de bancs en bois projetés jusqu’à l’entrée », a-t-il ajouté.

L’explosion a provoqué la panique dans l’église remplie de fidèles, parmi lesquels des enfants et des personnes âgées, selon un témoin.

Le ministre de l’Intérieur Anas Khattab a déclaré que « des équipes spécialisées » avaient commencé à enquêter. « Ces actes terroristes n’arrêteront pas les efforts de l’Etat syrien pour parvenir à la paix civile », a-t-il déclaré.

Dans une récente interview, M. Khattab avait déclaré que Daech avait opté pour « des attaques précises contre des cibles stratégiques » et annoncé que des tentatives d’attaques du groupe terroriste contre les communautés chrétienne et chiite avaient été déjouées.

En mai, Daech a revendiqué sa première attaque contre les nouvelles forces gouvernementales syriennes.

Les autorités ont déclaré également en mai avoir arrêté des membres d’une cellule du groupe terroriste près de Damas, accusés de préparer des attaques, tandis qu’une autre opération à Alep, dans le nord de la Syrie, s’est soldée par la mort d’un agent de sécurité et de trois membres du groupe terroriste.

Daech avait pris le contrôle de vastes pans des territoires syrien et irakien au début de la guerre civile, qui a éclaté en 2011, proclamant la création d’un « califat » transfrontalier en 2014.

Les forces kurdes syriennes soutenues par les Etats-Unis l’ont vaincu en 2019, mais les jihadistes ont maintenu une présence, en particulier dans le vaste désert syrien.

(Avec AFP)