Le Kazakhstan rejoint les accords d’Abraham

« Je viens d’organiser une excellente conversation téléphonique entre le Premier ministre israélien et le président kazakh Kassym-Jomart Tokayev. Le Kazakhstan est le premier pays de mon second mandat à rejoindre les accords d’Abraham, le premier d’une longue série », a écrit Donald Trump, se réjouissant « d’une avancée majeure dans la construction de ponts à travers le monde ». Le pays d’Asie centrale a toutefois déjà des relations diplomatiques avec Israël, contrairement aux premiers signataires.

« Notre inclusion à venir dans les accords d’Abraham constitue une continuation naturelle et logique de la trajectoire de la politique étrangère du Kazakhstan, fondée sur le dialogue, le respect mutuel et la stabilité régionale », a indiqué le gouvernement du Kazakhstan.

Le pays participait jeudi avec d’autres États d’Asie centrale à un sommet à la Maison Blanche avec Donald Trump.

Le Hamas libère les 20 derniers otages israéliens vivants

A Ramallah, en Cisjordanie occupée, une explosion de joie a accompagné l’arrivée des premiers cars transportant les prisonniers palestiniens libérés. Dans la bande de Gaza, des foules se sont aussi rassemblées pour les attendre.

Le président américain, arrivé en Israël pour une visite éclair, a été salué par une ovation debout à la Knesset, avant de gagner l’Egypte pour un sommet international consacré à l’avenir de la bande de Gaza.

Lundi matin, un premier groupe de sept otages israéliens a été remis au Comité international de la Croix-Rouge, puis un autre de 13, sans qu’aucune image ne filtre. Tous ont ensuite regagné Israël.

« La guerre est terminée »

Le retour des 47 derniers otages retenus à Gaza depuis deux ans, dont 27 sont morts, doit s’accompagner de la libération par Israël de 250 détenus pour des « raisons de sécurité », dont de nombreux condamnés pour des attentats meurtriers anti-israéliens, et de 1.700 Palestiniens arrêtés à Gaza depuis octobre 2023.

Selon l’armée israélienne, les dépouilles des derniers otages pourraient ne pas être toutes rendues lundi. La porte-parole du Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré qu’un « organisme international », prévu dans le cadre du plan américain, devrait aider à les localiser.

Après avoir rencontré Netanyahu, Donald Trump devait s’exprimer devant le Parlement israélien et rencontrer des proches d’otages.

« La guerre est terminée. D’accord? Vous comprenez ça? », a-t-il déclaré en quittant les Etats-Unis.

Mais le Hamas, dont un responsable avait dit prévoir une deuxième phase « difficile » des négociations, a appelé lundi Donald Trump et les pays médiateurs à faire en sorte qu’Israël ne reprenne pas la guerre.

Lundi après-midi, le président américain se rendra à Charm el-Cheikh, en Egypte, pour y coprésider avec son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi un sommet sur Gaza, en présence de dirigeants de plus de 20 pays et du secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres.

Ni Netanyahu ni le Hamas ne seront présents. Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas assistera en revanche au sommet.

Les pays médiateurs de l’accord de cessez-le-feu doivent signer un document garantissant son application, a indiqué une source diplomatique selon qui ces pays seront « les Etats-Unis, l’Egypte, le Qatar et probablement la Turquie ».

Parallèlement au retrait progressif déjà amorcé de l’armée israélienne, qui garde le contrôle de 53% de la bande de Gaza, le plan américain prévoit dans une phase ultérieure que le Hamas soit exclu de la gouvernance du territoire, où il a pris le pouvoir en 2007, et que son arsenal soit détruit.

(Avec AFP)

Tariq Ramadan définitivement condamné pour viol

L’islamologue va faire appel de sa première condamnation pour viol en Suisse devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), ont indiqué ses avocats à l’AFP. « La défense prend acte de la décision du Tribunal fédéral et la conteste. (…) Le dernier mot appartiendra désormais à la Cour européenne des droits de l’homme », ont-ils indiqué dans un communiqué.

Dans la nuit du 28 au 29 octobre 2008, Tariq Ramadan et une femme s’étaient rencontrés dans un hôtel de Genève. En 2024, la Cour de justice genevoise était « arrivée à la conclusion qu’il s’était alors rendu coupable de viol », le condamnant à trois ans de prison dont un an ferme, rappelle le Tribunal fédéral. Il avait été acquitté en première instance en 2023 par la justice genevoise.

La plaignante avait porté plainte dix ans après les faits, encouragée par les plaintes déposées par des femmes en France en 2017.

Les Européens se résignent à des droits de douane américains de 15%

Alors que la menace de taxes américaines de 30% dès le 1er août faisait trembler les exportateurs européens, de l’automobile à la pharmacie en passant par le vin, la cheffe de l’exécutif européen s’est déplacée pour rencontrer le président américain, en visite à Turnberry sur la côte ouest de l’Ecosse.

Il s’est écoulé juste un peu plus d’une heure avant que les journalistes, à qui les deux dirigeants avaient précédemment dit avoir « 50% de chance » de se mettre d’accord, ne soient rappelés dans la fastueuse salle de bal du complexe de golf « Trump Turnberry ».

« Nous avons trouvé un accord », annonce le dirigeant républicain, le qualifiant de « plus grand » jamais conclu en matière de commerce, et en y voyant une promesse « d’unité et d’amitié ».

La patronne de l’exécutif européen salue, elle, un « bon accord » qui apportera de la « stabilité. »

Les délégations européenne et américaine applaudissent quand ils échangent, à deux reprises, une poignée de main.

C’est d’abord Donald Trump qui en explique les contours: des droits de douane de 15% sur les produits européens importés d’une part, l’UE qui s’engage à 750 milliards de dollars d’achats d’énergie – visant notamment à remplacer le gaz russe – et à 600 milliards d’investissements supplémentaires aux Etats-Unis d’autre part.

Les deux puissances ont aussi décidé de lever réciproquement leurs droits de douane sur certains produits stratégiques, dont les équipements aéronautiques, a ensuite précisé Ursula von der Leyen devant la presse.

L’accord de Turnberry confirme que les échanges transatlantiques sont entrés dans une nouvelle ère, celle d’un protectionnisme américain décomplexé. Jusqu’au retour au pouvoir de Donald Trump, ils étaient marqués par un niveau de droits de douane américains de 4,8% en moyenne.

Dans les faits, le taux effectif montait déjà à près de 15%, en y ajoutant la surtaxe de 10% d’ores et déjà décidée par l’administration Trump.

Les détails de l’accord doivent encore être réglés « dans les prochaines semaines », selon la dirigeante européenne. « Quinze pour cent, ce n’est pas négligeable, mais c’est le mieux qu’on pouvait obtenir », a-t-elle plaidé.

Cela permet d' »éviter une escalade inutile dans les relations commerciales transatlantiques », a souligné le chancelier allemand Friedrich Merz, sans cacher qu’il aurait « souhaité davantage d’allègements ».

« Quand on s’attend à un ouragan, on se réjouit d’une simple tempête », a concédé la fédération VCI de la chimie allemande, tandis que la Fédération allemande de l’industrie (BDI) a prédit « des répercussions négatives considérables ».

La cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni, a salué un accord « qui évite une guerre commerciale au sein de l’Occident avec des conséquences imprévisibles », dans un communiqué commun avec ses vice-Premiers ministres, Antonio Tajani et Matteo Salvini.

Sur le même ton, le gouvernement irlandais, dans un communiqué, a dit « regretter » le nouveau taux mais s’est félicité qu’il apporte « une forme de certitude nécessaire » après des mois d’annonces et menaces tous azimuts dans les relations commerciales.

Il était moins une, ou presque. Le républicain de 79 ans, lancé dans une vaste offensive protectionniste, s’était donné jusqu’au 1er août avant d’assommer les produits européens entrant aux Etats-Unis de droits de douane de 30%.

Le deal devra être validé par les Etats membres de l’UE. Leurs ambassadeurs, en déplacement au Groenland, ont été informés dimanche matin des dernières tractations, et devront à nouveau se concerter pour le valider.

Si Ursula von der Leyen et Donald Trump n’étaient pas parvenus à s’entendre, Bruxelles était prêt à riposter en taxant des produits et des services américains.

L’exécutif européen, sous l’impulsion de certains pays comme la France, avait aussi menacé de lever l’accès aux marchés publics européens ou bloquer certains investissements.

Dégainer ce « bazooka » – appelé instrument « anti-coercition » dans le jargon bruxellois – aurait entraîné l’Europe et l’Amérique dans une escalade diplomatico-économique inouïe.

L’accord avec l’UE est annoncé dans la foulée de ceux conclus ces derniers jours avec le Japon, le Vietnam, les Philippines et l’Indonésie, dont les détails restent souvent encore à négocier et obtenus au prix d’importantes concessions de la part des pays visés et après des discussions compliquées.

Lundi, c’est avec la Chine que des négociateurs américains s’efforceront d’éviter une reprise de l’escalade commerciale, au cours d’une rencontre à Stockholm.

Guerre Iran-Israël : Donald Trump propose un « cessez-le-feu total »

Le gouvernement israélien a déclaré avoir atteint « tous les objectifs » de la guerre qu’il a déclenchée contre l’Iran « dans le but affiché de détruire ses installations nucléaires », et avoir accepté la proposition américaine d’un « cessez-le-feu bilatéral ».

Grâce à cette guerre, Israël « a éliminé une double menace existentielle immédiate : nucléaire et balistique », a affirmé le gouvernement en remerciant Donald « Trump et les Etats-Unis pour leur soutien en matière de défense et leur participation à l’élimination de la menace nucléaire iranienne ».

« Israël réagira avec force à toute violation du cessez-le-feu », a-t-il ajouté.

Israël avait lancé le 13 juin une attaque massive sur l’Iran, accusé de vouloir se doter de l’arme atomique, ce que Téhéran dément.

Dans la nuit, Donald Trump avait annoncé que les deux pays avaient accepté un cessez-le-feu « complet et total » qui devait déboucher sur « la fin officielle » du conflit.

« Le cessez-le-feu est à présent en vigueur. Veuillez ne pas le violer! » a-t-il écrit mardi matin sur sa plateforme Truth Social.

Selon M. Trump, le cessez-le-feu doit se dérouler sur 24 heures en deux temps, l’Iran arrêtant initialement toutes ses opérations avant qu’Israël ne fasse de même 12 heures plus tard.

Donald Trump avait appelé lundi les deux belligérants à la « paix », après que l’Iran a lancé des missiles sur la base militaire américaine d’Al-Udeid au Qatar, la plus importante du Moyen-Orient, en représailles aux raids américains menés le week-end sur trois sites nucléaires iraniens.

Il a qualifié cette riposte de « très faible » et a tenu à « remercier l’Iran » d’avoir « prévenu » les Etats-Unis « à temps, ce qui a permis de ne pas perdre de vies et de ne blesser personne ».

Le Conseil de sécurité nationale iranien a décrit son attaque comme une « réponse à l’action agressive » des Etats-Unis. L’Iran a utilisé autant de missiles « que le nombre de bombes » utilisées dans les raids américains, signalant une réponse dûment calibrée, selon la même source.

Le Qatar a dit avoir intercepté les tirs iraniens et précisé que la base avait été évacuée.

En Irak, des frappes de drone ont visé mardi avant l’aube les radars de deux bases militaires irakiennes près de Bagdad et dans le sud du pays, d’après des responsables irakiens, qui n’ont pas été en mesure d’identifier les auteurs de l’attaque.

Donald Trump s’était prévalu dimanche d’avoir infligé des « dommages monumentaux » au site d’enrichissement d’uranium de Fordo, au sud de Téhéran, et aux installations nucléaires d’Ispahan et Natanz, dans le centre de l’Iran.

(Avec AFP)

Mohammed Sinouar, chef du Hamas à Gaza, tué par une frappe israélienne

« Nous avons éliminé Mohammed Sinouar« , a-t-il déclaré lors d’une session au Parlement.

Selon des médias israéliens, une frappe de l’armée menée le 13 mai à Khan Younès avait visé Mohammed Sinouar, frère de Yahya Sinouar, chef suprême du Hamas tué lui en octobre 2024 à Gaza.

(Avec AFP)

Israël bombarde le quartier général du Hezbollah, Hassan Nasrallah ciblé

Peu après la fin du discours de Benjamin Netanyahu, l’armée israélienne a annoncé une « frappe précise » sur le « quartier général » du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth, annonce AFP.

Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, visé par cette frappe selon plusieurs télévisions israéliennes, « va bien », a assuré à l’AFP une source proche du mouvement islamiste libanais.

Selon la même source, six immeubles ont été totalement détruits dans le secteur, théâtre, selon une vidéo obtenue par l’AFP, d’énormes explosions qui ont soulevé d’épaisses colonnes de fumée.

Un photographe de l’AFP a rapporté des scènes de panique, des habitants fuyant la zone, qui abrite de nombreux immeubles d’habitation, dans la précipitation, au son des sirènes d’ambulance.

Le Premier ministre libanais, Najib Mikati, a dénoncé une « guerre génocidaire » menée par Israël.

L’ONU a dit sa « vive inquiétude » et Washington, allié inconditionnel d’Israël, affirmé ne pas avoir été mis au courant de cette frappe.

« Tant que le Hezbollah choisit la voie de la guerre, Israël n’a pas d’autre choix », avait peu auparavant affirmé Netanyahu, au cinquième jour des meurtrières frappes aériennes menées par son armée contre la formation libanaise, qui a elle tiré à nouveau des roquettes vers le territoire israélien.

Ces opérations se poursuivront « jusqu’à ce que tous nos objectifs soient atteints », a ajouté Netanyahu, devant l’Assemblée générale de l’ONU, dans un discours boycotté par plusieurs délégations, douchant les espoirs d’une trêve temporaire de 21 jours proposée mercredi par la France et les Etats-Unis rejoints par de nombreux pays occidentaux et arabes.

Depuis lundi, les massifs bombardements israéliens visant à affaiblir le Hezbollah ont fait plus de 700 morts, en majorité des civils selon le ministère libanais de la Santé.

L’armée israélienne a aussi indiqué se préparer à une possible incursion terrestre contre le Hezbollah, qui serait « aussi courte » que possible, a assuré vendredi un responsable israélien de la sécurité.

A la mi-journée, l’armée israélienne avait déjà fait état de « dizaines de frappes » contre le Hezbollah, dont les roquettes visent presque quotidiennement le nord d’Israël depuis l’attaque sans précédent lancée le 7 octobre 2023 par le Hamas sur le sol israélien, qui a déclenché la guerre dans la bande de Gaza.

Le Hezbollah a juré de continuer ses attaques « jusqu’à la fin de l’agression à Gaza ».

Plus de 1.500 personnes ont été tuées au Liban en près d’un an, selon Beyrouth, soit plus que les 1.200 morts en 33 jours de guerre entre Israël et la formation islamiste libanaise en 2006.

L’Unicef s’est alarmée du « rythme effrayant » auquel les enfants sont tués, ainsi que des dommages aux installations civiles comme les stations de pompage.

Le Hezbollah a lui revendiqué vendredi des tirs contre Israël sur le secteur de Kyriat Ata, dans la baie d’Haïfa, qui abrite de nombreuses industries, notamment de défense, et sur la ville de Tibériade, à une trentaine de kilomètres au sud de la frontière.

L’armée israélienne a également indiqué avoir intercepté quatre drones tirés depuis le Liban vers la zone frontalière de Rosh Hanikra et riposté à un tir de roquettes vers Haïfa, le grand port du nord d’Israël.

Cinq militaires syriens ont par ailleurs été tués dans une frappe israélienne près de la frontière avec le Liban, selon l’agence officielle Sana.

Les bombardements israéliens ont jeté 118.000 personnes cette semaine sur les routes au Liban, selon l’ONU.

A Baakline, au sud-est de Beyrouth, Hala Zeidane accueille depuis lundi des déplacés du sud du Liban, deux sœurs et le petit garçon de l’une d’elles, âgé de 10 ans. « C’est notre pays et (…) nous pourrions tous devenir des déplacés. Nous devons faire preuve de compassion », explique cette enseignante de 61 ans.

Faisant écho à de nombreux autres dirigeants, le secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin a mis en garde jeudi contre une « guerre totale » qui « serait dévastatrice pour Israël et le Liban », estimant qu’un cessez-le-feu pourrait aussi permettre de conclure un accord de trêve à Gaza.

Israël, qui a déplacé le centre de gravité de la guerre de la bande de Gaza, au sud, vers la frontière avec le Liban, au nord, affirme opérer contre le Hezbollah pour permettre le retour de dizaines de milliers d’habitants qui ont fui ses tirs de roquettes.

Selon le gouvernement israélien, 9.360 roquettes et missiles ont été tirés sur Israël en près d’un an.

A Gaza, « nous nous battrons jusqu’à obtenir une victoire, une victoire totale » si le Hamas ne dépose pas les armes et ne libère pas tous les otages, a aussi martelé M. Netanyahu à la tribune de l’ONU.

Le Hamas a accusé en retour le dirigeant israélien d' »intensifier ses menaces contre les peuples de la région, tout en poursuivant son cycle de crimes pour inclure (le) Liban ».

Huit morts et plus de 2.700 blessés dans une explosion de bipeurs au Liban (AFP)

Les bipeurs, un système de radiomessagerie, ont explosé de manière simultanée dans plusieurs régions libanaises où la formation Hizbollah est implantée, explique l’AFP.

Selon le ministre, la plupart des victimes ont été blessées « au visage, à la main, au ventre et même aux yeux ».

Le fils d’un député de la formation pro-iranienne a été tué, ainsi qu’une fillette de 10 ans, selon une source proche du parti. L’ambassadeur d’Iran à Beyrouth, Mojtaba Amani, a été blessé. Le Hezbollah a annoncé enquêter sur l’explosion

Le Hezbollah a affirmé qu’Israël était « entièrement responsable » de cette explosion et a assuré qu’il allait « recevoir son juste châtiment » à la suite de « cette agression criminelle ».

En France, sprint final pour la course à la présidence de l’Assemblée

Après la démission du gouvernement, les regards se tournent ce mercredi 17 juillet vers le perchoir. Les groupes politiques affinent leur stratégie pour obtenir la présidence de l’Assemblée nationale, un enjeu aussi pour la gauche qui tente de relancer d’urgence ses négociations pour Matignon (résidence officielle du Premier ministre français).

Les candidats pour le perchoir ne sont pas légion, à un peu plus de 24 heures d’une élection incertaine prévue le jeudi 18 juillet à partir de 15 h.

La tripartition de l’hémicycle entre Nouveau Front populaire, camp présidentiel et Rassemblement national, tous éloignés de la majorité absolue, brouille le paysage parlementaire et encourage la constitution d’alliances.

Candidature commune

Arrivé en tête des législatives anticipées, le Nouveau Front populaire s’est accordé sur le principe d’une candidature commune, mais il n’a pas encore arrêté son choix. Cinq noms ont été mis sur la table mardi, ceux des quatre présidents de groupe Boris Vallaud (PS), Cyrielle Chatelain (Ecologiste), André Chassaigne (PCF), et Mathilde Panot (LFI), ainsi que celui d’Eric Coquerel (LFI), ancien président de la commission des finances.

Mais ces tractations à gauche se heurtent à l’échec des négociations sur le candidat commun au poste de Premier ministre. Depuis dix jours, insoumis et socialistes s’opposent de plus en plus frontalement, suscitant l’ire de leurs partenaires. La patronne des écologistes Marine Tondelier s’est dite « en colère » et « écœurée »par cette guerre de leadership.

« Je suis fatiguée et je suis désolée du spectacle qu’on donne… Si certains n’ont pas envie de gouverner, ils vont devoir l’assumer. Parce que si on n’y arrive pas, là, on en prend pour dix ans », a-t-elle déploré sur la chaîne française, France 2, exhortant ses partenaires à se remettre à la table des négociations, car « chaque heure compte ».

Pour sortir de l’impasse, certains comme François Ruffin ou le groupe communiste aimeraient trancher la question par un vote des députés du NFP. C’est presque l’heure de la dernière chance pour la gauche, qui craint de se faire doubler par le « bloc central » à l’Assemblée : de nombreux cadres macronistes lorgnent du côté de la droite pour construire une « coalition majoritaire » ou un « pacte législatif », une demande qui émane d’Emmanuel Macron.

Gabriel Attal, démissionnaire depuis mardi mais qui reste chargé des affaires courantes, a d’ailleurs promis de proposer prochainement « des rencontres » aux autres groupes politiques pour « avancer vers un pacte d’action » en vue de former un nouveau gouvernement.

Laurent Wauquiez, le leader du nouveau groupe de La Droite républicaine, refuse néanmoins toujours catégoriquement l’idée d’une coalition avec la majorité sortante, préférant plancher sur un « pacte législatif » autour de plusieurs mesures phares de la droite.

Battu dans les urnes mais en nette progression avec 143 députés aux côtés de ses alliés, le Rassemblement national compte bien tirer profit de ce blocage institutionnel qui fait tache à neuf jours de l’ouverture des Jeux olympiques. « J’avais dit soit le Rassemblement national aura une majorité absolue, soit ce sera le bourbier. C’est le bourbier, tout cela était prévisible », a lancé Marine Le Pen sur BFMTV/RMC.

(Avec AFP)

USA : le cannabis bientôt reclassé comme substance « à faible risque »

Le ministère de la Justice américain va recommander de faire passer le cannabis de la catégorie 1, celle des substances considérées comme très addictives et sans intérêt médical, telles que l’héroïne, à la catégorie 3, dans laquelle figurent par exemple certains médicaments à la codéine.

Alors que près des trois quarts des Américains vivent dans un État où cette drogue est légale, la nouvelle classification pourrait avoir d’importantes répercussions économiques, en encourageant la recherche médicale sur le cannabis et en allégeant un certain nombre de contraintes réglementaires et fiscales.

La même journée a été bonne pour l’industrie du cannabis, à en croire l’action en hausse de plusieurs entreprises du secteur à Wall Street. Le titre Curaleaf a par exemple grimpé de 19%, son plus haut niveau en près d’un an.

L’industrie « prospère » aux États-Unis depuis 2014, indique CNN. Elle représentait 35 milliards de dollars de vente en 2023. En 2022, elle a généré 3,77 milliards de taxes, moins qu’en 2021. La nouvelle classification du cannabis peut laisser espérer aux dispensaires des déductions d’impôts inaccessibles jusqu’à présent, avec l’espoir d’une baisse des prix pour le consommateur.

Vingt-quatre États américains, plus le district de Columbia où se trouve la capitale Washington, ont d’ores et déjà légalisé le cannabis et 14 autres autorisent un usage seulement médical, selon le Pew Research Center. Cet institut de recherche avait calculé en février dernier que 74% des Américains vivent désormais dans un État où la substance est légalisée, soit pour un usage récréatif, soit pour un usage médical.

(Avec AFP)

https://medias24.com/agence-presse/lallemagne-legalise-le-cannabis-recreatif-avec-une-des-lois-les-plus-liberales-deurope/

Gaza: nouveaux pourparlers sur une trêve, la situation humanitaire empire

Tandis que le conflit ne montre aucun signe de répit vingt semaines après son déclenchement, le plan d' »après-guerre » à Gaza présenté par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a été très largement critiqué, y compris par l’allié américain.

La situation humanitaire ne cesse d’empirer sur le territoire palestinien où le bureau de coordination de l’aide humanitaire (Ocha) a mis en garde samedi contre « une menace de famine de masse » faute d’approvisionnements suffisants en eau et nourriture.

« Regardez, nous nous battons pour du riz », a témoigné auprès de l’AFP Ahmad Atef Safi, faisant la queue pour obtenir de la nourriture à Jabaliya dans le nord. « Nous sommes dans une guerre de famine ».

Les opérations militaires israéliennes ont fait au moins 103 morts dans la nuit, a annoncé samedi le ministère de la Santé du Hamas.

Une délégation menée par le chef du Mossad (renseignements extérieurs israéliens), David Barnea, est arrivée la veille à Paris dans l’espoir de « débloquer » les pourparlers en vue d’une nouvelle trêve, selon un responsable israélien.

M. Barnea avait rencontré fin janvier à Paris ses homologues américain et égyptien et le Premier ministre du Qatar, afin de discuter d’un nouvel accord.

D’après une source du Hamas, le plan prévoyait alors une pause de six semaines dans les combats et la libération de 200 à 300 prisonniers palestiniens en échange de 35 à 40 otages retenus par le Hamas.

Des pourparlers ont aussi eu lieu cette semaine en Egypte.

Selon Israël, 130 otages –dont 30 seraient morts– sont encore retenus sur quelque 250 personnes.

– Lula persiste et signe –

Jeudi soir, Benjamin Netanyahu a soumis au cabinet de sécurité de son gouvernement un plan qui prévoit notamment le maintien du « contrôle sécuritaire » d’Israël sur le territoire, une fois la guerre terminée.

Il a été immédiatement rejeté par les rivaux palestiniens, le Hamas à Gaza et l’Autorité palestinienne en Cisjordanie occupée, mais aussi par les Etats-Unis, principal allié d’Israël.

En visite en Argentine, le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken a réaffirmé l’opposition de son pays à toute « réoccupation israélienne » de Gaza.

A Genève, le Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU a dénoncé vendredi dans un rapport « les violations grossières » des droits humains à Gaza « par toutes les parties » depuis le début de la guerre.

De son côté, le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, qui avait récemment déclenché une crise diplomatique en comparant l’offensive israélienne à la Shoah, a persisté vendredi en accusant Israël de « génocide ».

– Ne « plus fermer les yeux » –

En quatre mois et demi, la guerre a déplacé des centaines de milliers de Palestiniens et poussé environ 2,2 millions d’habitants, soit l’immense majorité de la population de la bande de Gaza, au bord de la famine, selon l’ONU.

« Nous ne pouvons plus fermer les yeux devant cette tragédie humaine », a averti l’agence des Nations unies pour le soutien des réfugiés palestiniens (Unrwa) sur le réseau social X.

L’inquiétude grandit chaque jour à Rafah où se massent au moins 1,4 million de personnes, la plupart ayant fui les combats, et cible prochaine d’une opération de grande envergure annoncée par l’armée israélienne.

L’aide, dont l’entrée est soumise au feu vert d’Israël, est toujours insuffisante et son acheminement vers le nord est difficile en raison des destructions et des combats.

« Nous ne pouvons pas nous tenir debout à cause de la faim et du manque de nourriture », a confié à l’AFP Oum Wajdi Salha, une autre résidente de Jabaliya.

Frappes israéliennes sur Rafah, craintes d’une opération terrestre

Tôt samedi, des témoins ont fait état de frappes dans les environs de cette ville peuplée désormais par environ 1,3 million de Palestiniens, plus de la moitié de la population de la bande de Gaza, la grande majorité étaient des personnes qui s’y sont réfugiées pour échapper aux violences plus au nord.

Après Gaza City, puis Khan Younès, Israël vise désormais une opération au sol dans cette ville jouxtant l’Egypye, à l’extrême sud de la bande de Gaza, dans le cadre de son offensive militaire contre le mouvement islamiste palestinien Hamas.

Après avoir ordonné mercredi à l’armée de préparer une offensive sur Rafah, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lui a demandé vendredi de lui soumettre un « plan combiné » d' »évacuation » des civils de Rafah et de « destruction » du Hamas dans cette ville.

« Il est impossible d’atteindre l’objectif de la guerre sans éliminer le Hamas et en laissant quatre bataillons du Hamas à Rafah », et cela requiert que « les civils évacuent les zones de combat », a-t-il dit.

« S’ils (l’armée israélienne) envahissent Rafah, comme l’a dit Netanyahu, il y aura des massacres et nous pourrons dire adieu à toute humanité », a déclaré Adel al-Hajj, un déplacé dans la ville.

– « Catastrophiques » –

A Rafah, vendredi en journée, plusieurs bâtiments ont été détruits, selon des photographes de l’AFP. Dans un quartier, des personnes sont vues porter les corps de trois enfants tués dans un bombardement.

« Forcer plus d’un million de Palestiniens déplacés à Rafah à évacuer à nouveau sans trouver un endroit sûr où aller serait illégal et aurait des conséquences catastrophiques », a déclaré dans la nuit Nadia Hardman, spécialiste des droits des migrants et des réfugiés pour Human Rights Watch.

« Il n’y a aucun endroit sûr à Gaza. La communauté internationale doit prendre des mesures pour prévenir de nouvelles atrocités », a-t-elle ajouté, alors que l’ONU et même les Etats-Unis, principal allié d’Israël, ont fait état de craintes pour les civils sur place.

« Mener une telle opération maintenant (à Rafah) sans planification et sans réflexion dans une zone abritant un million de personnes serait un désastre », a prévenu cette semaine le département d’Etat américain.

Dans une rare critique à l’égard d’Israël depuis le début il y a quatre mois de la guerre entre Israël et le mouvement palestinien Hamas, le président américain Joe Biden a jugé « excessive » la « riposte dans la bande de Gaza » à l’attaque du 7 octobre.

– Pourparlers, frappes et finances –

De nouvelles négociations entre les médiateurs qatari et égyptien et le Hamas, lancées jeudi au Caire pour tenter de parvenir à un accord de trêve incluant un échange de prisonniers palestiniens et d’otages, ont pris fin vendredi, a indiqué à l’AFP un responsable du Hamas. « La délégation du Hamas a quitté le Caire », a indiqué ce responsable en disant, sans autre précisions, « attendre une réponse d’Israël ».

Sur un autre front militaire, le mouvement libanais pro-iranien Hezbollah, un allié du Hamas, a affirmé avoir lancé vendredi des dizaines de roquettes sur une position militaire israélienne dans le Golan syrien occupé par Israël. Et l’armée israélienne a fait état de frappes aériennes sur des positions du Hezbollah dans le sud du Liban, frontalier du nord d’Israël.

Dans la nuit, Israël a ciblé les environs de la capitale syrienne Damas, ont indiqué une l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) et l’agence de presse officielle syrienne qui a fait état de dégâts « matériels ».

Sur les marchés, Israël a vu l’agence de notation Moody’s abaisser d’un cran la note de sa dette, de A1 à A2, en raison des contrecoups « du conflit en cours avec le Hamas » qui « augmentent » le risque politique pour le pays et « affaiblissent » ses institutions ainsi que sa « solidité budgétaire ».

Pour l’agence financière Bloomberg, il s’agit d’ailleurs de la toute première fois qu’Israël connaît une dégradation de sa note à long-terme.